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Colombie: multiples manifestations contre la réforme fiscale malgré le covid

Colombie: multiples manifestations contre la réforme fiscale malgré le covid
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Le 28 avril 2021 à 21h26

Des dizaines de milliers de manifestants ont protesté mercredi en Colombie contre un projet de réforme fiscale du président de droite Ivan Duque dans ce pays, en pleine troisième vague de la pandémie de Covid-19 qui affecte sa situation économique.

"Nous n'acceptons pas la réforme fiscale, nous pensons à nos enfants, à nous-mêmes (...) Nous mourons du virus ou nous mourons de faim", a déclaré à l'AFP Victor Cordoba, un cordonnier de 33 ans, portant un T-shirt aux couleurs jaune, bleu, rouge du drapeau colombien.

Plusieurs syndicats d'ouvriers, d'enseignants, ainsi que des associations indigènes et d'autres secteurs rejettent ce projet en cours d'examen au parlement, estimant qu'il porte préjudice à la classe moyenne et qu'il est inopportun en pleine crise sanitaire.

A Bogota, des milliers de manifestants, protégés de masques, ont rallié en plusieurs cortèges, la plupart pacifiques, le cœur historique de la capitale, où se trouvent le siège de la présidence et le parlement.

Au son des tambours et arborant des pancartes avec des slogans tels que "Vive la grève nationale" ou "Pas plus d'impôts, pas plus de TVA", certains bloquaient la circulation sur des avenues de la ville, notamment des dizaines de taxis, de camions et de motos qui défilaient en klaxonnant.

- 47.500 forces de l'ordre -

La mobilisation était importante aussi dans d'autres villes, notamment à Medellin (nord-ouest) et Cali (sud-ouest).

Le ministère de la Défense a déployé 47.500 agents des forces de l'ordre dans l'ensemble de la Colombie et fait état de quelques troubles à Cali.

Des indigènes de l'ethnie Misak y ont notamment renversé la statue du conquistador espagnol Sebastian de Belalcazar.

Le maire de la ville, Jorge Ivan Ospina, a fait état d'un mort lors de fait "liés à la manifestation" et avancé à 13h00 locales (18h00 GMT) le couvre-feu imposé à cause de la pandémie jusqu'à dimanche en fin d'après-midi.

La Colombie a dépassé pour la première fois le 19 avril les 400 décès quotidiens dus au Covid-19 et depuis ils ne diminuent pas, alors que les unités de soins intensifs des hôpitaux sont sous pression.

Cette journée de mobilisation était organisée à l'appel du Comité national de grève, initiateur depuis 2019 de multiples manifestations pour exiger un changement de politique du président conservateur, dont le mandat s'achève en août 2022.

Certains avaient toutefois demandé son annulation du fait de l'aggravation de la pandémie.

Avec plus de 2,8 millions de cas de Covid-19, la Colombie est le troisième pays d'Amérique latine le plus affecté après le Brésil et l'Argentine, et vient pour le nombre de décès (72.200) derrière le géant brésilien et le Mexique.

Un tribunal administratif avait ordonné mardi aux maires d'interdire les rassemblements. Le Défenseur du peuple, entité publique de protection des droits humains, a pour sa part souligné l"inconvénient de convoquer des mobilisations sociales en cette période si risquée pour la santé et la vie".

- Mourir du virus ou de faim -

Mais revendiquant le droit à manifester, les organisateurs les ont maintenues, en appelant à respecter les mesures de protection sanitaire.

"Nous sommes las des abus envers la population (...) que notre président ne fasse rien contre ça. Le gouvernement nous fait plus peur que le virus", a souligné Felipe Zapata, 24 ans, qui manifestait à Bogota.

La popularité du président Duque n'a cessé de baisser depuis son arrivée au pouvoir en 2018 et s'établit actuellement à 33%, selon le dernier sondage de l'institut Invamer.

Bien qu'il ait présenté sa réforme comme un outil pour mitiger l'impact économique de la pandémie, avec la collecte de quelque 6,3 milliards de dollars supplémentaires entre 2022 et 2031, son projet se heurte à des obstacles au parlement faute de majorité.

Selon Yann Basset, professeur de sciences politiques à l'université du Rosario, "chaque secteur y voit un motif de mécontentement dans un moment où la situation économique est visiblement très difficile pour tout le monde".

La réforme prévoit notamment d'imposer les personnes gagnant l'équivalent de plus de 656 dollars par mois, dans un pays où le salaire minimum n'est que de 248 dollars et dont le PIB a chuté de 6,8% en 2020, avec un chômage à 18,1% en février.

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Le 28 avril 2021 à 21h26

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