CHAN 2024. Maroc-Madagascar, une finale pour l’histoire
L’équipe du Maroc des joueurs locaux a rendez-vous avec l’histoire, ce samedi 30 août à Kasarani au Kenya (16h), en finale du Championnat d’Afrique des nations 2024 face à Madagascar. En cas de victoire, le Maroc deviendrait la sélection la plus titrée de la compétition. Mais les Malgaches, 3ᵉ en 2022, n’ont aucune intention de se laisser faire.
Maroc-Madagascar: un affrontement plein d'émotions, d'incertitudes et d'enjeux. Le Maroc a fait honneur à son statut de favori dans le Championnat d’Afrique des nations 2024. Malgré les nombreux écueils, la bande à Tarik Sektioui s’est invitée à la finale du CHAN, qui aura lieu ce samedi 30 août au Moi international stadium à Kasarani, au Kenya, contre Madagascar.
Ce sera la troisième finale pour le Maroc lors des quatre dernières éditions. Injustement écartée du tournoi qui s’est déroulé en Algérie en 2022, l’équipe marocaine s’est à chaque fois imposée à ce stade de la compétition, que ce soit en 2018 au Maroc ou en 2020 au Cameroun.
Des résultats qui dessinent un certain savoir-faire en matière de gestion des émotions et du stress inhérents à ce genre de rendez-vous. Mais aussi une forme de domination à l’échelle continentale, même si l’absence de l’Égypte tend à relativiser ce constat.
En tous les cas, afin de prolonger cette dynamique positive, le sélectionneur national, Tarik Sektioui, pourra compter sur l’ensemble de son groupe, hormis Abdelhaq Assal et Ayoub Mouloua, forfaits pour cause de blessure. De toutes façons, le technicien marocain n’est pas à une contrariété près.
Maroc: des obstacles sur le parcours
Lui qui a préparé cette compétition depuis dix mois avec un groupe de joueurs triés sur le volet, avant qu’il ne soit dans l’obligation de chambouler sa composition en raison du mercato estival. Le natif de Fès a aussi pour lui sa faculté à insuffler sérénité et confiance à une équipe qui a essuyé une défaite puis une pluie de critiques dès le deuxième match de la phase de groupe contre le Kénya.
Si certains observateurs ne donnaient plus cher de la peau des Lions de l’Atlas version Botola, le staff est quant à lui toujours resté droit dans ses bottes, sans jamais paniquer. Et ce même lorsqu’il fallait disputer un quart de finale avec un seul défenseur central de métier.
On ne saura jamais si le Maroc aurait tout de même battu le tenant du titre sénégalais en demi-finale, si l’arbitre de la rencontre avait expulsé Marouane Louadni, qui était en position de défenseur. Mais ce dont on peut être sûr, c’est que les joueurs marocains n’auraient rien lâché, quand bien même ils se seraient retrouvés en infériorité numérique.
En filigrane, l’affiche de cette finale est un hommage à la résilience des deux équipes. Car Madagascar n’a pas non plus volé sa place. Pour leur première participation au CHAN, en Algérie, les Malgaches ont, contre toute attente, atteint le dernier carré où ils ont buté face au Sénégal qui allait devenir champion.
Mais les hommes de Romuald Rakotondrabe se sont consolés en remportant la petite finale pour terminer sur la dernière marche du podium. Pour cette édition, les Malgaches avaient à cœur de prouver que cet exploit n’était pas qu’un feu de paille. Une tâche ardue, d’autant que les adversaires savent désormais à quoi s’attendre et que l’effet de surprise s’est dissipé.
Cela s’est confirmé dès la phase de groupe où Madagascar a composté son billet pour le second tour, non sans mal à la dernière journée. Dans les matchs couperets, le Madagascar a d’abord écarté le Kenya chez lui, avant de faire montre d’une immense force de caractère pour éliminer le Soudan en prolongation, en infériorité numérique.
Maroc-Madagascar : un choc entre deux équipes déterminées
Expérimentée (27,9 de moyenne d’âge, 3e la plus élevée de la compétition), Madagascar est une équipe qui ne se désunit pas et ne lâche jamais le morceau. Elle sera difficile à manier, même si sur le papier, le Maroc se doit de l’emporter.
"Certes, nous avons un avantage car le championnat marocain est meilleur que celui malgache, mais ce n’est pas très significatif par rapport au match de demain", indique le sélectionneur marocain, en conférence de presse d’avant-match.
Car au-delà de la qualité intrinsèque des joueurs, "la motivation et la forme des joueurs auront un rôle à jouer. Et je peux vous assurer que mes joueurs le sont énormément en vue de cette rencontre", a-t-il ajouté. Il n’a pas tout à fait tort ni totalement raison. Les Malgaches seront sans doute euphoriques, portés par le souffle qui pousse dans le dos ceux que l’on n'attendait pas mais qui sont quand même là.
Mais, en face, le Maroc dispose d’une panoplie d’armes offensives et défensives pour réduire à néant les rêves malgaches. Surtout que c’est une équipe joueuse, qui ne craint pas d’attaquer en nombre, quitte à se découvrir.
Madagascar, une équipe joueuse quitte à se découvrir défensivement
En ce sens, il n’est pas surprenant de constater que Madagascar possède la deuxième meilleure moyenne de tirs tentés dans la compétition (10,8 par match) derrière le Maroc (11,6). Les travaux d’approche des Malgaches sont multiples. Mais, ils sont plus à l’aise lorsqu’il s’agit de se projeter rapidement vers l’avant.
En phase de construction, ils s’attachent particulièrement à mettre leur ailier dans les meilleures dispositions, c’est-à-dire dans une situation de un contre un, qu’affectionne l’ailier droit, Solomampionona Razafindranaivo et l’avant-centre, Fenohasina Gilles Razafimaro.

La ligne défensive de l’équipe nationale serait inspirée de garder toujours un œil sur ces deux joueurs, en essayant du mieux possible de ne pas les laisser libres et dans le sens du jeu. De l’autre côté du terrain, les Lions de l’Atlas auront des possibilités à exploiter. Surtout que les Malgaches attaquent en nombre et ne brillent pas par leur repli défensif.
Sur certaines situations de jeu, il suffira d’une passe vers l’avant à la récupération pour éliminer jusqu’à cinq joueurs malgaches. Bien évidemment, les chiffres bruts racontent une autre histoire. Celle d’une équipe qui n’a encaissé que quatre buts en six rencontres.
Mais il suffit de gratter un peu derrière le vernis pour se rendre compte que sans la maladresse adverse, Madagascar aurait pu en encaisser une dizaine. La faute donc aux attaquants adverses, mais aussi grâce aux prouesses de leur portier, Michel Ramandimbisoa.

Auteur du plus grand nombre d’arrêts parmi les gardiens ayant atteint le dernier carré (26), le gardien de 39 ans a évité à ses coéquipiers au moins quatre buts grâce à ses arrêts. En revanche, il est limité dans le domaine aérien. Une piste supplémentaire pour le Maroc en vue de décrocher un troisième sacre continental.

CHAN 2024. Finale Maroc-Madagascar : quelle heure, quelles chaînes
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