Sahara. La France souhaite une solution définitive en 2025 ou 2026 (Christophe Lecourtier)
Invité de la Fondation Links, vendredi 16 mai 2025, l’ambassadeur de France au Maroc a estimé qu’il était temps de rompre avec le cycle de répétitions perpétuelles des résolutions du Conseil de sécurité de l’ONU sur le Sahara pour aller vers une solution définitive. Cette issue sera défendue, à court et moyen terme, par la France.
La France, membre permanent du Conseil de sécurité de l’ONU et soutenant l’intégrité territoriale du Maroc (avec les États-Unis), pousserait-elle à redéfinir la mission de la Minurso, voire à y mettre fin ?
La question a été posée par Zakaria Garti à Christophe Lecourtier, ambassadeur de France au Maroc, qui était l’invité de la Fondation Links, vendredi dernier, autour de la thématique de "La dynamique du partenariat franco-marocain" (1 h 15).
"Sur cette question-là, la Minurso sera une résultante d'un mouvement plus vaste qui conduira à poser la question de ce que deviendra cette mission. J'ai dit tout à l'heure que, dans les choix qui ont été faits et dans l'expression du président de la République française, il y avait d'abord la volonté de répondre à des questions de confiance", répond le diplomate français.
"C'est pour cela qu'il avait lui-même (le président Macron, ndlr) qualifié la question du Sahara d’existentielle pour le Maroc. Deuxièmement, il y avait la reconnaissance de l'importance stratégique de ces territoires et de l'importance stratégique de ce que le Maroc fait. Troisièmement (…), il y a le constat d'une dynamique internationale favorable au Maroc que, d'ailleurs, Sa Majesté a évoquée dans sa réponse, que la France s'emploie à entretenir pour rallier encore -ce qui est en train d’arriver -soit au sein de l'Union européenne soit au sein des Nations unies", poursuit M. Lecourtier en allusion claire au fort soutien dont jouit la position marocaine.
"Tout est fait pour que le moment approche où on pourra, je l'espère, commencer, le Maroc d'abord, et avec ses amis, à sortir de la répétition perpétuelle des mêmes résolutions qui, d'ailleurs, l'année dernière, soulignait la dynamique (enclenchée par le Maroc, NDLR). C'est cette dynamique qui vise à avancer (…) vers une solution politique définitive. Encore une fois, la France a pris cette position (soutenir le Maroc, NDLR) parce qu'elle a toujours soutenu le Maroc sur cette question et qu'il fallait la réaffirmer avec plus de force, plus de clarté dans le contexte de 2024", ajoute l’ambassadeur français au Maroc.
"La France est très attachée à ce qui se passe là-bas, à ce que le Maroc propose, non seulement pour les populations, mais aussi pour l'environnement régional. Et la France aussi pense que la dynamique qui est à l'œuvre est beaucoup plus forte qu'elle ne l’a jamais été depuis 50 ans", rappelle le diplomate.
Christophe Lecourtier réitère la volonté de son pays de mobiliser tous ses moyens et toute sa diplomatie pour être aux côtés du Maroc et des autres partenaires pour faire en sorte que, "en 2025, en 2026, en tout cas, dans les mois et les années qui viennent, on puisse avancer fortement vers une solution définitive qui, évidemment, rencontrerait l'affirmation française selon laquelle le présent et l'avenir de ces territoires" soient décidés dans le cadre de la souveraineté du Royaume.
"Ça, c'est une position française, une vision française, une affirmation française. Nous souhaitons évidemment qu'elle soit le plus vite possible partagée par la communauté internationale et les organes pertinents", conclut Christophe Lecourtier.
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