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Brésil: Temer défiant, vers un non-lieu de la justice électorale

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Le 10 juin 2017 à 0h11

Le président brésilien Michel Temer s'est montré défiant vendredi, apparemment conforté par la perspective, de plus en plus probable, d'un non-lieu en sa faveur des juges qui s'apprêtaient à trancher sur l'invalidation ou non de son mandat.

Il a refusé de répondre à 82 questions écrites de la police fédérale et a demandé que soit classée l'enquête ouverte à son encontre par la Cour suprême (STF) pour corruption, ont annoncé ses avocats.

"Le président et citoyen Michel Temer est la cible d'une série d'abus et d'atteintes à ses droits individuels et à son statut de chef de la Nation", déclare le document au ton virulent fourni par ses avocats.

"Il a été traité comme un acteur de seconde zone d’un opéra-bouffe mis en scène par un chef d'entreprise criminel et se retrouve maintenant visé par une inquisition envahissante, arrogante et dénuée du moindre respect", ont-ils affirmé dans ce document remis au juge Edson Fachin.

Celui-ci est le rapporteur à la Cour suprême de l'opération "Lavage express", nom du gigantesque scandale de corruption autour du groupe pétrolier d'Etat Petrobras.

La plus haute juridiction brésilienne a ouvert à l'encontre du président Temer une enquête pour corruption passive et entrave à la justice après qu'il a été enregistré par Joesley Batista, un magnat de l'agroalimentaire, en train de donner son accord au versement de pots-de-vin à un homme politique emprisonné pour corruption.

Au moment où était connu le refus de M. Temer de répondre à la police, les juges du Tribunal supérieur électoral (TSE), réunis depuis mardi à Brasilia, s'apprêtaient à trancher, selon toute probabilité, en faveur d'un non-lieu, au cinquième jour de délibérations marathon qui ont montré leurs fortes divisions.

Ils se sont réunis pour décider d'invalider ou non l'élection de 2014, entachée d'accusations de financement illégal de la campagne qui a permis à M. Temer d'accéder à la vice-présidence, puis à la présidence l'an dernier après l'éviction brutale de Dilma Rousseff.

En début de soirée, le sixième des sept juges s'apprêtait à voter, donnant probablement un résultat indécis de trois voix pour l'invalidation et trois voix contre.

Mais celle du président Gilmar Mendes, septième et dernier juge à s'exprimer, devrait faire pencher la balance vers un non-lieu, selon les analystes.

Le premier à voter, le rapporteur Herman Benjamin, avait eu des mots très durs pour M. Temer, du PMDB (centre droit).

"Je vote pour l'annulation du binôme présidentiel élu en 2014, en raison des abus mis en évidence dans l'enquête", avait-il dit, dénonçant avec force les financements illégaux des grandes compagnies brésiliennes lors de la campagne qui "suffisent à invalider le mandat" de M. Temer et de Mme Rousseff.

Le journal Valor estimait vendredi qu'un non-lieu du TSE serait "la décision de justice la plus impopulaire de l’histoire récente" du Brésil.

- 'Serein et tranquille' -

Elément déterminant, quatre juges sur sept avaient laissé entendre qu'ils ne prendraient pas en compte les preuves issues de témoignages de cadres du géant du BTP Odebrecht, accablantes pour M. Temer et pour Mme Rousseff.

Ces confessions explosives, obtenues en échange de remises de peine, ont permis de révéler le versement de millions de dollars de pots-de-vin aux caisses noires de partis politiques de tous bords, y compris ceux de la présidente et de son vice-président de l'époque.

Mais leurs avocats avaient demandé que ces éléments ne soient pas pris en compte, arguant qu'ils avaient été recueillis après l'instruction du procès.

Selon une source présidentielle, le téléviseur du cabinet de M. Temer au palais du Planalto fonctionne "en permanence", mais le chef de l'Etat n'a suivi les débats que de façon "sporadique" et reste "serein, tranquille et confiant".

Tout au long du jugement, il a affiché cette confiance, conforté par des signes d'embellie économique et promettant de "mener le gouvernement" jusqu'au terme de son mandat, le 31 décembre 2018.

Mais même si le TSE l'absout, M. Temer doit faire face, outre l'enquête de la Cour suprême, aux nombreuses motions de destitution et à la menace de défection de ses partenaires de majorité du PSDB (centre droit).

La décision du TSE pèsera sur le choix du PSDB, allié-clé qui dispose de quatre ministres au gouvernement, d'abandonner ou non M. Temer au cours de la réunion de ses dirigeants lundi.

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Le 10 juin 2017 à 0h11

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