Polémique sur l'inscription de la culture gnaoua au patrimoine de l’Unesco: Qui dit vrai?
Le ministère de la Culture vient de démentir les accusations selon lesquelles ses services n’ont pas inscrit l’art gnaoua sur la liste du patrimoine culturel immatériel de l’Unesco. Selon nos informations, il a déposé une demande sur la liste représentative, alors que Yerma Gnaoua réclame son inscription sur la liste urgente de sauvegarde des cultures en voie de disparition.
Après le coup de gueule de Neila Tazi contre le département ministériel qui n’a, selon elle, toujours pas traité l’inscription des "rituels et traditions Gnaouas" à l’Unesco malgré 5 années de sollicitations, de courriers et de rendez-vous incessants, le ministère dirigé par Mohamed Laâraj a publié un communiqué qui affirme au contraire avoir transmis cette demande à l’agence onusienne.
S’il semble compliqué de donner raison à l’un des deux antagonistes, Médias24 a pu consulter plusieurs courriers de Yerma, qui regroupe 30 associations de la culture gnaoua, adressés à l’ancien ministre de la Culture Amine Sbihi qui montrent qu’en novembre 2016, cette association n’avait toujours pas de retour sur le dépôt du dossier d’inscription dont la demande remonte à 2012.
Interrogé par notre rédaction, Abdellah Alaoui, directeur du patrimoine au ministère concerné dément vivement leur véracité en maintenant que son service, en charge du traitement des dossiers soumis à l’Unesco, a bien envoyé la demande en février 2015. Il avance qu’elle est en cours d’examen par une commission spécialisée qui relève uniquement de l'organisation onusienne et non plus de ses services.
En d’autres termes, le retard dénoncé par la présidente du festival des musiques gnaouas d’Essaouira est à mettre sur le compte de la commission qui n’a pas jugé urgente la situation de la culture gnaoua au Maroc.
Selon une source proche du dossier, requérant l’anonymat pour ne pas alimenter la polémique, la sortie de Neila Tazi a poussé le ministère de la Culture à « politiser l’affaire » pour ne pas être pointé du doigt après les récents limogeages des ministres par le Roi Mohammed VI: "Nous doutons du fait que la demande a bien été déposée en février 2015 car nous n’avons reçu aucune preuve, malgré nos nombreux courriers de relance. Mais le vrai problème se situe ailleurs. Selon le communiqué ministériel, le département du patrimoine a décidé de son propre chef de déposer une demande d’intégration de la culture gnaoua dans la liste représentative de l’Unesco qui est une liste fourre-tout (préservation du couscous par exemple…) alors que nous voulions rejoindre la liste urgente pour la sauvegarde des cultures en voie de disparition".
"Si Neila Tazi continue à se battre contre vents et marées depuis 20 ans pour faire renaître cet héritage musical ancestral, ce n’est pas pour s’entendre dire que cette culture n’est plus en danger, sachant que la reconduction du festival d’Essaouira n’est pas acquise chaque année", dénonce notre source qui annonce que les 30 associations de gnaouas du Maroc ne se laisseront pas faire.
De son côté, le directeur du patrimoine persiste à dire que cette culture n’est plus en danger de disparition et que la meilleure preuve est qu’elle dispose d’un festival pérenne qui lui est dédié.
"Il existe d’autres cultures en voie de disparition qui sont prioritaires et que nous accompagnons, comme une association de Taroudant qui a obtenu 25.000 dollars et son inscription sur la liste urgente de l’Unesco. De plus, dans sa demande, Yerma Gnaoua a spécifié dans une lettre qu’elle souhaitait être inscrite sur la liste représentative [et donc, non sur la liste des cultures en voie de disparition]. Au vu des éléments envoyés et de la renaissance de la culture gnaoua, nous avons donc opté pour ce choix", argumente le directeur pour expliquer son choix.
Quelle que soit la vérité, la demande de Yerma Gnaoua de faire figurer sa culture dans la liste urgente de l’Unesco est légitime mais nous laissons le lecteur se faire sa propre opinion.
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