PLF 2026 : Etat social, continuité budgétaire, ambitions supplémentaires
NOTE DE CADRAGE. Croissance à 4,5%, déficit ramené à 3%, dette du Trésor en recul : le PLF 2026 mise sur des équilibres solides pour soutenir un programme ambitieux d’investissements publics. Mais au-delà des chiffres, c’est la réduction des fractures sociales et territoriales qui s’impose comme priorité politique et budgétaire.
La saison du PLF est lancée. La note de cadrage en a donné le coup d'envoi ce vendredi 8 aout 2025 à travers la circulaire annuelle aux membres du gouvernement, signée par le Chef du gouvernement.
Celle-ci est sans grosse surprise:
-l'équité territoriale et sociale est un mot d'ordre placé en tête du document en exécution des orientations du récent discours du Trône.
-les objectifs au niveau des équilibres macroéconomiques sont connus depuis la présentation de la programmation triennale devant le Parlement.
Akhannouch les rappelle: un objectif de croissance de 4,5%, un déficit budgétaire ramené à 3% du PIB (après 3,5% prévus en 2025) et un endettement de nouveau en baisse à 65,8%. Ce dernier ratio évolue d'une manière remarquable depuis 2023.
L'amélioration des grands équilibres fait partie des réalisations que revendique le gouvernement. À quoi s'ajoute le lancement du chantier social avec les aides directes et la généralisation de la couverture sociale. Le grand changement en 2026 sera la quête volontariste d'une équité territoriale et sociale car "Il n'y a pas de place pour un Maroc à deux vitesses" (Discours du Trône).
Le cap aujourd'hui est aussi celui de l'émergence. De nos jours, le Maroc n'en a pas encore les prérequis. Par exemple, et c'est un exemple parmi d'autres, aucun pays au monde n'est entré dans une dynamique d'émergence sans avoir dévalué sa monnaie. La monnaie est le prix auquel on achète et on vend. Laisser ce prix aux seules lois du marché est une aberration quand les principaux concurrents dévaluent largement depuis des années. Au Maroc, c'est l'inverse, puisque le Dirham s'apprécie face au dollar et à l'euro à la fois. Cette évolution fait baisser les recettes du tourisme et celles des transferts de MRE, renchérit les coûts de production locaux, encourage l'importation et décourage l'exportation. De plus, le Maroc a pris du retard sur le plan technologique ; l'explosion que nous vivons était prévisible et une opportunité. Le Maroc pouvait et peut encore devenir un pays technologique.
Cela étant, voici les principaux points de la note de cadrage du PLF 2026:
-La note de cadrage cite les gros investissements programmés:
·160 milliards de dirhams pour l’extension de la flotte de Royal Air Maroc ;
·96 milliards de dirhams pour le développement de la ligne LGV Kénitra-Marrakech ;
· 25 milliards de dirhams pour la modernisation des aéroports ;
· Ainsi que des projets énergétiques majeurs dans le gaz et l’hydrogène vert.
-La note de cadrage annonce une transformation économique de fond, fondée sur l’investissement productif, l’autonomisation des acteurs et la compétitivité. "Dans ce cadre, la Nouvelle Charte de l’Investissement jouera un rôle déterminant pour stimuler l’investissement privé", peut-on lire dans le document. Notons que pour le moment, la part de l'investissement privé n'a pas évolué d'une manière très significative. Les investissements et la croissance sont tirés par l'investissement public et notamment ceux liés à la CAN et au Mondial 2030.
-La nouvelle génération de programmes de développement territorial sera fondés sur la valorisation des spécificités locales, la consolidation de la régionalisation avancée et le principe de complémentarité et de solidarité entre les entités territoriales.
-"Le PLF 2026 place la réduction des disparités sociales et spatiales au cœur de son action, couvrant notamment la promotion de l’emploi, le renforcement des services sociaux de base, l’adoption d’un modèle de gestion proactive et durable des ressources en eau et le lancement des projets de mise à niveau territoriale intégrée", lit-on dans le document.
L’accent est ainsi mis sur la trajectoire éducation–formation–enseignement–emploi, considérée comme un levier central d’égalité des chances.
– Le chef du gouvernement rappelle la feuille de route pour l’emploi, qui vise à ramener le taux de chômage à 9% d’ici 2030 en cas de pluviométrie normale. Il rappelle par ailleurs la réforme de la Santé, avec deux projets majeurs qui s'ajoutent: le système d’information hospitalier (SIH) et le dossier patient partagé (DPP).
- Le document promet qu'une "attention particulière sera portée aux territoires les plus vulnérables, zones rurales, montagneuses et enclavées, pour garantir une répartition plus équitable des services publics et renforcer l’équité territoriale".
-Le PLF 2026 "orientera l’action sociale de l’État vers plus de ciblage et d’efficacité, à travers la généralisation des aides directes, l’élargissement de la couverture sociale, l’accès au logement et le renforcement du pouvoir d’achat des ménages".
-En 2025, le nombre d'élèves bénéficiant des écoles de la deuxième chance était de 23.000. Ce chiffre devrait passer à 35.000 en 2026, promet le document.
-Le secteur informel fera l'objet, en 2026, de plusieurs mesures pour promouvoir l'inclusion. Parmi ces mesures, la simplification des procédures, les incitations, l'accompagnement, l'accès à la couverture sociale ainsi que des mesures fiscales et un encouragement à l'adoption du régime d'autoentrepreneur. Toutes les mesures d'incitation ou d'accompagnement seront digitalisées.
Au final, un PLF dans la continuité, enrichi des dernières orientations du Roi. Dans le domaine macroéconomique, les réalisations du gouvernement sont indiscutables. Il reste néanmoins des défis importants: exogènes comme la pénurie hydrique due au réchauffement climatique; endogènes comme la reconversion de l'agriculture, l'emploi quantitativement et qualitativement, les inégalités sociales et territoriales, le chômage des jeunes, la situation du monde rural... L'année 2026 sera également agitée sur le plan politique puisque ce sera celle des législatives.
Ci-dessous, la note de cadrage dans sa version originale:
À découvrir
à lire aussi
Article : Coupe du monde 2026. Pourquoi le Maroc a peiné en début de match contre le Canada
Avant de prendre le dessus sur leurs adversaires, les Lions de l’Atlas ont été gênés dans leurs ressorties de balle, en particulier lors du premier quart temps du huitième de finale contre le Canada, samedi 4 juillet. La lenteur de leurs transmissions et le pressing orienté des Canadiens n’y sont pas étrangers.
Article : Maroc-France : RAM mobilise 12 vols spéciaux pour accompagner les supporters
Le dispositif Casablanca-Boston prévoit 3.600 sièges en gros-porteurs, avec des billets à 10.000 DH mis en vente depuis dimanche 5 juillet au soir pour le quart de finale du 9 juillet.
Article : Jordanie : Jamal Sellami quitte les “Nashama” après une première Coupe du monde sans points
Nommé en 2024, le technicien marocain a été remercié dimanche 5 juillet par le prince Ali ben Al Hussein, au terme d’un mandat marqué par une qualification historique puis trois revers face à l’Autriche, l’Algérie et l’Argentine.
Article : Botola : le MAS champion du Maroc, 41 ans après son dernier sacre
Vainqueur de l’Olympique Dcheira (2-0) lors de la dernière journée, le club fassi boucle la saison avec 59 points, deux longueurs devant Berkane, au terme d’un final à quatre.
Article : Mercato : Lille prévient l’Europe, Bouaddi ne partira pas à prix normal
Dans un entretien publié par Eurosport avant le huitième de finale gagné par le Maroc contre le Canada, Olivier Létang décrit le milieu de 18 ans comme un profil “unique”, déjà fort de plus de 100 matchs au haut niveau. Sans fixer de prix, le président du LOSC cite les transferts d’Anderson et de Tonali pour situer la valeur de sa pépite dans les très hautes sphères du marché.
Article : Immobilier. Les coûts de production et la pénurie de main-d’œuvre aggravent la situation du marché
Dans l’ancien, les ventes chutent sans que les prix ne cèdent vraiment. Dans le neuf, les dispositifs publics soutiennent la demande, mais ne compensent pas l’écart entre les prix proposés et les capacités d’achat. Entre les deux segments, c’est toute la chaîne du logement qui se retrouve sous tension, des ménages aux promoteurs. Décryptage.