img_pub
Rubriques
Publicité
Publicité
AGRICULTURE

Campagne agricole 2025-2026 : un démarrage timide, suspendu au retour des pluies

La campagne agricole 2025-2026 démarre dans la circonspection. Contactés par Médias24, différents professionnels du secteur assurent que les agriculteurs, éprouvés par plusieurs années de sécheresse et affaiblis financièrement, attendent les premières pluies pour lancer leurs travaux.

Le démarrage de la campagne agricole 2025-2026 est suspendu aux premières pluies
Le démarrage de la campagne agricole 2025-2026 est suspendu aux premières pluies
Par
Le 8 septembre 2025 à 16h45 | Modifié 8 septembre 2025 à 17h40

La campagne agricole 2025-2026 n’a pas encore officiellement débuté, mais son lancement est imminent. À ce stade, les préparatifs ne sont engagés que de manière très limitée dans quelques régions.

Les agriculteurs en attente des premières pluies

La nouvelle campagne devrait démarrer dans les trois prochains mois", nous explique le Dr Yassine Jamali, agriculteur, éleveur et vétérinaire. "Si les pluies arrivent tôt, elles pourraient débuter dès fin septembre ou début octobre, mais dans le cas contraire, il faudra attendre novembre, voire décembre", précise-t-il, en rappelant que le calendrier varie d’une région à l’autre.

Pour l’heure, il juge le démarrage "relativement normal", mais tout reste suspendu aux précipitations. "Les agriculteurs attendent un à deux épisodes pluvieux pour permettre à l’humidité de s’infiltrer dans le sol avant de commencer les labours", ajoute-t-il.

Même son de cloche chez Rachid Benali, président de la Comader. Ce dernier nous explique "qu'il est encore trop tôt pour parler d'un démarrage effectif", les préparatifs n'ayant pas encore commencé dans plusieurs régions."

Les grandes exploitations entament les préparatifs

Abdelmoumen Guenouni, ingénieur agronome, nous précise pour sa part que seuls les grands exploitants, disposant de moyens financiers et de matériel performant, ont pu commencer quelques préparatifs.

"Le démarrage de la campagne est donc timide, d'autant que les conditions sont difficiles pour tout le monde. Après ces années de sécheresse, les trésoreries sont à sec".

Et d'ajouter : "Avec la sécheresse, les terres sont devenues trop lourdes et trop sèches, en surface comme en profondeur. Les travailler dans ces conditions n’est donc pas évident".

En conséquence, la majorité des agriculteurs restent dans l’expectative. "Chaque année, les agriculteurs doivent mettre de l'argent pour semer et préparer leurs champs. Beaucoup n’ont plus les moyens de le faire à nouveau sans l’aide de la pluie", estime Abdelmoumen Guenouni.

Saïss, une région sous pression

Cette attente est confirmée dans différentes régions, notamment celle du Saïss. Contacté par Médias24, Moha Oustouh, ingénieur agronome, nous rappelle que "août et septembre marquent habituellement le début de la saison agricole". 

"Avant ces années de sécheresse, nous étions habitués à lancer la campagne dès cette période. On attendait les premières pluies pour labourer, préparer les engrais et semer les cultures. Mais aujourd’hui, les conditions sont loin d’être favorables. Cela fait cinq mois qu’il n’a pas plu dans notre zone. Les températures restent autour de 37-38°C. Les eaux des nappes sont surexploitées, au point de devenir saumâtres, donc inadaptées à l’agriculture", alerte-t-il.

Les chiffres confirment cette tendance. "Dans les années 1980, la région de Meknès enregistrait en moyenne 524 mm de pluie par an. Aujourd’hui, sur les dix dernières années, on ne dépasse pas 250 mm, soit moins de la moitié".

"Les pluies tombent parfois dans des régions non agricoles, ce qui alimente les barrages et les nappes phréatiques certes, mais dans les zones réellement agricoles, où la population dépend directement de la production, elles sont presque absentes. Cela met les ressources en eau sous une pression extrême", souligne Moha Oustouh.

"Il n’a pas plu ni à la fin du printemps ni durant l’été. L’inquiétude domine donc parmi les agriculteurs", conclut-il.

Le lancement effectif de la campagne agricole 2025-2026 dépendra donc du retour des précipitations. Selon les prévisions pour les dix prochains jours, des averses orageuses sont attendues sur l'Atlas, le Sud-Est, l'Oriental et les provinces sahariennes, ainsi que sur le Saïss.

Si vous voulez que l'information se rapproche de vous Suivez la chaîne Médias24 sur WhatsApp
© Médias24. Toute reproduction interdite, sous quelque forme que ce soit, sauf autorisation écrite de la Société des Nouveaux Médias. Ce contenu est protégé par la loi et notamment loi 88-13 relative à la presse et l’édition ainsi que les lois 66.19 et 2-00 relatives aux droits d’auteur et droits voisins.
Par
Le 8 septembre 2025 à 16h45

à lire aussi

“Escobar du Sahara” : ce que les accusés doivent payer à l'Etat
DROIT

Article : “Escobar du Sahara” : ce que les accusés doivent payer à l'Etat

Au-delà des peines privatives de liberté, le verdict comporte un important volet pécuniaire. Les condamnés devront verser près de 8,5 milliards de dirhams à l'Administration des douanes, auxquels s'ajoutent des confiscations d'avoirs, des sanctions pour infractions à la réglementation des changes et des condamnations civiles.

Affaire Naciri-Bioui, le verdict : jusqu'à 12 ans de réclusion pour les principaux accusés
DROIT

Article : Affaire Naciri-Bioui, le verdict : jusqu'à 12 ans de réclusion pour les principaux accusés

Abdenbi Bioui a été condamné à 12 ans de réclusion criminelle. Saïd Naciri a, quant à lui, été condamné à 10 ans de réclusion. Les premiers détails.

Affaire “Escobar du Sahara”:  huit heures après la clôture de l'audience, toujours pas de verdict
DROIT

Article : Affaire “Escobar du Sahara”: huit heures après la clôture de l'audience, toujours pas de verdict

CASABLANCA. Il est un peu plus de 19 heures ce jeudi 25 juin et le verdict dans l'affaire "Escobar du Sahara" ou "Naciri-bioui" impliquant Said Naciri et Abdenbi Bioui se fait toujours attendre.

Casablanca : la plage de Aïn Diab envahie de déchets, des interrogations sur leur origine
Quoi de neuf

Article : Casablanca : la plage de Aïn Diab envahie de déchets, des interrogations sur leur origine

Des déchets plastiques, des emballages et des caisses endommagées jonchent depuis plusieurs jours la plage de Aïn Diab. Si l'origine de cette pollution reste inconnue, les images recueillies par Médias24 relancent les interrogations sur les rejets en mer.

Ebola en RDC : un premier vol marocain achemine 9 tonnes de matériel à la MONUSCO
Quoi de neuf

Article : Ebola en RDC : un premier vol marocain achemine 9 tonnes de matériel à la MONUSCO

Un avion militaire marocain a livré à Bunia neuf tonnes de matériel médical, pharmaceutique et logistique destinées à appuyer les opérations de la MONUSCO face à l’épidémie d’Ebola en Ituri. Une deuxième rotation est prévue dans les prochains jours avec du matériel complémentaire et une équipe médicale marocaine spécialisée.

Dispositif national d’alerte précoce : ce qui bloque, ce qui va changer d'ici 2027
Environnement

Article : Dispositif national d’alerte précoce : ce qui bloque, ce qui va changer d'ici 2027

Pour sa deuxième journée, la consultation nationale sur les systèmes d’alerte précoce a mis en lumière les lacunes persistantes en matière d’évaluation des risques et de surveillance. Le nouveau dispositif national, prévu avant 2027, devrait tracer une refonte totale adossée à la promesse d'une coordination institutionnelle interopérable.

Médias24 est un journal économique marocain en ligne qui fournit des informations orientées business, marchés, data et analyses économiques. Retrouvez en direct et en temps réel, en photos et en vidéos, toute l’actualité économique, politique, sociale, et culturelle au Maroc avec Médias24

Notre journal s’engage à vous livrer une information précise, originale et sans parti-pris vis à vis des opérateurs.

Toute l'actualité