Maroc-Niger : les billets épuisés, le marché noir explose
Les billets du match Maroc-Niger se vendent au marché noir à des prix très supérieurs, malgré l’interdiction de la revente à tarif majoré.
À peine lancée le mardi 26 aout, la billetterie pour le match Maroc-Niger a été clôturée ce mercredi 27 août dans la matinée. En moins de 24 heures, tous les tickets ont été vendus. Le match prévu le vendredi 5 septembre 2025 au complexe sportif Prince Moulay Abdellah à Rabat se jouera donc à guichets fermés, du moins en théorie. Il n'est pas prévu de ventes supplémentaires, selon la FRMF.
Cependant, le marché noir prospère. Les tickets de la catégorie 2, initialement à 200 DH, se revendent jusqu’à 500 DH, voire 1.000 DH, soit cinq fois le prix d’origine. La catégorie 1, à 300 DH, atteint 1.000 DH.
Le salon hospitalité, vendu 1.000 DH sur le site Webook, se négocie entre 2.000 et 3.000 DH sur le marché noir.
Il suffit de taper “Maroc-Niger” sur Marketplace ou sur le site d’intermédiation Avito pour constater l’ampleur du phénomène. Les offres apparaissent en masse, à des prix très supérieurs à ceux fixés officiellement. En voici quelques exemples :
Une pratique interdite
Cette revente à prix majoré est pourtant interdite. La réglementation en vigueur ne prévoit pas un texte spécifique pour sanctionner ce qu’on appelle le “scalping”, mais les règles des organisateurs et les conditions générales des billets interdisent strictement cette pratique.
Sur Webook, plateforme officielle et exclusive de vente des billets de ce match, les conditions générales d’acquisition et d’utilisation des billets (CGAU) précisent que “le billet constitue une autorisation révocable et ne peut être utilisé par l’acheteur et/ou ses accompagnateurs à des fins promotionnelles ou commerciales sans l’accord préalable écrit de la FRMF”.
En cas de non-respect, “les autorités se réservent le droit d’annuler le billet, d’exiger son retour, de refuser l’admission ou d’expulser une personne en violation de ces conditions, et ce, sans aucun remboursement”.
Autrement dit, il est interdit de revendre un billet, de l’offrir contre de l’argent ou d’en faire la publicité.
De plus, la plateforme Webook permet la revente sur son propre site. Celui-ci indique toutefois que cette opération est soumise à des conditions. Parmi elles, que les billets en question soient autorisés à la revente par le vendeur initial. Et que la vente soit faite au prix même auquel le billet a été acheté.
Pour l’heure, nous n’avons pas pu confirmer si les tickets du match opposant le Maroc au Niger sont autorisés à la revente sur le site Webook. Mais ce qui est constaté avec certitude, c’est qu’ils sont revendus ailleurs à prix élevé.
Un exemple judiciaire récent
Le marché noir n’est pas seulement un problème de prix. Il comporte un volet pénal. Quand la revente implique de faux billets, tromperie ou escroquerie, le Code pénal s’applique. Des poursuites sont possibles pour faux, usage de faux ou tentative d’escroquerie.
Récemment, une affaire célèbre a illustré le danger de ces pratiques. Après le Mondial 2022, Mohamed El Hidaoui et Adil El Omari, deux figures connues du monde du football, ont été condamnés pour “vente de tickets à un tarif autre que leur prix initial”. Ceci prouve que les juridictions nationales sanctionnent cette pratique.
Il convient de noter que Mohamed El Hidaoui était également poursuivi pour tentative d’escroquerie dans cette affaire. Ce qui montre que la revente de tickets au marché noir peut s’accompagner d’un volet pénal punissable.
Le marché noir crée aussi des problèmes organisationnels. Beaucoup de billets finissent dans les mains de revendeurs, au détriment des vrais supporters. Ce qui nuit à la réussite de l’événement et à l’expérience des spectateurs.
Les faux tickets provoquent un surplus de monde au sein du stade, mais également aux points d’entrée, et ce, en créant des bouchons compte tenu des faux billets qui ne passent pas au moment de la vérification.
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