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Brésil: la justice électorale s'apprête à sceller le sort de Temer

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Le 6 juin 2017 à 15h05

Le sort du président brésilien Michel Temer, fragilisé par de graves accusations de corruption, est désormais entre les mains des juges du Tribunal supérieur électoral (TSE) qui se retrouvent mardi soir et pourraient décider de le chasser du pouvoir, alors que le pays semble sortir de la récession.

Des organisations de gauche ont prévu des manifestations près du TSE dans la capitale Brasilia pour exiger le départ immédiat d'un président battant des records d'impopularité mais qui se dit déterminé à terminer son mandat.

Les sept juges du TSE peuvent décider d'annuler purement et simplement le scrutin présidentiel de 2014 qui avait vu l'élection de Dilma Rousseff à la présidence et M. Temer à la vice-présidence. Ce dernier avait accédé à la fonction suprême il y a un an, après la destitution fracassante de Mme Rousseff pour maquillage des comptes publics.

En cas d'invalidation de l'élection de 2014, la cour devra déterminer si M. Temer abandonne le pouvoir immédiatement ou s'il peut rester au palais de Planalto jusqu'à l'épuisement des recours devant ce même TSE et la Cour suprême.

Dans les deux cas, le Brésil va traverser une période d'incertitudes accrues, alors que sa situation économique semblait enfin s'améliorer.

Jeudi dernier a vu l'annonce par l'IBGE (Institut brésilien de géographie et de statistiques) d'une progression de 1% du PIB au premier trimestre 2017, qui laisse entrevoir la sortie de deux années de récession.

La première économie d'Amérique Latine a aussi vu son taux de chômage baisser pour la première fois depuis novembre 2014, pour atteindre 13,6% fin avril, même s'il reste extrêmement élevé, avec 14 millions de personnes à la recherche d'un emploi.

"Le gouvernement est parvenu à faire beaucoup de choses en seulement un an", a affirmé M. Temer lundi, lors d'une cérémonie célébrant la journée mondiale de l'environnement.

Le procès, dont la première séance s'ouvre à 19H00 (22H00 GMT) porte sur des irrégularités dans le financement de la campagne présidentielle de 2014.

La procédure pourrait être rapidement suspendue ou à l'inverse prolongée de plusieurs semaines, cette dernière option étant jugée la plus probable par des analystes et experts du code électoral consultés par l'AFP. Mais le TSE pourrait aussi annoncer sa décision dès jeudi.

Autant la procédure de destitution de Mme Rousseff avait précipité des foules immenses dans les rues, autant la reprise du jugement qui va sceller le sort de son successeur ne semblait pas déchaîner les passions parmi des Brésiliens lassés des scandales à répétition.

Brasilia semblait vivre une journée normale ce mardi, même si les chaînes de télévision étaient très mobilisées et les grands journaux faisaient leur Une sur le procès. "Dans un climat d'incertitude, le TSE se prononce sur l'avenir de Temer", titrait ainsi O Estado de Sao Paulo.

Le mandat de M. Temer, 76 ans, ne tient qu'à un fil depuis la révélation, à la mi-mai, d'un enregistrement sonore compromettant dans lequel il semble donner son accord pour acheter le silence d'un ex-député aujourd'hui en prison.

Depuis, les appels à la démission se sont multipliés, un grand nombre de motions de destitution ont été déposées.

- Base parlementaire fragilisée -

Ce procès devant le TSE a formellement débuté le 4 avril, mais a aussitôt été interrompu pour laisser plus de temps à la défense et citer des témoins en lien avec le réseau de corruption du géant pétrolier Petrobras qui aurait financé la campagne de Mme Rousseff et M. Temer.

Mais depuis, l’étau s'est considérablement resserré sur le président actuel, visé par une enquête de la Cour suprême pour corruption passive et entrave à la justice liée à l'enregistrement compromettant qui a plongé le pays dans une grave crise institutionnelle.

M. Temer oeuvre en coulisse pour tenter d'éviter une défection en masse de ses alliés politiques, jouant la montre face aux multiples accusations.

Jusqu'à présent, il a réussi à obtenir un certain répit, mettant en avant la nécessité de passer une série de réformes d'austérité pour sortir le pays d'une récession historique, mais la décision du TSE pourrait bien changer la donne.

"Nous allons attendre la décision du TSE pour prendre position au sujet du gouvernement Temer", a affirmé lundi le maire de Sao Paulo Joao Doria, du PSDB (centre), allié-clé du gouvernement.

La justice électorale est loin d'être la seule épée de Damoclès de M. Temer.

Samedi, l'un de ses proches conseillers, Rodrigo Rocha Loures, filmé en train de recevoir une valise de billets et soupçonné d'être un intermédiaire dans cette affaire de pots-de-vin, a été placé en détention provisoire.

S'il décide de passer aux aveux, de nouvelles révélations explosives pourraient rendre la position du président Temer encore plus insoutenable.

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Le 6 juin 2017 à 15h05

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