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Déficits: Bruxelles doute des objectifs de la France

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Le 2 juin 2014 à 15h05

La Commission européenne a émis des doutes lundi sur les objectifs de la France en terme de réduction des déficits, estimant que sa stratégie budgétaire n'était que "partiellement conforme aux exigences" du pacte de stabilité.

"De manière générale, la stratégie budgétaire présentée dans le programme n'est que partiellement conforme aux exigences du pacte de stabilité et de croissance", indique la Commission dans ses recommandations macroéconomiques.

"Le niveau de détail des mesures d'assainissement budgétaire est insuffisant pour garantir de façon crédible la correction du déficit excessif pour 2015 au plus tard, comme le laisse entrevoir la prévision de déficit annoncée par la Commission pour l'année prochaine (3,4% du PIB)", estime l'exécutif européen dans son analyse.

Il évoque aussi un "ajustement structurel sous-jacent qui est très loin d'atteindre le niveau recommandé par le Conseil".

La France s'est engagée à ramener son déficit public dans les clous européens, soit en deçà de 3% du PIB, en 2015. Elle a obtenu pour cela un délai de deux ans.

Pour y parvenir, le gouvernement français a présenté un programme d'économies de 50 milliards d'euros, avec pour mesure-clé le pacte de responsabilité proposé aux entreprises pour stimuler l'emploi. Il a depuis annoncé de nouvelles mesures d'économies se traduisant par un effort supplémentaire de 4 milliards d'euros en 2014.

Mais "des risques pèsent sur les objectifs du gouvernement", souligne la Commission, pour qui "une partie des mesures supplémentaires pour 2014 annoncées dans le programme doit encore être adoptée et le montant des économies prévues pour 2015 est très ambitieux".

Bruxelles salue toutefois les réformes lancées par le gouvernement français, qui vont dans le "bon sens". "Les autorités françaises ont annoncé, avant les élections européennes, un paquet de mesures structurelles importantes. Notre analyse montre que ces mesures vont clairement dans la bonne direction", a déclaré le président de la Commission, José Manuel Barroso, lors d'une conférence de presse.

"Ces mesures sont dans l'intérêt de la France et des Français eux-mêmes", a-t-il ajouté, précisant qu'elles devaient être prises pour assurer la compétitivité du pays "dans un environnement international beaucoup plus exigeant".

"Il est essentiel que la France poursuive avec détermination ces réformes dans les mois qui viennent. Une plus grande maîtrise des dépenses est une bonne approche", a renchéri le commissaire en charge des Affaires économiques, Olli Rehn.

La Commission européenne a tenu à rappeler qu'elle n'imposait aucune décision. "C'est un exercice fait collectivement entre le gouvernement français et les autorités européennes", a dit M. Barroso. Il y a un an, Paris s'en était pris à la Commission, accusée de vouloir "dicter" sa politique à la France.

La semaine dernière, le président François Hollande avait estimé que l'Europe devait "entendre ce qui s'est passé en France", lors des élections européennes, où l'extrême droite europhobe du Front national est arrivée en tête.

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Le 2 juin 2014 à 15h05

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