img_pub
Rubriques
A la découverte du maroc
A la découverte du maroc
A la découverte du Maroc

Tanger, la mystérieuse muse de Paul Bowles

Tanger, la mystérieuse muse de Paul Bowles
Le plus tangérois des Américains, Paul Bowles. Ph : DR
S. D.
Le 7 juillet 2025 à 14h43 | Modifié 9 juillet 2025 à 12h37

Il faut parfois marcher dans les pas d’un écrivain pour saisir l’âme d’une ville. Tanger, vue par Paul Bowles, décline une palette à la beauté brute, cousue de rêve et de solitude.

Dans la perle du détroit, certaines présences demeurent. Invisibles mais tenaces, elles contribuent à son aura. Celle de Paul Bowles est assurément l’une d’elles. L’écrivain américain, installé au nord du Maroc dès la fin des années 1940, a marqué l’endroit de son empreinte. Suivre ses traces, c’est s’offrir une traversée ponctuée d’art de vivre, de littérature et de sensualité.

À ses yeux, la ville était un lieu d’ancrage unique dans un Maroc en mutation. Elle fut pour lui un terrain de liberté autant qu’un espace de solitude choisie. Place à un voyage initiatique fait d’Histoire et d’émotions.

Paul Bowles à Tanger
Paul Bowles durant sa période Tangéroise. Ph : Cédric Hustinx

Les mille facettes d’une passion

Bowles découvre Tanger en 1931. Il y revient plus tard avec son épouse Jane, tous deux happés par l’étrange alchimie qui s’offre à eux. Ce mélange de lumière, de rythme, d’odeurs et de liberté diffuse a tout pour séduire le couple atypique. Ce n’est pas seulement la beauté du lieu qui les retient, mais la possibilité d’y vivre à contre-courant. Sur place, ils lient connaissance avec une petite société d’esprits libres. Des figures marginales qui trouvent là un refuge contre les normes, une forme d’asile pour exister autrement. En parfaits outsiders, les Bowles s’y sentent d’emblée chez eux.

Paul Bowles en compagnie de Tangérois.
Paul Bowles se sent comme chez lui à Tanger. Ph : DR

Pour approcher Tanger à l’instar de l’auteur à succès, il faut se perdre dans la médina, longer les ruelles du Petit Socco, pousser la porte des cafés comme le Tingis ou le Central, où flottent encore les timbres des voix d’antan. On imagine les confidences échangées, les paroles données ou reprises, peut-être quelques conversations enflammées sur l’actualité. Les lieux ont gardé la mémoire d’une époque révolue et sa délicieuse rugosité. Qui s’en plaindrait ?

Une vue de l'intérieur de l'église Saint Andrews.
L'église Saint Andrews à Tanger, un endroit riche en histoire. Ph : DR

Regarder de haut depuis la kasbah

Notre homme a vécu dans une demeure discrète, en surplomb de la médina. La vue depuis ces hauteurs est vertigineuse : la Méditerranée, les toits, le silence. Non loin de là, le palais Dar el Makhzen, aujourd’hui musée, reflète cette richesse qui caractérise la ville. On y assiste parfois à des expositions en hommage à Bowles, avant d’être introduit à son autre passion : la collecte de musiques traditionnelles marocaines. Il avait coutume d’enregistrer ces chants pour les préserver, porté par une curiosité sincère envers les cultures locales.

Une vue de la facade du palais Dar El Makhzen
le palais Dar el Makhzen, aujourd’hui musée, reflète cette richesse qui caractérise la ville. Ph : DR

El Minzah, refuge de misfits

Plus bas, l’hôtel El Minzah évoque un exil doré. Bowles y rencontrait voyageurs nostalgiques, écrivains en transit, artistes en quête de souffle. L’ambiance feutrée des salons, les notes échappées d’un piano, un verre posé sur le marbre (…), tout rappelle l’élégance un peu élimée d’un monde disparu.

Une vue de la face de l'hôtel Minzah
L'hôtel El Minzah évoque un exil doré. Ph : DR

Le café Hafa, face à l’immensité de la mer

L’établissement n’a pas bougé d’un iota. Accroché à la falaise, face au détroit, il semble hors du temps. Bowles venait y écrire ou simplement regarder les va-et-vient des bateaux en humant la brise salée. Le café évoque à lui seul son lien avec Tanger, un mélange de retrait, d’attention extrême et d’étrangeté familière.

Tanger, la mystérieuse muse de Paul Bowles
Le café Hafa, un endroit incontournable de Tanger. Ph : DR

En définitive, suivre Bowles, c’est se délecter de ce que la ville a gardé d’une période émouvante. Certaines librairies, galeries ou maisons d’hôtes, comme la librairie des Colonnes ou le Nord-Pinus, perpétuent l’élan cosmopolite qui l’avait séduit. On y retrouve le goût du détail, une lenteur habitée et une porosité au monde chers à sa sensibilité.

Si vous voulez que l'information se rapproche de vous Suivez la chaîne Médias24 sur WhatsApp
© Médias24. Toute reproduction interdite, sous quelque forme que ce soit, sauf autorisation écrite de la Société des Nouveaux Médias. Ce contenu est protégé par la loi et notamment loi 88-13 relative à la presse et l’édition ainsi que les lois 66.19 et 2-00 relatives aux droits d’auteur et droits voisins.
S. D.
Le 7 juillet 2025 à 14h43

Médias24 est un journal économique marocain en ligne qui fournit des informations orientées business, marchés, data et analyses économiques. Retrouvez en direct et en temps réel, en photos et en vidéos, toute l’actualité économique, politique, sociale, et culturelle au Maroc avec Médias24

Notre journal s’engage à vous livrer une information précise, originale et sans parti-pris vis à vis des opérateurs.

Toute l'actualité