Ce qu'il faut savoir sur les tests ADN réalisés sur les dépouilles de Tazmamart
Depuis le 4 septembre, le Conseil national des doits de l’Homme (CNDH) procède à des analyses ADN impliquant les dépouilles enterrées sur place et les familles des victimes. Quelle en est la finalité? Par quels moyens? Et pourquoi maintenant? Éléments de réponses.
Avec le concours du Laboratoire scientifique de la Direction générale de la sûreté nationale (DGSN) et sous la supervision des parquets compétents, le CNDH procède à des analyses ADN impliquant les familles des victimes. Selon une source qui suit de très près cette opération, tout sera ficelé cette semaine et les résultats seront portés à la connaissance des concernés.
"Mais cela n’implique aucune sorte de dédommagements ou d’indemnisations supplémentaires", précise notre source. Les 58 victimes de ce bagne, ou leurs ayants droit, ont été indemnisés à hauteur de 146 millions de DH. Les frais de santé des survivants et de leurs ayants droit sont toujours pris en charge par l’Etat y compris quand il s'agit des frais d'onéreuses opérations chirurgicales.
"Il s’agit de préciser de manière définitive que c’est bien Abdelkader Y. qui gît dans la tombe qui porte ce nom et de clore ce dossier une fois pour toutes", explique notre source.
Pourquoi maintenant?
Ce projet, qui vise à renforcer la préservation de la mémoire des lieux, était dans les papiers de l’équipe de la présidente Amina Bouayyach quand elle a pris les rênes, mais plusieurs facteurs n’ont pas facilité le fait de le mener à bout: le Covid et, bien avant, l’état très détérioré des dépouilles et de leur ADN.
Avec l’évolution scientifique et technique, cela était devenu possible. Avec l’aide de la DGSN, deux échantillons ont été analysés, en juillet 2023, par le Laboratoire génétique international de Nantes en France. Les résultats ont été concluants et le projet a repris les rails.
Qui est concerné et par quels moyens?
En tout, le sinistre bagne de Tazmamart avait accueilli 58 détenus dont 23 ont passé l’arme à gauche. 22 d’entre eux ont été enterrés sur place et une personne ailleurs.
Les prélèvements chez les familles sont effectués par des membres du Laboratoire scientifique et technique de la DGSN avec des experts en médecine légale du CHU de Casablanca et sous la supervision du parquet.
Auparavant, les familles devaient donner leur accord pour que le projet soit mené en conformité avec les standards internationaux en matière de protection des données à caractère personnel. "L’écrasante majorité des familles ont donné leur accord", nous précise une source informée. Par la suite, les familles ont été réparties en groupes.
Pour celles et ceux qui ne peuvent pas faire le déplacement, au vu de leur âge ou de leur état de santé, des équipes spéciales ont fait le déplacement chez eux. "Les experts de la DGSN ont été d’un précieux apport en respect des engagements de cette administration pour aider à faire aboutir les recommandations de l’Instance équité et réconciliation", précise notre source.
Quid de certaines parties qui ont critiqué la démarche du CNDH? "C’est une opération qui ne saurait souffrir de surenchères politiques. C’est une démarche humaine qui fait partie de la réhabilitation individuelle et collective", répond notre source.
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