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Coopération Sud-Sud: l'impératif de l'édification des capacités de l'Afrique par elle-même

m24-En-continu
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Le 13 mars 2015 à 10h47

- Décidément, le continent africain, de par les potentialités et les richesses aussi bien naturelles qu'humaines qu'il recèle abondamment, est, sans conteste, en mesure de compter sur ses propres capacités pour pouvoir émerger en tant que puissance économique mondiale, avec pour toile de fond et ultime corollaire salvateur : la coopération Sud-Sud.

En effet, ces dernières décennies le paysage économique international a été "déstabilisé" et relativement bouleversé par l'émergence et la montée en puissance d'une poignée de pays en développement qui ont réussi à s'offrir une place sous les rayons "économiques" du soleil et se forger un statut au-devant de la scène internationale.

Grâce aux moult dénominateurs communs qu'ils partagent, en particulier socio-économiques, ces pays dits en développement ou pays du "Sud" se sont métamorphosés en acteurs dits "émergents" qui commencent à avoir de l'ascendant sur la scène mondiale, tout en contribuant à la "déstructuration" et à la configuration des relations économiques et commerciales traditionnelles qui, jusqu'à naguères, dominent et décident solo de la configuration du pouvoir économique et politique à l'échelle de la planète.

Ainsi, la coopération Sud-Sud constitue un levier idoine et décisif pour la transformation économique de l'Afrique, continent appelé plus que jamais à devenir plus proactif et à se doter d'une stratégie à moyen et long-terme pour tirer profit de ses opportunités et de ses propres capacités qui ne sont plus à démontrer.

C'est dans ce sens que le discours de SM le Roi Mohammed VI, prononcé en septembre dernier, devant la 69ème Assemblée générale de l'ONU constitue l'illustration la plus éloquente.

"Le premier appel que Je lance du haut de cette tribune est un appel pour le respect des spécificités de chaque pays, dans son itinéraire national, et de la volonté qui est la sienne d'édifier son propre modèle de développement. Cela vaut surtout pour les pays en voie de développement qui pâtissent encore des effets de la colonisation", avait affirmé le Souverain.

"( ) l'Afrique n'avait pas tant besoin d'aides humanitaires que de partenariats mutuellement bénéfiques. J'ai également insisté sur la nécessité pour l'Afrique de s'affranchir de son passé et de ses problèmes politiques, économiques et sociaux, en comptant essentiellement sur ses capacités propres pour réaliser son développement", avait souligné SM le Roi.

L'Afrique, a poursuivi le Souverain, dispose d'une grande réserve de terres non exploitées, représentant 60 pc des terres en friche à l'échelle mondiale, relevant qu'il s'agit d'un modèle original de coopération entre pays du Sud, qui met en relief la capacité de nos Etats à faire avancer l'Afrique, en faisant en sorte qu'elle puisse compter sur elle-même et mettre en valeur les ressources naturelles de ses pays.

Ainsi, l'arrivée des Grands pays du Sud, dont le Maroc, qui fait de la coopération Sud-Sud une des priorités dans sa politique étrangère, dans l'espace de la coopération au développement apparait comme une bouffée d'oxygène et une bouée de sauvetage pour les pays encore faibles du Sud.

La percée du Maroc en Afrique subsaharienne et les investissements colossaux consentis par des entreprises étatiques et hommes d'affaires marocains dans des secteurs aussi bien nombreux que diversifiés dans la région sont légion.

Aussi, ces pays sont de plus en plus perçus comme des partenaires et non comme des pays venus apporter une assistance à continent en danger , d'où le déclenchement d'une concurrence entre les Grands pays du Sud et ceux développés dans l'accès aux matières premières et aux marchés prometteurs de l'Afrique, entre autres.

Pourtant, la coopération Sud-Sud ne signifie nullement un antagonisme vis-à-vis de la coopération Nord-Sud, dans la mesure où elle n'a pas pour objectif de remplacer la coopération traditionnelle, mais son originalité réside dans son caractère souple et non contraignant, d'autant plus qu'elle constitue une forme de partenariat pour le développement des pays du Sud.

Il s'agit, en fait, d'un partenariat de nature à sceller des relations de coopération win-win et de là, à permettre aux pays à la traine de tirer profit d'une expérience de leurs vis-à-vis Grands du Sud susceptible, au fil du temps, à leur permettre de disposer d'eux-mêmes et de compter sur leurs propres moyens et capacités du savoir-faire acquis .

C'est dans le but de donner corps à ce genre de réflexions pragmatiques et crier, de vive voix, haro sur les politiques économiques hégémoniques et hémorragiques qui, jusqu'ici, n'ont contribué qu'à l'appauvrissement du continent africain, que ce tient à Dakhla la session du Forum Crans Montana, sous le Haut patronage de SM le Roi Mohammed VI, sous le thème "Afrique, coopération régionale et coopération Sud-Sud".

Cet élan de "prise de conscience", aussi tardif soit-il, est d'autant étayé que 36 pays d'Afrique, 30 pays d'Asie, 31 pays européens et 15 pays d'Amérique, en plus de 20 organisations régionales et internationales participent activement à ces Assises.

Au total, ce sont 800 participants qui se retrouvent à Dakhla, dont près de 600 venus de l'étranger, parmi lesquels plus d'une centaine de chefs d'Etat et de gouvernement, de ministres et de présidents de Parlement.

HK---BI.

HA.

MAP 131051 GMT mar 2015

 

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Le 13 mars 2015 à 10h47

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