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Berkane-Raja. Derrière le choc, la bataille invisible de l’arbitrage marocain

Ce mercredi 25 février (22 h), la Renaissance sportive de Berkane accueille le Raja Club Athletic dans un choc en retard de la 7e journée. Au-delà de l’enjeu comptable, le climat autour de l’arbitrage qui accompagne cette rencontre pose une question centrale : les clubs peuvent-ils réellement influencer les décisions des hommes en noir ?

Berkane-Raja. Derrière le choc, la bataille invisible de l’arbitrage marocain
Chady Chaabi
Le 25 février 2026 à 16h38 | Modifié 25 février 2026 à 16h47

La Renaissance sportive de Berkane reçoit le Raja Club Athletic, ce mercredi 25 février 2026 (22 h), au Stade municipal de Berkane. Une affiche de prestige, à multiples enjeux, mais entachée par des polémiques d’arbitrage avant même le coup d’envoi.

Sur le plan sportif, le contexte est brûlant. Quatre équipes se partagent actuellement la tête du classement avec 23 points, dont le Raja (12 matchs joués).

La RS Berkane occupe quant à elle la 6e place avec 17 points, mais avec quatre matchs de moins, ce qui laisse entrevoir une remontée possible en cas de série positive.

Berkane-Raja. Derrière le choc, la bataille invisible de l’arbitrage marocain

À cet enjeu comptable s’ajoute l’attrait sportif, avec notamment la présence de la jeune pépite du Raja, Yahya Iguiz. Mais au final, c'est l’arbitrage qui retiendra le plus l’attention.

Les officiels seront-ils capables de rester totalement imperméables au climat délétère qui entoure la discipline ces derniers jours ?

Théoriquement, les arbitres doivent appliquer les lois du jeu avec impartialité et respecter des protocoles stricts. Dans les faits, le climat généré par les clubs, les communiqués et les débats médiatiques crée une tension réelle.

Une pression psychologique susceptible d’affecter la perception ou l’assurance même des arbitres les plus expérimentés. Ou pas. Mais avant d’y répondre, contextualisons.

Le Raja conteste les décisions de son dernier match

Mardi 24 février, le Raja de Casablanca a publié un communiqué officiel pour contester certaines décisions prises lors de son dernier match contre l’Ittihad de Tanger (13e journée). Le club pointe notamment :

  • une décision de hors-jeu à la 55e minute, jugée erronée selon les données techniques disponibles ;
  • l’absence d’un penalty après une intervention dans la surface de réparation.

Dans sa communication, le Raja affirme vouloir préserver ses droits par les voies légales et institutionnelles, tout en sollicitant des clarifications de la part des instances compétentes.

Reste que lors de cette même rencontre, l’expulsion rapide de Bilal El Ouadghiri (32’) a pesé lourd dans le scénario du match. Une décision jugée sévère par certains observateurs et qui a facilité la victoire des Verts.

La réponse de la Direction technique nationale de l’arbitrage n’a, elle, pas tardé. Vingt-quatre heures plus tard, plusieurs sanctions tombaient :

  • le juge central Nofal Nashit, suspendu pour cinq matchs ;
  • le responsable VAR Abdelrahim Rakhiz, suspendu pour quatre matchs ;
  • les arbitres assistants Boughza Ikn, Abdelrazak El Motameni et Mustapha Abikhar, suspendus pour trois matchs chacun.

Dans son communiqué, l’instance précise que "ces mesures visent à garantir l’application correcte des lois du jeu et à renforcer l’intégrité et la transparence dans la gestion des compétitions". Un timing et une ampleur des sanctions qui interrogent.

Car en agissant ainsi, la Direction nationale de l’arbitrage place inévitablement sous une pression supplémentaire Saïd Boujidi, arbitre central de la rencontre de ce mercredi, et donne quelque part raison au Raja.

Berkane-Raja. Derrière le choc, la bataille invisible de l’arbitrage marocain

Une pression de plus en plus intense

Contacté par Médias24, un ancien arbitre marocain n’y va pas par quatre chemins. "Un communiqué de club est évidemment fait pour mettre la pression sur l’arbitre. Même avec toutes les bonnes volontés du monde, les arbitres sont forcément impactés par la situation".

Surtout que la pression ne vient pas uniquement des clubs. Elle est peut-être même encore plus grande lorsqu’il s’agit de l’instance dont ils dépendent.

"La commission d’arbitrage est au fait du sujet et demande aux arbitres d’être encore plus performants après de telles péripéties", précise notre interlocuteur.

Même s’il défend en filigrane la corporation des arbitres dont il a fait partie pendant des années, il s’interroge toutefois sur ce qu’il perçoit comme une forme d’incohérence dans la gestion des sanctions.

"Je ne comprends pas pourquoi la commission a décidé de suspendre les arbitres du match du Raja après le communiqué de ce dernier. Si c’est le cas, elle devrait revenir sur toutes les erreurs, notamment le penalty non accordé à l’Olympique Dcheira contre le Wydad Athletic Club. Il fallait le faire, même si le WAC avait gagné 5 à 0".

Dès lors, est-il possible d’éviter à l’avenir ce type de situation et d’alléger la pression qui pèse sur les épaules des hommes en noir ?

Pour certains observateurs, dont notre interlocuteur, la solution passe par un encadrement plus strict des communications des clubs. "Afin d’éviter ces formes de pression, il faut absolument mettre en place des sanctions pour dissuader les clubs de recourir à ce genre de manœuvre", conclut-il.

Une piste qui ne résoudrait toutefois pas tout. Car au-delà des communiqués des clubs, les arbitres restent soumis à une pression institutionnelle et médiatique constante, comme en témoignent les suspensions précédentes.

Au final, même si un arbitre ne prend pas ses décisions en fonction d’un communiqué, il demeure humain, sensible au contexte qui l’entoure.

Dans un championnat serré et sous tension, chaque décision compte. Et la pression des clubs, visible ou diffuse, constitue un facteur bien réel.

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Chady Chaabi
Le 25 février 2026 à 16h38

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