Inondations à Ksar El Kébir : le récit de Mohamed Simou
Face à des précipitations d'une intensité historique, le nord du Royaume – et particulièrement les régions de Ksar El Kébir, Larache et Tétouan – traverse une crise climatique sans précédent. Entre évacuations massives et appels à la fraternité nationale, le point sur une situation qui mobilise toutes les forces vives du pays.
Le constat dressé par les acteurs locaux, dont Mohamed Simou, président du conseil de la ville de Ksar El Kébir est sans appel : la région subit des crues exceptionnelles. Il s'agit d'une montée des eaux fulgurante alimentée par les oueds et les reliefs environnants. "Les anciens disent n'avoir jamais vu une telle pluie, et nous non plus", a déclaré le président à Médias24, qualifiant l'événement de force majeure relevant de la volonté divine.
Dans les zones rurales les plus isolées, comme à Boushten, Ben Mansour, Derrabla ou Swaken, les secours sont à pied d’œuvre. Les forces de l'ordre utilisent des embarcations pneumatiques (Zodiac) pour atteindre les douars encerclés, épaulées par la solidarité des agriculteurs qui mettent leurs tracteurs à disposition pour les opérations de sauvetage.
Alors que les centres urbains ont été évacués pour prévenir tout drame humain, la ville de Ksar El Kébir présente un visage de désolation. Dans les rues désertes, le travail des autorités ne s'arrête pas pour autant. Des patrouilles de police sillonnent désormais les quartiers à la recherche des personnes les plus vulnérables.
L'objectif de ces tournées est de localiser des malades mentaux, des personnes âgées isolées ou tout citoyen n'ayant pas réagi aux alertes initiales d'évacuation. Dans ce climat d'urgence, chaque porte est vérifiée pour s'assurer que personne ne reste prisonnier de la montée des eaux.
La solidarité s'organise également au niveau des infrastructures de l'État. Écoles, maisons de jeunes, centres culturels et camps de vacances ont été transformés en centres d'accueil d'urgence pour les sinistrés.
C'est dans ce contexte qu'un appel vibrant est lancé à la population tangéroise. Mohamed Simou exhorte les habitants de la ville du détroit à faire preuve de la même ferveur et de la même générosité que lors des grandes marches de solidarité avec Gaza.
"La fraternité dont les Tangérois ont fait preuve pour des causes lointaines doit aujourd'hui se manifester avec la même force pour leurs voisins et compatriotes qui ont tout perdu", souligne-t-on sur le terrain.
Malgré les efforts de l'État, des promoteurs immobiliers qui ouvrent leurs logements tout comme des citoyens anonymes, l'inquiétude demeure. Mohamed Simou avertit que "le plus dur est peut-être devant nous", pointant du doigt les risques de coupures de routes prolongées et les besoins croissants en couvertures et en denrées alimentaires.
Les regards se tournent désormais vers le sommet de l'État et la population marocaine. En cas de pertes matérielles conséquentes à Ksar El Kébir, Mohamed Simou espère le même mouvement de solidarité que celui dont a fait preuve le peuple marocain dans toutes ses composantes à la suite du séisme d'Al Haouz. Pour l'heure, la priorité reste la protection des vies humaines, alors que la météo ne montre aucune clémence pour les jours à venir.
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