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Pénurie hydrique: ce qui s'est dit pendant les Assises de la régionalisation avancée

Les Assises de la régionalisation avancée qui se sont tenues les 20 et 21 décembre à Tanger, ont consacré un ateler à la question hydrique. Les experts, élus régionaux et responsables institutionnels se sont penchés sur la problématique de l'eau au Maroc. Alors que le Royaume est passé du stress à la pénurie hydrique, les intervenants ont appelé à une coordination accrue et à des solutions innovantes pour garantir l’approvisionnement hydrique et la résilience des régions. Détails.

Pénurie hydrique: ce qui s'est dit pendant les Assises de la régionalisation avancée
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Le 22 décembre 2024 à 9h38 | Modifié 22 décembre 2024 à 9h38

Le Maroc traverse l'une des sécheresses les plus sévères de ces trois dernières décennies, exacerbant une crise hydrique déjà critique. Cette situation ne se limite pas aux défis liés à l’approvisionnement en eau potable et à l’irrigation. Elle soulève une problématique plus large, appelant à une refonte profonde de la gestion des ressources hydriques dans une perspective intégrée.

Dans ce contexte, un atelier des Assises nationales de la régionalisation avancée a été consacré au débat du stress hydrique, avec pour objectif d'explorer le rôle central des régions dans la gestion durable de l’eau et de définir les stratégies nécessaires pour garantir la sécurité de l’approvisionnement hydrique.

Ce n’est plus un simple stress hydrique : il s’agit d’une pénurieMokhtar Bzioui, expert-consultant, a ouvert le débat avec un constat préoccupant : le Maroc ne fait plus face à un simple stress hydrique, mais à une pénurie hydrique.

"Les statistiques sont sans appel : lorsqu'on est aux environs de 500 m³ d’eau par habitant annuellement, nous sommes officiellement dans une situation de pénurie hydrique", a rappelé M. Bzioui.

Cette réalité alarmante n’est pas sans conséquences. Adel Barakat, Président du Conseil régional de Béni Mellal-Khénifra, a souligné l’impact social et économique majeur de cette crise. "Notre région a déjà perdu plus de 60.000 emplois à cause de la crise hydrique.", a-t-il révélé.

Par ailleurs, M. Barakat a souligné avec insistance la nécessité cruciale d'améliorer la coordination entre les régions et le ministère de l’Agriculture. "Bien que nous collaborions activement avec la majorité des ministères, le ministère de l’Agriculture reste absent de cette dynamique. Pourtant, son intervention est essentielle pour réglementer les activités agricoles de manière différenciée, en tenant compte des spécificités agro-climatiques et socio-économiques de chaque région. Cette démarche doit également s’adapter à la nouvelle réalité imposée par la rareté croissante des ressources en eau, qui exige des pratiques agricoles plus responsables et durables", a-t-il affirmé.

 Changement climatique, facteur central

Tous les intervenants s’accordent à désigner le changement climatique comme un facteur central dans l’aggravation de la crise hydrique au Maroc, ce qui d'ailleurs est une évidence. Ses effets néfastes se manifestent par des perturbations accrues des régimes de précipitations, une intensification des périodes de sécheresse et une diminution continue des réserves stratégiques d’eau souterraine. Ces dynamiques ont considérablement fragilisé le cycle hydrologique national, rendant la gestion des ressources en eau encore plus complexe et imprévisible.

Abdelaziz Zerouali, Directeur général de l’ingénierie hydraulique au ministère de l’Équipement et de l’Eau, a mis en lumière l’importance d’initiatives stratégiques pour anticiper ces défis. "Nous collaborons actuellement avec l'Organisation météorologique mondiale sur une étude de grande envergure qui fournira une projection détaillée de la situation hydrique du Maroc sur une période de 30 ans. Cette étude vise à établir une feuille de route stratégique qui orientera nos politiques hydriques et garantira une planification plus efficace à long terme", a-t-il expliqué.

Les besoins annueles passeront de  milliards de m3 en 2030

 à Les données prévisionnelles dressent un tableau inquiétant de la situation future. "Actuellement, la demande annuelle en eau est estimée à 16 milliards de m³, mais elle devrait franchir le seuil des 18 milliards de m³ dès 2030, en raison de la croissance démographique, de l’urbanisation et des besoins accrus en irrigation", ajoute M. Zerouali.

Il a également mis en garde contre la surexploitation des nappes phréatiques, un phénomène particulièrement préoccupant. "Les pratiques agricoles non durables, notamment l’irrigation intensive et non réglementée, contribuent à l’épuisement rapide des eaux souterraines. Cela représente une menace critique pour la pérennité de nos ressources hydriques nationales", a-t-il averti.

Cet atelier a permis d’identifier plusieurs recommandations stratégiques pour faire face à la crise hydrique, dont :

  • Valorisation de l’eau : la mise en place d'une tarification qui reflète la véritable valeur économique et environnementale de l’eau, afin de favoriser une utilisation plus rationnelle ;
  • Solutions non conventionnelles : accélérer le développement des technologies de dessalement et promouvoir la réutilisation des eaux usées ;
  • Rationalisation de la demande : encourager l’adoption de techniques agricoles durables et économes en eau, tout en optimisant la consommation dans les autres secteurs ;
  • Renforcement des capacités régionales : garantir un financement adéquat pour les projets hydriques locaux et investir dans la formation des acteurs régionaux pour améliorer la gestion des ressources.
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Le 22 décembre 2024 à 9h38

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