LGV Marrakech-Agadir : études finalisées, financements recherchés pour un chantier à 55 milliards de DH
Près de 70 % des travaux devraient concerner le Haut Atlas, avec ponts et tunnels à construire, tandis que la section Kénitra-Marrakech affiche déjà 30 % d’avancement dans le cadre d’un programme ferroviaire global de 96 MMDH.
La future LGV Marrakech-Agadir entre dans une phase décisive. Les études préliminaires et d’exécution de cette deuxième étape du projet de ligne à grande vitesse ont été finalisées, a indiqué, lundi 25 mai 2026 à Rabat, le ministre du Transport et de la Logistique, Abdessamad Kayouh.
Répondant à des questions orales à la Chambre des représentants sur le transport ferroviaire, le ministre a précisé que le chantier Marrakech-Agadir devrait être l’un des plus complexes du programme, en raison de son passage par le Haut Atlas. Près de 70 % des travaux concerneront cette zone, notamment à travers la construction de ponts et de tunnels.
Le coût de cette extension est estimé à environ 55 milliards de DH. Le ministère et l’Office national des chemins de fer (ONCF) s’emploient actuellement à mobiliser des financements internationaux pour sa réalisation, a ajouté M. Kayouh.
Kénitra-Marrakech, première étape engagée
Cette annonce donne une nouvelle visibilité au prolongement de la grande vitesse vers le Sud, alors que la première section du programme, entre Kénitra et Marrakech, est déjà engagée. Le taux d’avancement du projet de LGV Kénitra-Marrakech a atteint 30 %, a indiqué le ministre.
Cette ligne, longue de 430 kilomètres, représente un investissement estimé à 53 milliards de DH. Elle s’inscrit dans un programme ferroviaire global avoisinant les 96 milliards de DH, présenté par le ministre comme le plus important investissement réalisé au Maroc dans le secteur ferroviaire au cours des dix dernières années.
Selon M. Kayouh, cette nouvelle génération de trains à grande vitesse doit permettre de réduire significativement les temps de trajet, en reliant notamment Rabat, Casablanca, l’aéroport Mohammed V et le grand stade de Benslimane à Marrakech.
Le trajet entre Tanger et Marrakech, actuellement d’environ 6 h 30, devrait être ramené à 3 h 30. La liaison Rabat-Tanger ne prendrait plus qu’une heure, contre 1 h 20 aujourd’hui. Le temps de trajet entre le centre de Rabat et l’aéroport Mohammed V serait réduit à 35 minutes, tandis que le trajet entre la gare de l’aéroport Mohammed V et le centre de Marrakech ne dépasserait pas 55 minutes.
Le programme comprend également l’acquisition de 168 nouveaux trains et la mobilisation de 14 milliards de DH pour le renforcement du système LGV et le maintien de la performance du réseau actuel.
RER, Trains Atlas et industrie ferroviaire
S’agissant des trains de proximité de type "RER", le ministre a indiqué que le taux d’avancement du projet avait également atteint 30 %. Il a qualifié ce niveau d’"important", compte tenu des délais de réalisation, des besoins croissants de mobilité urbaine, du développement du transport collectif, des impératifs environnementaux et de la congestion dans les villes.
Ces trains desserviront des gares de nouvelle génération. Sur l’axe Rabat-Kénitra-Skhirate, la fréquence annoncée est d’un passage toutes les dix minutes, afin d’alléger la pression sur le trafic routier et les autres moyens de transport.
Au sujet des trains conventionnels, M. Kayouh a indiqué que l’ONCF travaille sur un programme destiné à améliorer la qualité des "Trains Atlas", à travers l’acquisition et l’équipement de nouvelles voitures pour plus de 160 trains appelés à circuler sur les lignes actuelles, notamment entre Oujda et Marrakech.
Parmi les autres projets annoncés figure la construction d’une nouvelle usine à Benguérir, spécialisée dans la maintenance et la fabrication de locomotives ferroviaires, avec un taux d’intégration locale avoisinant 62 %. L’objectif est de produire une nouvelle génération de locomotives grâce à des compétences marocaines, avant une possible orientation vers l’export.
Concernant la qualité des services, le ministre a affirmé que le taux de ponctualité des trains dépasse désormais 87 %, tandis que les enquêtes réalisées auprès des usagers font ressortir un taux de satisfaction supérieur à 80 %.
à lire aussi

Article : Consulats : vaste mouvement dans les services aux Marocains de l’étranger
21 consuls généraux ont été nommés dans 11 pays, soit 35% du réseau concerné par cette rotation, avec près de 40% de femmes parmi les nouveaux responsables.

Article : Sénégal : Ahmadou Al Amine Lô nommé Premier ministre, Sonko élu président de l’Assemblée nationale
Le décret présidentiel a été publié lundi 25 mai 2026, quatre jours après le départ de l’ancien chef du gouvernement, qui a recueilli 132 voix sur 133 suffrages exprimés malgré le boycott d’une partie de l’opposition.

Article : Malgré un marché mondial sous tension, OCP maintient une marge brute de 60%
OCP affiche un chiffre d’affaires de 20,1 milliards de DH, en baisse de 6,9% sur un an, tout en maintenant des marges solides dans un marché mondial des engrais toujours sous tension. Les investissements ont dépassé 10 milliards de DH sur les trois premiers mois de l’année.

Article : La Sardaigne et Tanger Ville s’allient dans la nautique de luxe
L’accord prévoit un circuit intégré entre les deux destinations, avec promotion commune, services dédiés aux yachts et méga-yachts, simplification des procédures et coopération sur le refitting, les smart marinas et les biocarburants.

Article : Déchets : le grand chantier que le Maroc ne peut plus repousser (interview)
Alors que le Maroc a largement rattrapé son retard dans la collecte urbaine, la valorisation des déchets demeure l’un des angles morts de sa transition économique. À la tête de la COVAD, Mounir El Bari défend le passage d’une logique de gestion à une logique de filières, dans un contexte où les exigences européennes, la rareté des ressources et la préparation de 2030 font de l’économie circulaire un enjeu de souveraineté autant que de compétitivité.

Article : Moroccan Iron Steel obtient un plan de continuation sur dix ans
Placée en redressement judiciaire depuis mai 2025, Moroccan Iron Steel voit son plan de continuation homologué par le tribunal de commerce de Casablanca. Le sidérurgiste devra désormais respecter un échéancier judiciaire de règlement de son passif pour éviter la liquidation, avec des créanciers bancaires en embuscade.