Symbole d’inclusion, Paul Mamere devient le premier étudiant trisomique diplômé en journalisme à l’ISIC
À 24 ans, Paul Mamere, jeune étudiant porteur de trisomie 21, redéfinit les contours du possible. Il devient le premier étudiant atteint de cette maladie génétique à obtenir un diplôme de journalisme à l’Institut supérieur de l’information et de la communication (ISIC) de Rabat. Une réussite exceptionnelle, rare même à l’échelle internationale.
Au-delà de la prouesse scolaire, c’est tout un symbole qui s’écrit : celui d’une jeunesse marocaine diverse, déterminée à faire entendre sa voix dans une société encore en chemin vers l’inclusion. Paul Mamère n’a jamais demandé d’indulgence : il a travaillé avec rigueur, pris des initiatives sur le terrain et a gagné le respect de ses camarades et de ses enseignants. Ses camarades de classe, dont fait partie l'auteur de ces lignes, peuvent en témoigner.
Paul se passionne pour les grands reporters, les figures du journalisme et l’actualité. Au lycée français Descartes de Rabat, il obtient son baccalauréat avec mention, devenant déjà le premier élève porteur de trisomie 21 à franchir ce cap dans l’un des établissements français du Maroc.
Devenir journaliste est un rêve pour Paul. Malgré les doutes, les barrières invisibles et les lacunes d’un système encore peu préparé à accueillir la différence, il s’accroche. "Ce qui m’a porté, c’est d’abord mon père, soutien indéfectible, qui n’a jamais douté de mes capacités", affirme le jeune diplômé en journalisme à Médias24.
Ne jamais baisser les bras
Au fil de ses trois années à l’ISIC, ce jeune homme alterne théorie et pratique. Il prend lui-même son micro, tourne, monte, diffuse ses reportages, souvent avec ses propres moyens.
On le voit sur le terrain, au plus près des personnes, dans le respect des règles déontologiques. En septembre 2023, après le séisme dévastateur qui a frappé la région d'Al Haouz, Paul part en autostop vers les villages sinistrés, tend son micro aux familles des victimes. Son objectif est de raconter avec justesse et humanité.
L'étudiant en journalisme ne se contente pas de couvrir l’actualité. Il va au-devant des grandes figures. Derrière son micro floqué à son nom, il a interrogé le président de la FIFA, Giovanni Infantino, le 24 avril 2024, ainsi que l’ancienne ministre française Rachida Dati, le 30 mars 2025.
Il a également pu échanger avec des artistes, des présidents… dont Emmanuel Macron lors de sa visite d'État au Maroc à Rabat. L'ensemble de ses rencontres sont diffusées sur sa chaîne YouTube.
Cette maturité et cette finesse dans l’approche lui valent souvent l’admiration de ses interlocuteurs. "Ma mission, c’est d’ouvrir des fenêtres sur des réalités qu’on ne regarde pas toujours, de montrer que la différence est une source de richesse", nous a-t-il expliqué.
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Au-delà du journalisme, Paul mène un combat de fond pour l’inclusion des personnes en situation de handicap, tant sur le plan scolaire que professionnel.
En 2024, il est nommé ambassadeur de l’inclusion au sein de l’Union-ALFM, lors du Forum mondial des alumni à Bruxelles. "Mon parcours m'a toujours permis de remporter des victoires historiques. J’ai été invité aux ministères et au parlement pour sensibiliser à l’inclusion, nous confie-t-il.
Son mémoire de fin d’études portait d’ailleurs sur l’intégration des personnes en situation de handicap dans les objectifs de développement durable (ODD). Il milite pour que les institutions éducatives, politiques et sociales travaillent ensemble, comme le recommande la vision royale.
Sur Instagram, Paul est une figure engagée. Ses reportages et ses interviews, il les montent lui-même. Ses vidéos, toujours accessibles, mêlent journalisme de terrain, témoignages et plaidoyer pour une société inclusive. Vous pouvez le suivre sur sa page Instagram.
Paul n’informe pas seulement. Il éclaire. Et en le faisant, il réécrit, à sa manière, une autre histoire du possible.
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