Argentine : la Bourse chute de 9% à mi-séance
La Bourse de Buenos Aires reculait de 9% jeudi à mi-séance, au lendemain de la démission du gouverneur de la Banque centrale, remplacée par un fidèle de la présidente de centre-gauche Cristina Kirchner.
Mercredi, l'indice Merval de la Bourse de Buenos Aires avait déjà chuté de plus de 8% à la clôture.
Le gouverneur sortant de la Banque centrale de la République argentine (BCRA) Juan Carlos Fabrega a annoncé son départ après moins d'un an de mandat et au lendemain d'un discours de Cristina Kirchner qui avait évoqué des fuites de la BCRA exploitées par des banques argentines.
Avec la nomination d'Alejandro Vanoli, les marchés craignent encore plus de régulation dans un pays où l'Etat intervient régulièrement dans l'économie.
Pour éviter la fuite de devises, le gouvernement a établi en 2011 un contrôle des changes limitant l'accès au dollar.
Pendant les mandats de Nestor Kirchner (2003-2007) et de sa veuve Cristina Kirchner (2007-2015), cinq gouverneurs se sont succédé à la tête de la BCRA.
"L'erreur vient des politiques économiques, souligne l'ancien gouverneur de la BCRA Martin Redrado. Utiliser la BCRA comme une tirelire du gouvernement n'est pas viable. Allez, on casse la tirelire, on sort l'argent, les devises, cela génère plus d'inflation".
M. Redrado (2004-2010) avait été écarté pour avoir refusé de puiser dans les réserves pour rembourser la dette et ses intérêts.
Depuis 2011 notamment, l'Argentine a puisé dans ses réserves pour faire face aux échéances de la dette et les réserves de devises sont passées de 54 à 28 milliards de dollars actuellement.
L'Argentine traverse actuellement des turbulences économiques. Elle doit régler un litige avec des fonds "vautours" américains portant sur la dette souveraine, l'inflation devrait dépasser 30% en 2014, les producteurs agricoles et industriels réclament une dévaluation pour être plus compétitifs et les importateurs demandent plus de souplesse au gouvernement.