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Aéroport de Toulouse: la région oscille entre vigilance et colère

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Le 5 décembre 2014 à 12h45

Les acteurs locaux oscillaient vendredi entre vigilance et colère après la cession contestée à un consortium chinois de 49,99% de l'aéroport de Toulouse-Blagnac.

"L'Etat hypothèque l'avenir": Jean-Louis Chauzy, président du conseil économique social et environnemental de Midi-Pyrénées (Ceser) ne décolère pas depuis l'annonce, jeudi soir, de la cession de 49,99% de la société Aéroport Toulouse-Blagnac (ATB).

"La France vend ses parts à l'Etat chinois et donc au Parti communiste car ces sociétés sont détenues par l'Etat chinois. Le loup est dans la bergerie", affirme à l'AFP celui qui a pris depuis des mois la tête de la fronde anti-chinoise au nom du "patriotisme industriel européen".

Du côté de l'Association contre les nuisances aériennes, on parle de "catastrophe". "Les Chinois veulent doubler voire tripler le trafic. Ce n'est pas envisageable dans un aéroport qui est déjà le plus enclavé de France", a accusé Chantal Demander, présidente.

"On sait que la gestion de l'environnement à la chinoise est plus qu'approximative. On brade la santé des gens", enrage-t-elle, annonçant "des actions" à venir.

Les nouveaux actionnaires chinois entendent faire passer le nombre des passagers de 7,5 millions en 2013, à 18 millions en 2030, espérant ainsi capter une part du juteux marché du tourisme chinois en Europe.

La vente d'ATB à des Chinois, ou le simple fait de privatiser l'aéroport, avait suscité une levée de boucliers mais les responsables locaux étaient vendredi résignés, au nom de la realpolitik, sans toutefois baisser la garde.

"Nous resterons vigilants pour que l'Etat conserve les 10,01%" qu'il lui reste sur les 60% de sa participation, a ainsi averti le maire de Toulouse, l'UMP, Jean-Luc Moudenc.

La cession de 49,99% d'ATB permet aux collectivités publiques de rester majoritaires, avec 50,01%: 10,01% à l'Etat, 25% à la Chambre de commerce et d'industrie de Toulouse (CCIT) et 5% chacun à l'agglomération Toulouse métropole, au département de Haute-Garonne et au Région Midi-Pyrénées.

L'appel d'offres, lancé en juillet pour les 49,99% d'ATB, prévoyait de plus une option de vente pour les 10,01% restant des 60% que détient actuellement le public.

Cette option cristallisait l'opposition locale à la cession à des étrangers du quatrième aéroport de France, jugé stratégique.

Mais le ministre de l'Economie, Emmanuel Macron, a assuré que "le gouvernement n'avait pas aujourd'hui l'intention d'exercer" cette option.

- Pacte d'actionnaires régionaux -

Le consortium chinois s'est de plus "montré ouvert à la possibilité de faire entrer des partenaires industriels à hauteur de 16% au capital de leur société", a indiqué M. Macron dans une interview au quotidien régional La Dépêche du Midi de vendredi.

"Les garanties ont été obtenues. C'est rassurant", a estimé M. Moudenc lors d'un point presse en mairie.

Bernard Keller, le maire radical de gauche de Blagnac, prévient également qu'il restera en alerte. "J'attends la traduction concrète de l'hypothèse avancée d'une cession de 16%, à un pool d’investisseurs régionaux par exemple", a-t-il dit dans un communiqué.

Alain Di Crescenzo, le président de la Chambre de commerce et d'industrie de Toulouse (CCIT), voit lui aussi dans la possible cession de 16% "une opportunité pour réaliser un pacte local qui pourrait détenir la majorité d’ATB".

"La CCI de Toulouse travaille activement sur cette possibilité et nous sommes d’ores et déjà en contact avec des investisseurs", a-t-il ajouté sans plus de précisions.

Dès jeudi soir, le président de la Région Midi-Pyrénées, Martin Malvy, s'est déclaré favorable à ce "pacte d'actionnaires".

"Je suis prêt à étudier cette hypothèse avec les autres collectivités locales, la CCIT et le réseau bancaire régional, voire d’autres investisseurs. Nous pourrions nous réunir au tout début de la semaine prochaine", avait-il dit.

Le consortium retenu, baptisé Symbiose, a mis sur la table 308 millions d'euros, selon M. Macron. Cela représenterait une cinquantaine de millions d'euros de mieux que les autres candidats, les français Vinci, Aéroports de Paris et le consortium financier Natixis-Cube, selon la presse locale.

Symbiose regroupe les chinois Shandong Hi-Speed Group, acteur majeur de la gestion d'infrastructures de transport, et Friedmann Pacific Asset Management, une société de gestion d'actifs de Hong Kong. Il bénéficie en outre de l'appui technique du canadien SNC-Lavalin (ingénierie et infrastructures).

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Le 5 décembre 2014 à 12h45

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