Arkema “sur le chemin de la croissance" après une année 2014 "décevante”
Le groupe chimique Arkema s'est déclaré jeudi "idéalement" positionné pour renouer avec la croissance, grâce notamment à la récente acquisition de Bostik, après une année 2014 "décevante" marquée par un bénéfice net stable.
"La performance du groupe en 2014, par rapport à ce que nous attendions au début de l'année dernière, a été décevante", a reconnu le PDG Thierry Le Hénaff, lors d'une conférence de presse à l'occasion de la publication des résultats annuels.
Mais il s'est empressé de souligner que "les investissements et tout le travail de transformation du profil d’Arkema réalisé ces dernières années positionnent idéalement le groupe sur le chemin de la croissance".
Le groupe a bouclé avec une croissance modérée une année marquée par "des conditions de marché difficiles dans les gaz fluorés et, au deuxième semestre, dans les acryliques", a expliqué le patron du groupe.
Arkema a d'ailleurs connu une journée noire le 1er août quand son cours de Bourse s'est effondré de plus de 20% après l'annonce du report de ses objectifs financiers, lors de la publication des résultats semestriels.
Le résultats annuels, marqués par une amélioration au dernier trimestre, et les perspectives ont connu jeudi un accueil nettement plus positif de la part des marchés. A la Bourse de Paris, le titre bondissait de 4,5% à 11H20 à 64,30 euros, dans un marché en hausse de 0,57%.
L'année dernière, le groupe a réalisé un bénéfice net de 167 millions d'euros, inférieur aux attentes du consensus d'analystes Factset, qui tablait sur 196 millions. Il est stable par rapport à 2013, année où il avait chuté de 23,6%.
En revanche, le groupe est en ligne avec les attentes du marché en termes de ventes et d'excédent brut d'exploitation (Ebitda).
Le chiffre d'affaires a cédé 2,4% pour s'établir juste sous la barre des 6 milliards d'euros, à 5,952 milliards. Sur le dernier trimestre, il est toutefois en hausse de 1,4%, reflétant une amélioration de l'activité en fin d'année, a indiqué le groupe dans un communiqué.
Quant à l'Ebitda, il a chuté de 13,1% à 784 millions d'euros l'an dernier contre 902 millions en 2013. "Il reflète les conditions de marché difficiles dans les gaz fluorés, des marges unitaires proches d’un bas de cycle au second semestre 2014 dans les monomères acryliques", a expliqué le groupe qui misait sur un Ebitda "proche de 800 millions d'euros".
La marge d'Ebitda est également à la baisse à 13,2%, contre 14,8% une année auparavant, mais M. Le Hénaff a souligné sa "résistance" dans un environnement difficile.
- Objectifs maintenus à moyen terme -
Pour 2015, le groupe table sur une hausse de son Ebitda après la finalisation début février de l'acquisition de Bostik, l'ancienne filiale d'adhésifs de Total, dont le chiffre d'affaires est estimé à 1,5 milliard d'euros.
"Le groupe bénéficiera de la contribution de Bostik sur onze mois, des investissements réalisés en Malaisie et de sa participation dans Sunke dans les acryliques en Chine", a-t-il anticipé, même s'il a reconnu que la contribution des deux derniers investissements cités devrait être "limitée" au premier trimestre.
"Les investissements du groupe, y compris Bostik, devraient représenter environ 450 millions d'euros", a ajouté Arkema, qui ne communiquera ses objectifs annuels qu'à l'occasion d'une journée investisseurs à la fin du mois de juin.
Le groupe maintient toutefois ses objectifs à moyen terme pour 2017, soit un Ebitda de 1,310 milliard, qu'il a ajusté à la mi-septembre après l'annonce de l'entrée en négociations exclusives avec Total pour l'acquisition de Bostik.
Même si le groupe s'attend à des conditions de marché "volatiles et contrastées", il prévoit que la baisse de l'euro apporte une contribution "positive" à sa performance en lui permettant notamment de "compenser les marges unitaires en bas de cycle dans les monomères acryliques".
Quant à la baisse du prix du pétrole, elle ne "devrait avoir globalement qu'un impact limité sur les résultats du groupe".
Le groupe a maintenu un dividende de 1,85 euro par action.