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Brésil: début du vote sur une invalidation du mandat de Temer

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Le 9 juin 2017 à 17h20

Le jugement crucial qui pourrait provoquer la chute du président brésilien est entré vendredi dans sa phase décisive, le premier des sept juges à voter se prononçant pour l'invalidation du mandat de Michel Temer.

"Je vote pour l'annulation du binôme présidentiel élu en 2014, en raison des abus mis en évidence dans l'enquête", a annoncé Herman Benjamin, rapporteur du dossier au sein du Tribunal supérieur électoral (TSE), réuni depuis mardi à Brasilia.

Il a sans surprise opté pour l'invalidation du scrutin de 2014, en raison d'"abus de pouvoir économique et politique" pendant la campagne électorale.

Mais la plupart des commentateurs estiment que le rapporteur ne sera pas suivi par la majorité des juges et prévoient un non-lieu en faveur de M. Temer avec un résultat serré de quatre à trois.

Bien que fragilisé par ailleurs par de graves accusations de corruption, M. Temer, 76 ans, dont la cote de popularité est au plus bas, ne devrait donc pas être chassé du pouvoir par la justice électorale.

Pour le journal Valor, un non-lieu du TSE serait "la décision de justice la plus impopulaire de l’histoire récente" du Brésil.

L'élection présidentielle a été entachée par des accusations de financement illégal de campagne liées au méga-scandale de corruption Petrobras et a reconduit pour un second mandat la présidente de gauche Dilma Rousseff.

Mais celle-ci avait été destituée pour maquillage des comptes publics et remplacée il y a un peu plus d'un an par M. Temer, son vice-président, du PMDB (centre droit).

- 'Serein et tranquille' -

Pour le rapporteur Herman Benjamin, les preuves de l'utilisation pour la campagne de fonds détournés du géant pétrolier d'Etat Petrobras sont "suffisantes" pour invalider l'élection.

"Au Brésil, personne n'élit un vice-président, nous élisons un binôme, constitué pour le meilleur comme pour le pire", a-t-il affirmé, pour expliquer sa décision de ne pas dissocier le "ticket" Rousseff-Temer.

Malgré le vote du rapporteur, la messe est dite, estiment les commentateurs. Quatre juges sur sept ont laissé entendre dans les débats qu'ils ne prendraient pas en compte les preuves issues de témoignages de cadres du géant du BTP Odebrecht, accablantes pour M. Temer et Mme Rousseff.

Ces confessions explosives, obtenues en échange de remises de peine, ont permis de révéler le versement de millions de dollars de pots-de-vin aux caisses noires de partis politiques de tous bords, y compris ceux de la présidente et de son vice-président de l'époque.

Mais leurs avocats ont demandé que ces éléments ne soient pas pris en compte, arguant qu'ils avaient été recueillis après l'instruction du procès.

"La thèse principale de la défense a été favorablement accueillie par la majorité des juges, c'est fondamental", a affirmé jeudi soir l'un des avocats du président, Marcus Vinícius Furtado, à quelques journalistes.

Selon une source présidentielle, le téléviseur du cabinet de M. Temer au palais du Planalto fonctionne "en permanence", mais le chef de l'Etat n'a suivi les débats que de façon "sporadique" et reste "serein, tranquille et confiant".

Tout au long du jugement, il a affiché cette confiance, conforté par des signes d'embellie économique et promettant de "mener le gouvernement" jusqu'au terme de son mandat, le 31 décembre 2018".

- Enjeux politiques -

Le président Temer est pourtant en pleine tourmente depuis qu'a été rendu public à la mi-mai un enregistrement compromettant dans lequel il semble donner son accord pour acheter le silence d'un ex-député aujourd'hui en prison.

La Cour suprême a ouvert à son encontre une enquête pour corruption passive et entrave à la justice. Les appels à sa démission se sont multipliés, de nombreuses motions de destitution ont été déposées et ses alliés de coalition menacent de faire défection.

Jusqu'à présent, soutenu par les milieux d'affaires, il a bénéficié d'un répit en mettant en avant la nécessité de faire passer une série de réformes d'austérité pour sortir son pays d'une récession historique.

La décision du TSE pèsera sur le choix du PSDB (centre droit), un allié-clé qui dispose de quatre ministres au gouvernement, d'abandonner ou non M. Temer au cours de la réunion de ses dirigeants lundi.

Ironie du sort, la dénonciation pour "abus de pouvoir économique, politique et fraude" devant le TSE est venue du PSDB, qui contestait la défaite de son candidat Aecio Neves face à Dilma Rousseff.

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Le 9 juin 2017 à 17h20

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