Textile : coup d'envoi à Casablanca du Maroc in Mode 2024
Le Maroc in Mode (MIM) 2024 se tient du 7 au 9 novembre à Casablanca. Le coup d'envoi de cette édition a été marqué par la signature d'une convention de partenariat avec Euratex, Confédération européenne de l'habillement et du textile, ainsi que deux MoU pour la valorisation des marques marocaines.
La 21e édition du Maroc in Mode (MIM 2024), organisée conjointement par l’Association marocaine des industries du textile et de l’habillement (AMITH) et CEMS-Global USA, se tient du 7 au 9 novembre à Casablanca. Il s'agit du premier salon de l’approvisionnement en vêtements en Afrique, présentant les dernières tendances et innovations de l’industrie marocaine du textile et de la mode.
Organisé à Casablanca, ce très attendu Sourcing Show rassemble des professionnels de l’industrie, des fabricants, des concepteurs et des acheteurs du monde entier pour explorer de nouvelles opportunités commerciales et collaborations.
A l'occasion du coup d'envoi de sa 21e édition, une convention de partenariat et deux MoU ont été signés. Il s'agit notamment de la convention de partenariat entre l'AMITH et Euratex, la Confédération européenne de l'habillement et du textile qui représente les intérêts de l'industrie européenne du textile et de l'habillement au niveau des institutions de l'UE.
Cette convention constituera une plateforme précieuse pour renforcer la coopération industrielle entre l'UE et le secteur du textile marocain.
Quant aux MoU, le premier mémorandum d'entente a été signé entre l'AMITH et le Centre technique textile et habillement (CTTH). Il vise la promotion et la valorisation des marques marocaines sur les marchés national et international.
Le deuxième MoU a été signé entre l'AMITH et l'Academy de Mode de Casablanca. Ce partenariat entend pour sa part favoriser l'émergence d'un écosystème intégré de marques marocaines créatives, innovantes, compétitives et durables.
Le secteur du textile se porte bien
"Plus qu'une simple vitrine de nos produits, ce salon est un catalyseur de développement, un espace d'échanges et de collaboration qui permet de renforcer notre position sur les marchés internationaux", a affirmé à cette occasion le président de l'AMITH, Anass El Ansari.
"En chiffres, le secteur du textile c'est l'équivalent de 1.600 entreprises soit 18% du tissu industriel marocain et de 235.000 salariés en 2024. Le secteur du textile est en bonne santé. Il continue à recruter. Ce dernier représente actuellement 24% de l'emploi industriel au Maroc. En 2023, le secteur a généré un chiffre d'affaires de 66 MMDH, avec une progression de 5.5% par rapport à 2022, ce qui représente 8% du chiffre d'affaires global et 15% du PIB industriel du Maroc. Le secteur textile c'est également 44 MMDH de chiffre d'affaires à l'export, soit 10% des exportations industrielles globales du Maroc", explique-t-il.
"Face aux transformations profondes qui traversent les marchés mondiaux, notre secteur a su relever les défis majeurs en matière de compétitivité, d'innovation et de durabilité. Aujourd'hui, plus que jamais, il est essentiel de continuer sur cette voie, en renforçant notre capacité à nous diversifier et à conquérir de nouveaux marchés", note le président de l'AMITH.
Plus de 80% des entreprises du secteur sont des PME
Intervenant également lors du coup d'envoi du Salon, le ministre de l'Emploi, Younes Sekkouri, a affirmé : "Vous n'êtes pas sans savoir que l'essentiel des entreprises inscrites dans le textile ne sont pas forcément de grandes entreprises. Plus de 80% des entreprises opérant dans le secteur sont des PME. Nous apportons une réponse en matière d'investissement. L'article 19 de la Charte de l'investissement prévoit des aides pour les investissements de moins de 50 MDH. C'est quelque chose qui va voir le jour d'ici la fin de l'année, avec un budget conséquent mobilisé dans le cadre de la loi de finances pour pouvoir aider les investissements en la matière".
Il ajoute : "Deuxième point : les mesures d'emploi qui vont accompagner votre secteur qui ne consomme, toujours pas, une main d'œuvre diplômée. Il y a aussi des non-diplômés que vous formez à l'intérieur de vos entreprises. D'ailleurs, le schéma de formation par apprentissage connaît un grand succès, avec 35 instituts de formation par apprentissage dans l'essentiel des boîtes qui travaillent aujourd'hui dans le secteur du textile. C'est une formation à hauteur de 20% pour la partie théorie et de 80% pour la pratique. Le gouvernement apporte une réponse de taille qui va changer les échelles. A partir de l'année prochaine, nous passerons de 25.000 personnes en apprentissage à 100.000, tous secteurs confondus. Je suis convaincu que le secteur du textile fait partie des secteurs où les formés réussissent le mieux".
"L'ancrage du secteur du textile dans la société marocaine porte des dimensions qui vont bien au-delà des chiffres d'affaires qu'ils soient domestiques ou à l'export. Ce sont les raisons pour lesquelles le gouvernement sera mobilisé. Dans les programmes sectoriels que nous allons déployer dans le cadre de la feuille de route de l'emploi et de l'appui à la petite entreprise, nous serons derrière vous avec des contrats-programmes à la hauteur des transformations et des aspirations que vous comptez aborder avec confiance dans les années à venir", conclut le ministre.
L'informel reste prédominant
Mehdi Tazi, vice-président de la Confédération générale des entreprises du Maroc (CGEM) a également pris la parole lors de ce coup d'envoi.
"Nous avons besoin de monter en chaîne sur principalement deux aspects. Le premier c'est la fabrication de matières premières, domaine où nous sommes encore faibles. Le deuxième aspect c'est la création de marques marocaines fortes. Nous avons un vrai potentiel sur lequel nous pouvons capitaliser. Nous avons de beaux exemples, celui du Portugal à titre d'exemple. En 10 ans, avec la stratégie mise en place, le Portugal a réussi à faire monter le taux d'intégration, qui oscillait comme c'est le cas chez nous aujourd'hui entre 15 à 20%, à 70% s'approchant des meilleurs standards notamment ceux de la Chine et de la Turquie. Il n'y a pas de raison qu'on ne puisse pas le faire chez nous. Je crois que c'est là, la vraie opportunité que nous avons pour ce secteur dans les années à venir", a-t-il souligné.
Et ce dernier de conclure : "Il y a un besoin de protéger nos opérateurs industriels opérant dans le formel et ne pas laisser les acteurs qui ne respectent pas entièrement les règles tirer vers le bas ce secteur. A la CGEM, nous avons une position très forte et totalement assumée là-dessus. Nous devons accompagner les opérateurs qui travaillent encore dans l'informel dans la formalisation de cette économie".
À découvrir
à lire aussi

Article : Can U17. Le Maroc défait par l’Égypte et finit hors du podium (0-2)
En dépit de leur bonne volonté, les Lionceaux de l’Atlas se sont fait piéger par l’Égypte lors du match pour la 3e place de la Coupe d’Afrique des nations U17, ce lundi 1er juin au Complexe Mohammed VI de Salé (0-2). Une nouvelle déception qui nourrira sans doute les ambitions d’Iliane Hadidi et ses coéquipiers lors du Mondial de la catégorie, en novembre prochain.

Article : Carburants : les prix à la pompe ont globalement suivi les cours internationaux (Conseil de la concurrence)
Entre le 1er mars et le 16 mai 2026, les prix des carburants au Maroc ont globalement évolué dans le même sens que les cotations internationales, selon une nouvelle analyse du Conseil de la concurrence.

Article : Gaz marocain : pourquoi Sound Energy quitte Tendrara au moment où le projet démarre enfin
Endettée et incapable de financer la phase II, la compagnie britannique cède ses dernières parts à Mana Energy alors que la production commerciale est attendue au T3-2026. Pour le Maroc, ce retrait pourrait accélérer le développement d’un projet stratégique pour la production locale de gaz et l’alimentation électrique via le gazoduc Maghreb-Europe.

Article : WAFIRA II : 3.000 travailleurs marocains attendus en Espagne et en France d’ici 2028
Financé à 95% par l’Union européenne, ce programme de migration circulaire cible notamment l’agriculture et le transport routier, avec un accompagnement des bénéficiaires avant leur départ et à leur retour, ainsi qu’un volet dédié à l’entrepreneuriat.

Article : Ponts de l'Aïd : l'économie marocaine y laisse quelques milliards, selon nos estimations
Les deux journées de congé exceptionnel accordées en 2026 à l’occasion de Aïd al-Fitr et Aïd al-Adha pourraient coûter entre 3,6 et 6 MMDH, soit près de 0,4% du PIB, selon nos calculs. Une perte loin d’être négligeable pour une économie où la production reste encore fortement dépendante du travail.

Article : Maroc-Madagascar : quelle heure, quelles chaînes
Dans le cadre de ses préparatifs intensifs pour la Coupe du monde de football 2026, la sélection nationale affronte son homologue de Madagascar lors d'une rencontre amicale ce mardi 2 juin 2026 au Stade Prince Moulay Abdellah de Rabat.

