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Hicham Brahmi ou la cheville ouvrière de l’amnistie des changes

Après la fin de la campagne d’amnistie, Hicham Brahmi de l’Office des changes revient pour Médias 24 sur son parcours et sa mission.  

Hicham Brahmi ou la cheville ouvrière de l’amnistie des changes
Samir El Ouardighi
Le 16 janvier 2015 à 15h32 | Modifié 16 janvier 2015 à 15h32

Fils d’un gendarme, Hicham Brahmi est un pur produit de l’école marocaine qui dans son enfance n’a pas arrêté de suivre sa famille dans tout le Maroc au gré des affectations professionnelles paternelles, ce qui lui a permis d’acquérir une capacité d’adaptation nécessaire pour effectuer sa mission publique.

Ayant suivi son cursus scolaire dans l’enseignement public, ce major de promotion polyvalent de la faculté Mohamed V de Rabat cumule des diplômes de 3e cycle en économie et en relations internationales.

Dès l’obtention de sa licence, Brahmi a intégré par voie de concours les rangs de l’office des changes.  Malgré son jeune âge (il a moins de quarante ans), il y a fait un parcours sans faute qui lui a permis d’assurer un rôle pivot dans une opération historique et inédite.

A chaque appel à candidatures, ce cadre a été successivement promu jusqu’à intégrer le nouveau comité de direction aux côtés du directeur général Jaouad Hamri, du secrétaire général et des 9 directions.

Au cours de l’entretien avec Médias 24, l’attaché de direction de la communication tient à préciser qu’il n’a été qu’un simple maillon de la chaîne ayant permis d’atteindre près de 28 MMDH de déclarations dans le cadre de l’amnistie des changes. Le mérite revient à l’équipe de l’Office des changes, aux banques et aux médias ayant accepté de jouer le jeu face à un travail colossal. 

Soudain, les téléphones ne sonnent plus

Hicham Brahmi a d’ailleurs l’air surpris de sa soudaine quiétude après avoir du gérer un flot ininterrompu d’appels et d’e-mails pour guider les personnes concernées par l’opération.

Il se dit cependant persuadé que les flux reprendront bientôt car le projet de loi facilitant les déclarations pour les MRE réinstallés au Maroc devrait être adopté au courant du mois de février prochain.

Sur le volume financier prévu de ces futures déclarations, Brahmi répond que l’Office des changes ne dispose pas de chiffres mais qu’ils devraient être conséquents sachant qu’un ménage marocain sur 3 a un membre de sa famille MRE concerné par le projet de loi 63-14.

Il avance que le gros du travail concernera surtout les Marocains désireux de déclarer leurs avoirs détenus illégalement à l’étranger au lendemain de l’opération d’amnistie des changes car l’opération achevée rondement menée a donné un crédit supplémentaire à l’office des changes et à l’administration.

Pour l’anecdote, il cite le cas d’un de ses amis qui le harcelait de coup de fil pour savoir où en était l’opération de contribution libératoire.

A aucun moment, Brahmi ne le soupçonnait de disposer d’avoirs à l’étranger jusqu’au jour où ce dernier lui a avoué avoir franchi le pas dans le but de dormir tranquillement à partir du 1e janvier 2015.

Brahmi met en avant la culture de l’office des changes qui prend très au sérieux sa mission de service public en l’inculquant dès le recrutement à son personnel. Il s’agit de convaincre pour que les Marocains passent du statut de citoyens à celui de patriote.

Il rappelle avec amusement qu’au cours de l’opération passée, il a fait face à des appels anonymes ou a des personnes refusant de décliner leur identité en quête d’informations et qui au final se sont prêtées de bonne grâce aux dispositions de la contribution libératoire.

Sur l’origine de cette campagne d’amnistie, elle n’est pas la conséquence de cas surmédiatisés de personnalités «prises la main dans le sac» ayant finalement abouti à des accords transactionnels.

Son point de départ ne remonte pas non plus aux dispositions de la LF2014 mais plutôt à un rapport de la cour des comptes qui avait relevé en 2010 des lacunes sur le contrôle des avoirs à l’étranger des Marocains.

L’idée est donc venue au sein de l’Office des changes, d’élaborer une proposition de régularisation générale,  enrichie par des benchmark sans s’inscrire pour autant dans une chasse aux sorcières. Quand les éléments ont été réunis, cela a abouti a l’article 4 ter de la loi de Finances 2014 ce qui prouve que cette campagne ne s’est pas faite à la hâte mais a été longuement murie.

Questionné sur le véritable volume des avoirs des marocains détenus illégalement à l’étranger, Brahmi affirme qu’il n’existe pas de chiffres définitifs mais plutôt d’estimations d’organisations internationales qui peuvent se contredire.

Les estimations diffèrent selon qu’elles émanent de la Banque Mondiale ou d’organismes utilisant chacun une formule de calcul mathématique différente. Pour illustrer la difficulté d’arriver à un chiffre consensuel, il cite la méthode retenue par son organisme pour chiffrer les biens immeubles détenus par les marocains à l’étranger. Contrairement à d’autres, l’office des changes a évalué ces biens sur leur valeur historique (d’achat) non actualisée.

Cette «indulgence» est liée d’une part à un désir d’instaurer la confiance avec les déclarants afin que la régularisation se passe dans les meilleurs termes et d’éviter d’autre part un travail fastidieux d’expertise pour réactualiser la valeur de ces biens immeubles.

Concernant les irréductibles qui n’ont pas l’intention de déclarer leurs avoirs, l’attaché de direction se dit persuadé qu’au-delà de l’année 2017 qui verra la levée du secret bancaire au niveau mondial, ces personnes auront peu de chances de passer entre les mailles du filet.

L’échange international de renseignements et les systèmes informatiques d’informations dont bénéficie l’office des changes permettra de passer à la moulinette tous les contrevenants.

Hicham Brahmi conclut que sa plus grande fierté est de convaincre les contrevenants en passant d’une culture de la prohibition à une réglementation basée sur la libéralisation.

Passionné et convaincu de la justesse de l’utilité de sa mission de service public, ce cadre est assurément un fonctionnaire comme on aimerait en rencontrer plus souvent.


 

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Samir El Ouardighi
Le 16 janvier 2015 à 15h32

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