Terrorisme: En 4 ans, le BCIJ a arrêté près d'un millier d'individus
Après le drame d’Imlil, Médias24 s’est procuré, lors d’une rencontre exclusive avec le chef du BCIJ, les dernières statistiques des personnes interpellées dans le cadre de la lutte contre le terrorisme. Les chiffres qui s’étendent de l’année 2002 à décembre 2018 permettent d’en savoir plus sur la menace terroriste au Maroc.
Depuis la création du BCIJ en 2015, la brigade de lutte contre le terrorisme a interpellé 969 personnes impliquées dans des affaires de terrorisme, qui étaient organisées en cellules prêtes à passer à l’action.
Au total, 60 cellules ont été démantelées dont 54 en relation avec "l’Etat islamique" et 6 avec "Al Faye Wa Al Istihlal*". Notons que pour la seule année 2018, 11 cellules ont été mises hors d'état de nuire.
En dehors de ces groupes qui voulaient se livrer à des actions terroristes sur le territoire national, les services ont interpellé (depuis 2015) 110 "revenants" marocains qui avaient grossi les rangs de l’Etat islamique. 96 d'entre eux venaient de la zone syro-irakienne et 14 de Libye. Les revenants sont des anciens jihadistes de retour à leur pays.
Grâce à la collaboration internationale, 65 Marocains en relation avec des projets terroristes ont été refoulés par d’autres pays vers leur pays natal et 3 ont été extradés vers le Maroc.
Pendant cette période, la Brigade de lutte contre le terrorisme BLCT a traité 7 affaires d’armes et a interpellé 44 anciens détenus qui, malgré une condamnation antérieure, n’avaient pas effectué de révision idéologique. Si l’essentiel des personnes interpellées était des hommes, 14 arrestations ont concerné des femmes et 29 des mineurs.
Depuis 2002, 186 cellules au total ont été démantelées, dont 65 (depuis 2013) étaient étroitement liées aux groupes terroristes opérant sur les scènes syrienne et irakienne, notamment Da'ech.
En 16 ans (2002-2018), ce sont donc 3.196 personnes qui ont été arrêtées dont plus de 296 ayant des antécédents judiciaires. Leur arrestation a permis d’éviter 361 projets subversifs (sabotage …), certains moyennant des explosifs visant plusieurs sites sensibles du Royaume.
Au total, les Marocains ayant rejoint la scène irako-syrienne sont au nombre de 1.666 dont 289 femmes et 370 enfants dont certains sont nés dans les zones de tensions. Notons que parmi ce groupe de personnes, 225 (sur 1.666) avaient des antécédents dans des affaires de terrorisme.
Dans le détail, 929 ont rejoint les rangs du pseudo Etat islamique, 100 comptant parmi le mouvement Sham Al Islam, plus de 50 chez Jabhat Al Nosra, appelée actuellement Fath Al Sham, tandis que le reste est réparti entre d’autres factions.
Les services de lutte contre le terrorisme ont répertorié 245 revenants des camps de combat (Syrie, Libye ….), dont 52 femmes et 15 enfants revenus au Maroc.
Sur les 1.666 Marocains ayant rejoint cette zone de combat, 643 sont morts lors d'affrontements dans la scène irako-syrienne ou lors d'opérations kamikazes en Syrie.
Liste des 23 étrangers interpellés par la BLCT par nationalité:
8 Syriens, 3 Afghans, 2 Français, 2 Turcs, 1 Italien, 1 Tchadien, 1 Guinéen, 1 Egyptien, 1 Libanais, , 1 Russe, 1 Tunisien et 1 Suisse.
Liste des 19 binationaux interpellés par la BLCT:
10 Belgo-Marocains, 5 Franco-Marocains, 3 Hispano-marocains et 1 Franco-Algérien.
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* Al Faye Wa Al Istihlal, en arabe الفيء و الاستحلال
Prise de butin, racket, vols, avec pour objectif de financer une activité terroriste.
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