Imad Haddour, CEO d'Inetum Afrique : “Il y a une véritable guerre des talents dans le numérique”
INETUM était présent au Gitex Africa 2025 pour présenter ses solutions et ses compétences dans l'accompagnement digital des entreprises. L'occasion pour le groupe européen implanté depuis plusieurs années au Maroc de réaffirmer son rôle de leader dans le secteur. Nous avons pu échanger avec Imad Haddour, CEO d'Inetum Afrique afin de mieux comprendre les enjeux et l'avenir du numérique au Maroc. Entretien.
Médias24 - Inetum se positionne aujourd’hui comme l’un des leaders des services numériques, de la conception à la maintenance. Vous êtes aujourd’hui bien implanté au Maroc. Comment évolue votre activité sur le marché marocain, et quels sont les secteurs ou clients qui tirent le plus cette dynamique ?
Imad Haddour - Depuis plusieurs années, Inetum consolide sa présence au Maroc de manière significative, comme en témoigne un chiffre d’affaires qui dépasse les 500 millions de dirhams et une croissance annuelle soutenue de 20 %. Cette croissance est due à plusieurs leviers, parmi lesquels le développement rapide de technologies comme l’intelligence artificielle et le cloud.
La stratégie d’Inetum est axée sur la fourniture de solutions verticales adaptées aux spécificités de chaque secteur, en s’appuyant sur des partenariats solides avec des acteurs majeurs du marché tels que SAP, Microsoft, Salesforce, Sage et ServiceNow. Cette approche permet à Inetum de proposer des solutions complètes et intégrées, répondant aux besoins concrets de ses clients dans des secteurs clés tels que la santé, l’industrie, les infrastructures et l’agritech.
Parmi les clients importants qui font confiance à Inetum, on peut citer la RAM, INWI et l’OCP, ce qui illustre la capacité de l’entreprise à accompagner de grands acteurs dans leur transformation numérique.
- En mai 2024, vous avez signé un accord avec le gouvernement marocain portant sur la création de 1.500 emplois. Rappelez pour nos téléspectateurs les termes de cet accord, et où en est sa mise en œuvre aujourd’hui ?
- En 2024, Inetum a signé un Mémorandum d’Entente (MoU) avec le gouvernement marocain, marquant ainsi une étape importante dans son engagement envers le développement du secteur au Maroc.
Cet accord ambitieux prévoit un investissement de plus de 50 millions de dirhams, destiné à soutenir la croissance d’Inetum dans le pays et à favoriser la création d’emplois hautement qualifiés. L’objectif principal est de créer 1 500 emplois dans le secteur numérique d’ici 2027. La mise en œuvre de cet accord est en bonne voie, avec déjà plus de 200 collaborateurs recrutés depuis sa signature, ce qui porte l’effectif total d’Inetum au Maroc à 1 100 personnes.
Inetum poursuit activement ses efforts de recrutement, et un objectif intermédiaire de 500 recrutements supplémentaires d’ici décembre 2025.
- Quels leviers mobilisez-vous pour former et recruter ces jeunes talents au Maroc ?
- Inetum déploie une stratégie de développement régional qui cible des villes comme Fès, Tanger et Agadir, afin d’élargir son bassin de recrutement et de tirer parti du potentiel des écosystèmes universitaires locaux.
En établissant des partenariats avec des universités et des écoles d’ingénieurs, Inetum s’engage à former 200 stagiaires chaque année, contribuant ainsi à préparer la prochaine génération de professionnels du numérique.
Entre 2024 et 2025, Inetum a accueilli plus de 230 stagiaires, leur offrant une formation pratique dans des domaines d’avenir tels que l’intelligence artificielle, la science des données, le cloud computing et le logiciel.
Enfin, Inetum a mis en place un programme d’acculturation à l’IA qui a permis de certifier ses collaborateurs, garantissant ainsi leur maîtrise de ces technologies.
- Quels sont les principaux freins rencontrés dans la mise en œuvre de ce plan de recrutement, et comment les anticipez-vous ?
- Il y a une véritable guerre des talents dans le numérique. La réponse à cette situation se situe dans l’adéquation entre les formations proposées par les établissements d’enseignement et les besoins spécifiques du marché du travail dans le secteur numérique. Inetum anticipe cela en collaborant étroitement avec les universités pour co-construire des cursus spécialisés.
Cet engagement se concrétise aussi par l’accueil de 120 alternants en 2024 et des workshops réguliers dans notre FabLab. L’idée est de créer un continuum entre formation académique et exigences du marché.
- Inetum est également un acteur engagé dans le développement de l’intelligence artificielle. Si le marché marocain est en pleine évolution, celui-ci reste encore timoré. Comment expliquez-vous cette réserve, et quelle est votre stratégie pour accélérer l’adoption de l’IA dans les entreprises.
- Le marché marocain se trouve à un moment charnière en ce qui concerne l’adoption de l’IA, avec de nombreux projets qui en sont encore au stade de la preuve de concept. Pour lever les freins à l’adoption de l’IA, Inetum propose des solutions verticales multisectorielles, et une approche pragmatique !
La stratégie d’Inetum consiste à industrialiser l’innovation en matière d’IA, en fournissant des solutions clés en main qui permettent aux entreprises de passer rapidement de la phase d’expérimentation au déploiement à grande échelle.
Inetum met l’accent sur l’accompagnement concret des entreprises, en les aidant à définir et à mettre en œuvre des cas d’usage pertinents pour leur secteur d’activité, qu’il s’agisse du BTP, de la santé ou de l’agritech.
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