Une étude dévoile l’armure spectaculaire de Spicomellus afer, dinosaure du Moyen Atlas
Des fossiles récemment découverts près de Boulemane, dans le Moyen Atlas marocain, révèlent que Spicomellus afer, un dinosaure du Jurassique moyen, était recouvert de pointes osseuses uniques et possédait une arme de queue précoce, modifiant notre compréhension de l’évolution des ankylosaures.
Spicomellus afer est un dinosaure ankylosaure ayant vécu il y a plus de 165 millions d’années. La première description de l’espèce, reposant sur un os de côte unique, avait été publiée en 2021, mais la nouvelle étude, publiée le 27 août 2025 dans la revue Nature, révèle que cet animal possédait des piques osseuses fusionnées à ses côtes et autour du cou, certaines mesurant jusqu’à un mètre, ainsi qu’une queue probablement équipée d’une arme, ce qui montre que ces caractéristiques existaient beaucoup plus tôt que ce que les chercheurs imaginaient.
Une armure spectaculaire aux multiples fonctions
Les analyses détaillent une diversité de plaques et de piques couvrant tout le corps de Spicomellus, avec des pointes longues de 87 centimètres, de grandes piques projetées au-dessus des hanches et une armure composée de doubles piques et de plaques sur les épaules.
Selon le professeur Susannah Maidment du Natural History Museum de Londres et de l’Université de Birmingham, co-responsable de l’étude, "trouver une armure aussi élaborée chez un ankylosaure aussi ancien change notre compréhension de l’évolution de ces dinosaures et montre l’importance des dinosaures africains", peut-on encore lire dans la revue Nature.
Le professeur Richard Butler, de l’Université de Birmingham et co-responsable du projet, ajoute que l’examen des fossiles a été "saisissant", révélant un animal extrêmement différent de tout ce que l’on connaît, vivant ou disparu, et remettant en question les idées reçues sur l’évolution des ankylosaures.
Les chercheurs estiment que ces piques servaient autant à l’affichage pour attirer des partenaires ou intimider des rivaux qu’à la protection contre les prédateurs, une fonction inédite chez les ankylosaures connus ultérieurement.
Fossiles conservés et enseignements pour la paléontologie
La préparation et l’étude des fossiles ont été réalisées à la Faculté des sciences Dhar El Mahraz de l’Université Sidi Mohamed Ben Abdellah de Fès, grâce à un équipement scientifique fourni par le Research England International Strategy and Partnership Fund de l’Université de Birmingham.
Les fossiles sont désormais catalogués et conservés sur ce site. Pour le professeur Driss Ouarhache, chef de l’équipe marocaine, "cette découverte contribue au développement des sciences au Maroc et montre la richesse encore inexplorée du Moyen Atlas".
Les auteurs soulignent que la combinaison d’une queue armée et d’une armure complexe montre que plusieurs traits clés des ankylosaures existaient déjà au Jurassique moyen, bien avant les espèces du Crétacé.
Selon eux, cette trouvaille illustre l’importance du registre fossile pour comprendre l’évolution, la distribution géographique des dinosaures et les caractéristiques étonnantes de Spicomellus, tout en rappelant le rôle central des recherches menées par le Natural History Museum dans l’étude de l’évolution de la vie sur Terre.
à lire aussi
Article : Taux d’activité, le grand problème sous-estimé du marché de l’emploi marocain
Depuis vingt-cinq ans, le taux d’activité recule continuellement, révélant une sortie silencieuse d’une partie de la population en âge de travailler du marché du travail. Le phénomène est particulièrement marqué dans le monde rural, chez les femmes et parmi les jeunes.
Article : Souveraineté navale. Comment le Maroc a réinventé sa défense en mer
Après une longue période de déclassement naval, le Maroc a engagé, sous le règne de Mohammed VI, une modernisation progressive de sa Marine royale. Loin d’une course aux bâtiments lourds, Rabat privilégie une flotte plus agile, adaptée à la surveillance d’un vaste domaine maritime et aux menaces asymétriques. Une doctrine de souveraineté fondée moins sur l’affichage de puissance que sur l’efficacité opérationnelle.
Article : Tanger et Casablanca, vitrines du potentiel industriel marocain pour les entreprises basques
Une délégation réunissant une vingtaine de sociétés du Pays basque espagnol, aux côtés de leur chambre de commerce et des autorités provinciales, a multiplié cette semaine les visites de sites majeurs, dont les usines de Stellantis et Renault, ainsi que les échanges avec la GEM, afin d’identifier des débouchés concrets dans l’automobile, l’aéronautique et les équipements industriels.
Article : Les États-Unis le réaffirment : l'autonomie, “unique base d'une solution juste et durable” au Sahara
Les États-Unis ont réaffirmé, mercredi 29 avril 2026, leur "reconnaissance de la souveraineté du Maroc sur le Sahara" et leur soutien à l’initiative marocaine d’autonomie comme "l’unique base d’une solution juste et durable" à ce différend.
Article : Officiel: Holmarcom prendra le contrôle de la BMCI et la fusionnera avec Crédit du Maroc
Holmarcom reprendra la totalité des parts de BNP Paribas dans la BMCI. L'accord a été signé ce mercredi 29 avril 2026. La finalisation est annoncée pour le quatrième trimestre 2026, sous réserve bien sûr des autorisations réglementaires. Après Crédit du Maroc, Holmarcom réalise une deuxième opération d'éclat.
Article : À Casablanca, une page se tourne dans une partie de l'ancienne médina
Les engins de chantier se sont tus, laissant place à un silence saisissant. Dans les secteurs de Mouha Ou Saïd et d’An-Nazala, les démolitions sont désormais achevées. Ce vide immense donne la mesure du projet de l’avenue Royale, entre mémoire des lieux, relogement des habitants et recomposition du cœur de Casablanca.