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Effondrement à Casablanca : 3 victimes, à qui la faute?

L'immeuble qui s'est effondré mardi 6 novembre à Casablanca, causant la mort de 2 de ses habitants, fait partie du programme de relogement des habitants d'immeubles menaçant ruine depuis 2012. Pour quelle raison les victimes y habitaient-elles encore? Les experts ont-ils mal évalué le risque d'effondrement ? Les autorités locales ont-elles manqué à leur devoir d'évacuer le bâtiment menacé ? Eléments de réponse.        

Effondrement à Casablanca : 3 victimes, à qui la faute?
A.T.
Le 8 novembre 2018 à 17h00 | Modifié 11 avril 2021 à 2h49

Après l'effondrement de 5 bâtiments en mars dernier, 2 autres immeubles se sont effondrés mardi 6 novembre à l'ancienne Médina à Casablanca. L'un d'eux était toujours habité. Bilan: 2 morts et une blessée. Pourtant, les deux bâtisses figuraient depuis 2012 sur la liste du programme national de relogement des habitants des constructions menaçant ruine. 

Une des constructions était fermée et mise sous scellés en attendant d’être démolie. L’autre abritait une femme, sa fille et sa petite fille. Deux autres descendants de la mère ont déjà bénéficié du programme (deux logements octroyés par la Sonadac). 

Les questions qui se posent sont: Pourquoi la maison mise sous scellés n'a pas été démolie depuis 2012 ? Et pourquoi l'autre construction, qui devait également être démolie, était toujours occupée par les futures victimes ? 

Selon Mohamed Ait Boufettas, directeur régional de l’Habitat et de la politique de la ville à Casablanca, les travaux de démolition d'un immeuble peuvent provoquer des dégâts. Surtout si les maisons autour sont elles aussi menacées. "Nous attendons donc que toutes les maisons d'un même bloc soient évacuées pour procéder à la démolition de l'ensemble", indique-t-il.

D'après Karim Glaibi, élu local (PAM), le programme prévoit l’intervention des autorités locales après l'identification des maisons menacées et la notification des ménages concernés. Le délai d'intervention pour l'évacuation varie selon les résultats de l'expertise du cabinet ayant effectué le recensement.

"Le délai dépend de l'imminence du risque d'effondrement de la construction", indique M. Glaibi. 

Pour les constructions qui présentent un risque d'effondrement imminent, le conseil de la ville est censé faire intervenir immédiatement les autorités locales pour évacuer les habitants, selon la même source. Pourquoi ne l'a-t-il pas fait dans le cas de l'immeuble qui s'est effondré le 6 novembre ?

L'avis de démolition indique un délai, au-delà duquel les autorités locales sont censées procéder au délogement.

A défaut d'une réponse de la part du bureau du conseil de la ville, que Médias24 a tenté de joindre à plusieurs reprises, nous nous contentons de donner les 2 explications possibles :

La première serait une mauvaise évaluation par les experts de l'imminence du danger. 

La deuxième serait un manquement de la part du conseil de la ville ou des autorités locales qui, malgré les résultats de l'expertise, n'auraient pas procédé à l'évacuation des habitants.

Mais une chose est sûre, les habitants étaient informés du risque d'effondrement suite aux résultats de l'étude de 2012 et n'ont tout de même pas quitté la bâtisse, contrairement à deux des membres de la même famille qui ont bénéficié de logements neufs. 

Habitat menaçant ruine à Casablanca: qui est censé fait quoi

Rappelons qu'à Casablanca, le recensement a été effectué en 2012 par le cabinet LPEE sous la supervision du ministère de l'habitat. Les résultats ont fait ressortir que 9.250 ménages habitaient des bâtisses menaçant ruine (6.338 constructions).

Le programme national de relogement des habitants des constructions menaçant ruine a été lancé en 2012 dans tout le Maroc. Mais c'est Casablanca qui abrite la plus grande partie des bâtiments menaçant ruine.

Dans la capitale économique, les 2 parties intervenant dans le programme de relogement sont le ministère de l'habitat à travers la direction régionale de l'Habitat et le conseil de la ville. 

Le ministère intervient sur la partie relogement (recensement et production de logements pour les bénéficiaires du programme). Le conseil de la ville s'occupe de la notification et du délogement des habitants des constructions menacées.

Une enveloppe financière de 1.750 MDH a été dédiée au programme, avec une participation du ministère de l’habitat à hauteur de 306 MDH.

En 2012, les sociétés Idmaj Sakan et Sonadac ont été désignés pour gérer la production de logements dans le cadre du programme.

Les quartiers casablancais concernés sont Derb Moulay Chrif, l’ancienne Médina et Derb Ghellef.

Après le recensement, le conseil de la ville envoie des notifications aux habitants des constructions insalubres pour les informer de la décision (démolition ou restauration).

Dans le cas des bâtisses nécessitant une restauration, les ménages sont sommés de quitter le logement temporairement pendant la durée des travaux prévus par le programme. Les délais avoisinent les 6 mois.

Dans le cas des constructions à démolir, une décision de démolition et une interdiction d’habiter sont émises par le conseil de la ville et envoyées aux habitants.

Les délais accordés varient selon l'état du bâtiment. "Généralement, nous accordons des délais à partir de 6 mois. Sauf quand le danger est imminent. Dans ces cas, nous déployons les autorités locales pour intervenir et déloger les habitants immédiatement", déclare M. Glaibi.

La direction régionale de l'Habitat a mis en place des guichets sur place ou au niveau de la commune pour la constitution des dossiers au profit des bénéficiaires.

Selon M. Ait Boufettas, 7.200 ménages sur le total de 9.250 ont été relogés jusqu’à présent.

L'indemnisation prévue par le programme

Les habitants des constructions menaçant ruine bénéficient d’un logement social, dont le prix moyen est de 240.000 DH.

La participation du ministère s’élève à 40.000 DH par logement. Le bénéficiaire supporte entre 70.000 DH et 100.000 DH. Les opérateurs (Idmaj Sakan et Sonadac) financent le reliquat (100.000 DH à 130.000 DH).

Idmaj Sakan et Sonadac mettent à la disposition du programme des appartements qu’elles détiennent ou qu'elles achètent auprès des promoteurs privés.

"Le relogement des habitants des constructions insalubres de l’avenue royale à l’ancienne Médina est géré par la Sonadac. Les ménages concernés ne paient que 70.000 DH au lieu des 100.000 DH prévues par le programme", indique le directeur régional de l’Habitat.

Si les bénéficiaires ont des descendants, ces derniers peuvent bénéficier du programme mais doivent payer un montant de 200.000 DH.

Dans le cas de la location, "ce sont les locataires qui bénéficient du relogement. Le propriétaire peut bénéficier d’un lot de terrain en guise d'indemnisation qu’il peut construire par la suite", nous explique Karim Glaibi.

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A.T.
Le 8 novembre 2018 à 17h00

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