Sécurité ferroviaire : l’ONCF vise une réduction de 60% des incidents d’ici 2030
La directrice du département de planification stratégique de la sécurité de l’ONCF, Wiame Ghrabi, a dévoilé le contenu de la feuille de route qui permettra de renforcer la sécurité du parcours de ses clients à l’horizon 2030, à l'occasion du Congrès mondial de la sûreté ferroviaire.
"Actuellement, nous disposons de 1.400 agents de surveillance et de 190 agents de police ferroviaire censés identifier tout comportement pouvant perturber le bon déroulement d’un voyage", a déclaré la directrice du département de planification stratégique de la sécurité de l’ONCF. Elle intervenait dans le cadre du Congrès mondial de la sûreté ferroviaire qui s'est tenu à Rabat ces 3 et 4 décembre.
Wiame Ghrabi ajoute que ces agents assurent, le cas échéant, la coordination des interventions avec leurs partenaires de sûreté externe, à savoir la Gendarmerie royale, la DGSN et les autorités locales.
En outre, le réseau ferroviaire, qui est découpé en dix sites de sûreté, compte un système de vidéosurveillance nationale constitué de 2.029 caméras opérationnelles 24 h/24 et 7 j/7, qui couvrent toutes les gares classiques ainsi que celle de la ligne LGV entre Tanger et Casa-Voyageurs.
"Parvenir à une réduction de 60% des incidents dans les 5 ans"
Confrontée à plusieurs défis sécuritaires dus à la hausse constante de flux de passagers découlant de l’expansion du réseau classique et des LGV nécessaires pour préparer les futurs grands événements sportifs, l’ONCF est en train de mettre en place une nouvelle génération de capacités de sûreté.
"L’ONCF a lancé une feuille de route qui instaurera d’ici 2030 un haut niveau de sûreté, permettant d’assurer la fiabilité du service sur l’ensemble du réseau grâce à un système piloté par la donnée et une coopération interservices renforcée", a précisé Wiame Ghrabi qui table sur une réduction d’au moins 60% des incidents avec 100% des sites ferroviaires connectés au système central de surveillance.
Passer d’une logique de réaction à la prévention active
Pour cela, le parc de caméras dans les gares sera porté à 4.400 unités, tandis que la vidéosurveillance sera étendue à bord de tous les nouveaux trains acquis, avec 168 rames dotées de 3.630 caméras.
Afin de passer d’une logique de réaction à une action de prévention, l’outil digital sera renforcé avec des drones connectés de surveillance qui effectueront des rondes pour identifier les zones vulnérables, l’intégration croissante de l’intelligence artificielle pour visualiser les incidents, la mise en place d’un système d’hypervision national avec des capteurs et, enfin, le déploiement d’une fibre optique intelligente permettant de détecter en temps réel toutes les intrusions illégales sur le réseau.
En 2030, la sûreté ferroviaire sera donc capable d’anticiper et de neutraliser les risques avant leur matérialisation, grâce à un réseau totalement digitalisé, offrant un modèle de sûreté exportable.
Premiers résultats de la feuille de route
S’il faudra attendre 2030 pour garantir une mobilité sécurisée avec un minimum d'incidents ferroviaires, les premières actions de la feuille de route ont déjà permis en 2025, selon la directrice du pôle de planification stratégique de la sécurité, d’améliorer les performances sécuritaires de l’ONCF.
Ainsi, les premiers résultats montrent que les incidents de circulation ont baissé de 7%, les trains supprimés à cause de problèmes sécuritaires ont diminué de 40%, et la protection des infrastructures a permis une baisse de 40% des préjudices et de 13% des actes hostiles d’environnement.
À découvrir
à lire aussi
Article : EXCLUSIF : les grands chantiers d'Amine Benabdallah à la tête de la Cour constitutionnelle
Récemment nommé par le Roi Mohammed VI à la présidence de la Cour constitutionnelle, Mohamed Amine Benabdallah, éminent universitaire et spécialiste du droit public, livre à Médias24 sa première grande interview dans ses nouvelles fonctions. Contrôle de constitutionnalité, exception d'inconstitutionnalité, intelligence artificielle, démocratie, élections et grands défis institutionnels du Royaume : le nouveau président revient sur toutes les missions de cette institution-clé et partage sa vision de l'évolution constitutionnelle du Maroc. Entretien exclusif.
Article : Le Roi Mohammed VI décore Nawal Sfendla du Wissam Al Moukafaa Al Watania de l’ordre d’Officier
Le Souverain a reçu, lundi au palais royal de Rabat et a décoré Mme Nawal Sfendla du Wissam Al Moukafaa Al Watania de l’ordre d’Officier.
Article : Retraites : la CIMR examinée le 15 juin, mais la réforme attendra sans doute un autre gouvernement
Après la CNSS, la CMR et le RCAR, la commission technique arrive au bout du diagnostic des régimes. Mais entre le calendrier électoral, les désaccords avec les syndicats et les arbitrages encore flous, le chantier ouvert depuis 2003 semble une nouvelle fois rattrapé par le temps politique. Round up.
Article : Mondial 2026 : beIN Sports promet plus de 17 heures de direct par jour
Le diffuseur proposera en direct les 104 matchs de la compétition dans la région MENA, dont le Maroc, du 11 juin au 19 juillet. Six chaînes MAX, une couverture en arabe, français et anglais, ainsi que 18 reporters déployés en Amérique du Nord doivent accompagner cette édition élargie à 48 équipes.
Article : CMT : Tighza, la mine presque centenaire qui vaut encore de l’or
Depuis le début de 2026, l’action de la Compagnie minière de Touissit a presque triplé, portée par la bonne tenue du plomb, du zinc et de l’argent. À Mrirt, le site de Tighza continue d’extraire, d’explorer et de s’étendre, avec 357.470 tonnes de minerai produites en 2025 et un cinquième puits appelé à renforcer les volumes. CMT regarde désormais au-delà de son actif historique, avec des projets dans le cuivre, le graphite et l’antimoine.
Article : L'image comme arme : coordination visuelle et mèmes dans la guerre narrative autour de l'OTAN (4/4)
Ce quatrième et dernier volet de la série consacrée à 62 jours de surveillance du débat anglophone sur Twitter/X autour de l'OTAN et de la crise iranienne est consacré à l'analyse de l'image. Le diagnostic textuel est incomplet, les narratifs les plus actifs visuellement sont invisibles aux outils standards. Ce que les trois volets précédents ont cartographié dans le texte, ce volet le cartographie dans l'image.