Tabac : arrêter reste le meilleur choix, mais que dit la science des alternatives sans fumée ?
L'arrêt complet du tabac et de la nicotine demeure la meilleure option pour la santé. Mais face au constat que de nombreux fumeurs adultes ne parviennent pas à arrêter, la réduction des risques revient dans les débats de santé publique, comme l’a montré l'événement Technovation 2026, organisé par Philip Morris International.
Le meilleur choix pour tout fumeur est d'arrêter complètement le tabac et la nicotine. Cette affirmation a fait l'objet d'un consensus parmi les intervenants réunis lors de Technovation 2026, un événement organisé le 24 juin par Philip Morris International autour de l'innovation et de la réduction des risques liés au tabagisme.
Professeurs, médecins, chercheurs et responsables de la santé publique venus du Maroc et de plusieurs pays ont toutefois souligné une réalité : une grande partie des fumeurs adultes ne parvient pas à arrêter de fumer, malgré les campagnes de prévention et les dispositifs d'aide au sevrage.
Partant de ce constat, les débats ont porté sur la place que pourraient occuper les produits alternatifs à la cigarette dans les politiques de santé publique.
La combustion, principale source de toxicité
Selon les présentations scientifiques effectuées lors de la rencontre, le principal danger de la cigarette provient de la combustion du tabac plutôt que de la nicotine elle-même. Lorsque le tabac brûle, il génère plus de 6.000 substances chimiques, dont une centaine sont classées comme nocives ou potentiellement nocives par les autorités sanitaires.
Les intervenants ont rappelé que la nicotine reste une substance addictive et qu'elle n'est pas dénuée de risque. En revanche, plusieurs organismes internationaux de santé considèrent qu'elle n'est pas la principale responsable des cancers, maladies cardiovasculaires et respiratoires associés au tabagisme, ces pathologies étant principalement liées aux composés toxiques produits par la combustion.
Des alternatives jugées moins nocives, mais pas sans risque
Dans ce contexte, les experts ont évoqué les produits dits "sans fumée", qui délivrent de la nicotine sans brûler le tabac.
Parmi eux figurent notamment les produits de tabac chauffé, les cigarettes électroniques, les sachets de nicotine ou encore le snus. Leur point commun est d'éliminer la combustion, ce qui réduit significativement la production de substances toxiques par rapport à une cigarette classique, sous réserve d'une évaluation scientifique propre à chaque produit.
Les intervenants ont néanmoins insisté sur un point : ces produits ne sont pas sans risque et ne doivent pas être considérés comme des produits de consommation anodins. Leur intérêt potentiel réside dans une logique de réduction des risques pour les fumeurs adultes qui, malgré les recommandations médicales, continuent de fumer.
Adapter les politiques publiques aux réalités locales
Au-delà de l'aspect technologique, les discussions ont porté sur l'évolution des politiques de santé publique.
Les participants ont appelé à développer des approches plus transversales intégrant la réduction des risques aux côtés des stratégies classiques de prévention et d'arrêt du tabac. Selon les intervenants, ces politiques devraient également prendre en compte les interactions avec la santé mentale, les addictions, l'éducation, ainsi que les conséquences du changement climatique sur les maladies transmissibles et non transmissibles.
Selon eux, les recommandations internationales gagneraient à être adaptées aux réalités épidémiologiques propres à chaque pays afin d'améliorer leur efficacité.
Une transformation assumée par Philip Morris International
Organisateur de l'événement, Philip Morris International a présenté sa stratégie de transformation, affirmant vouloir faire évoluer progressivement son activité de cigarettier vers les produits sans fumée.
Le groupe indique avoir investi plus de 16 milliards de dollars depuis 2008 dans la recherche, le développement et la commercialisation de ces alternatives. Selon l'entreprise, ses produits sans fumée sont aujourd'hui commercialisés sur 108 marchés et utilisés par plus de 43 millions d'adultes à travers le monde.
Philip Morris International précise que ces produits ont représenté environ 43% de son chiffre d'affaires net au premier trimestre 2026.
Si l'entreprise défend la réduction des risques comme un levier complémentaire à la lutte contre le tabagisme, les intervenants ont rappelé que l'objectif de santé publique demeure inchangé : réduire le nombre de fumeurs. L'arrêt complet du tabac et de la nicotine reste la solution la plus bénéfique pour la santé.
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