Fatima Ezzahra El Mansouri : ce qu’apporte le PAM à la coalition gouvernementale avant le scrutin de 2026 (2/2)

Dans cette deuxième partie de l’interview accordée à Médias24, la ministre de l’Habitat et maire de Marrakech, Fatima Ezzahra El Mansouri, revient sur la contribution de son parti pour une première participation à un gouvernement et sur l’avenir politique du PAM qui, selon elle, devra renforcer son électorat pour mieux se positionner avant les échéances électorales de 2026.

Fatima Ezzahra El Mansouri : ce qu’apporte le PAM à la coalition gouvernementale avant le scrutin de 2026 (2/2)

Le 22 mai 2024 à 15h20

Modifié 23 mai 2024 à 11h52

Dans cette deuxième partie de l’interview accordée à Médias24, la ministre de l’Habitat et maire de Marrakech, Fatima Ezzahra El Mansouri, revient sur la contribution de son parti pour une première participation à un gouvernement et sur l’avenir politique du PAM qui, selon elle, devra renforcer son électorat pour mieux se positionner avant les échéances électorales de 2026.

Ministre et maire depuis plus de 30 mois, Fatima Ezzahra El Mansouri dirige également le deuxième plus grand parti du Maroc. Prolixe sur l’action "bénéfique" des ministres du PAM au sein de la coalition gouvernementale, elle nous répond sans éluder les difficultés rencontrées dans ses propres chantiers ministériels comme la lutte contre les bidonvilles ou l'aide directe au logement.

En sa qualité de leader de parti, notre interlocutrice expose ses priorités pour remédier à l’exode rural et aux destructions d’emplois dans la ruralité. Elle évoque les améliorations nécessaires du système médical, ses propositions de réforme comme celle du Code pénal ou de la Moudawana, sa position sur le remaniement gouvernemental qu’on dit imminent et, enfin, sur les chances de son parti de remporter le scrutin législatif de 2026.

Médias24 : Quelle a été la contribution de votre parti à la coalition gouvernementale tripartite ?

Fatima Ezzahra El Mansouri : Il nous faudrait des heures pour en parler mais, d’un point de vue politique, les ministres du PAM ont apporté beaucoup de fraîcheur à la scène politique.

- En termes de jeunesse ?

- Non, plutôt une fraîcheur en termes d'idées, de courage et de présence sur le terrain. Nos ministres sont en effet très engagés et ont chacun et chacune leur propre feuille de route.

Ainsi, quand ils sont confrontés à une crise, ils ne se débinent pas et la gèrent correctement. C’est la raison pour laquelle je pense que le PAM a pu devenir une réelle plus-value dans ce gouvernement.

J’en veux pour preuve leur intervention et leur présence remarquables au Parlement aux côtés de nos deux partenaires politiques.

Code pénal et Moudawana, ce qu'en pense le PAM

- On attendait une contribution importante de votre parti sur la réforme du Code pénal qui n'a toujours pas été adoptée. Comment expliquez-vous ce retard ?

- Il s’agit d'un Code pénal dont l’adoption ne peut pas se faire en seulement deux ans et demi. Sa refonte nécessite beaucoup de temps, car elle est déterminante pour notre société.

Avant d’y arriver, il faut multiplier les débats pour établir les liens entre deux individus et adapter les répressions qui en découlent.

- Cette réforme s’éternise depuis le dernier gouvernement...

- Quand nous sommes arrivés, le ministre de la Justice l'a retirée pour pouvoir en faire une lecture avec les valeurs modernistes que notre gouvernement défend.

Dès sa création, le PAM ne s'est en effet jamais caché de vouloir faire adopter une réforme judiciaire avec des avancées majeures en termes de liberté publique et individuelle.

Il y a dans notre pays des conservateurs et des progressistes. Je suis sûre que nous finirons par trouver un juste équilibre qui laissera plus de champ à l'individu, tout en préservant ce référentiel qui est le nôtre

- Que suggérez-vous pour avancer ?

- Je ne rentrerai pas avec vous dans ce débat qui incombe au ministre de la Justice. En effet, j'aime qu'on respecte mes prérogatives et, généralement, je n'aime pas débattre de ce qui ne m'appartient pas.

Cela dit, au PAM, nous croyons que l'individu est une centralité, que nous sommes dans une société où un individu est responsable, et que s'il est responsable, on ne peut pas continuer à l'envisager comme un mineur quand il est majeur, ou alors comme un majeur quand il est mineur.

- Il y a pourtant des archaïsmes judiciaires à dépasser ?

- Aujourd'hui, comme dans toutes les sociétés, il y a dans notre pays des conservateurs et des progressistes.

Partant de cette réalité, je suis sûre que nous finirons par trouver – comme le Maroc a toujours su le faire – un juste équilibre qui laissera plus de champ à l'individu pour exister, pour s'épanouir et pour devenir un acteur à part entière de notre société tout en préservant ce référentiel qui est le nôtre.

Si notre parti s'appelle authenticité et modernité, c'est parce que nous croyons qu'il ne faut pas être soit authentique soit moderne. L'exercice le plus difficile est de s’inscrire dans un équilibre dual que le Maroc réussit divinement.

- Peut-on imaginer que la réforme du Code pénal sera adoptée avant la fin de votre mandat?

- Je ne peux pas m'engager sur un agenda qui est celui du ministre de la Justice.

Maintenant, je l'espère parce que je pense que notre gouvernement a la capacité de convaincre par rapport à des réformes courageuses et ambitieuses dont le pays et les Marocains ont besoin.

Le PAM ne demande pas un Code pénal sans moralité ou détaché du référentiel religieux qui est très ancré au Maroc

- Vous faites partie d'une coalition avec le parti conservateur qu'est l’Istiqlal. Cela ne va-t-il pas être compliqué d'atteindre un consensus ?

- Il est possible qu'on ait du mal à arriver à un consensus. Maintenant en ce qui concerne notre engagement partisan, nous sommes prêts à accepter des compromis, mais pas de compromission.

C'est la raison pour laquelle je vous disais que le Code pénal est un code sociétal. S’il sera difficile d'atteindre un consensus, je pense que, grâce à l'intelligence des uns et des autres, nous trouverons les équilibres pour faire passer ce Code pénal qui je l'espère sera un plus qu'on laissera à nos enfants et nos petits-enfants.

- Malgré vos convictions modernistes, pensez-vous que le peuple marocain qui est conservateur acceptera certaines évolutions ?

- Mon parti ne demande pas un Code pénal sans moralité ou détaché du référentiel religieux qui est très ancré au Maroc.

Mais certaines avancées sont nécessaires pour sortir d'une schizophrénie que nous portons tous en nous parce que l'exercice difficile est de faire cohabiter l’authenticité et la modernité tout en gardant un équilibre.

Cela ne sera pas facile, mais cette réforme pénale est nécessaire et, encore une fois, j'ai confiance en l'intelligence des Marocains et des partis politiques pour que nous puissions dialoguer, débattre et sortir avec un consensus.

- Que proposez-vous concrètement pour réformer la Moudawana ?

- Notre parti a été auditionné par la commission à qui nous avons communiqué un rapport consistant. C'est pour moi l'occasion de dire bravo à toutes ces femmes issues des partis politiques ou de la société civile qui se sont engagées et qui font la différence dans le développement de notre pays.

Sur la réforme de la Moudawana, les militantes de notre parti ont fait un travail formidable qui a été présenté à la commission, avec plusieurs lignes rouges non négociables comme par exemple le mariage des mineurs.

Les propositions du PAM sont difficiles à résumer, mais en ce qui concerne le mariage des mineurs par exemple, nous sommes catégoriques. Nous considérons qu’une jeune fille ou un jeune homme mineurs sont censés être à l'école pour s’épanouir.

Ainsi, si l'Etat n’accorde pas le droit de vote à un enfant qui n'a pas encore atteint sa maturité, il n'y a pas de raison qu'on permette à une jeune fille de se marier et d’enfanter. En effet, elle est censée se développer physiquement, et les médecins s'accordent à dire que la croissance ne s'achève que vers 18 ans, voire 20 ans.

La loi doit interdire le mariage des mineurs.

- Plus aucune exception, comme c’est encore le cas aujourd’hui ?

- À mon sens, non.

- Passons au dossier de l'égalité dans l'héritage qui inquiète la plupart des partis, de peur de perdre leurs électeurs ? En tant que femme, iriez-vous jusqu'à interdire l'héritage par Taassib ?

- Quand vous êtes un couple et que vous avez deux enfants, la probabilité de n'avoir que des filles existe. Et en cas de décès du mari, il est malheureusement courant de se voir spoliée par un arrière-cousin qui probablement n'avait pas de bonnes relations avec la famille.

Etant avocate, j'ai eu à gérer une affaire qui m’a profondément choquée. Une maman et sa fille mineure sont venues me consulter à mon bureau pour m’expliquer que moins de quarante jours après le décès de son mari, son cousin les a obligées à vendre la maison qui était une petite bicoque et qu’elles se sont retrouvées à la rue.

Selon moi, avoir une lecture très orthodoxe et créer de l'injustice n'est pas la volonté de Dieu

Maintenant, il y a un texte précis dans le Coran qui détermine toutes les règles de l'héritage. Nous ne demandons pas de faire fi du texte.

Cela dit, la situation d'aujourd'hui n'est pas la même que celle qui prévalait lors de l’apparition de l’Islam, qui avait édicté des textes avec des règles pour éviter les injustices sociales et pour protéger la femme et les enfants.

Certes, il y a un texte précis, mais il y a une finalité aussi du texte qui se base sur la justice. Maintenant, il y a un certain nombre de mécanismes qu'il faut renforcer pour permettre à un jeune couple qui n'a que des filles de pouvoir sortir de ce système-là.

- Par des donations ou la légalisation des testaments ?

- Les donations existent, mais je pense plutôt à des mécanismes juridiques qui peuvent protéger vos enfants en cas d'accident si vous n'avez pas eu le temps de faire des donations.

Quand vous lisez le Coran, 4% seulement de ses textes sont des règles contraignantes, alors que tout le reste peut être interprété, car l'esprit de l'Islam est basé sur des valeurs universelles, de justice, d'équité et de protection des plus faibles qu’il importe de ne pas mettre en péril.

Selon moi, avoir une lecture très orthodoxe et créer de l'injustice n'est pas la volonté de Dieu.

- Mais entre la théorie et la pratique, on arrive à des situations d’inégalité qui perpétuent le patriarcat ?

- Ce sera toute l'intelligence de notre rite malékite qui fait partie de l'exception marocaine. Notre pays a réussi à créer un espace de liberté, avec des gens de différentes sensibilités, pour éviter les restrictions et la censure.

En tant que femme qui n’est ni "alem" ni théologienne, mais qui vit sereinement avec son temps, aime son pays et sa religion, il est primordial d’éviter, sous prétexte d’une interprétation erronée du texte, de créer de l'injustice.

- On ne peut donc pas retoucher les textes, et l'égalité parfaite homme-femme n'est pas pour demain...

- L'égalité parfaite entre l'homme et la femme n'existe nulle part.

Dois-je vous rappeler qu’aujourd'hui, les différences au niveau des salaires, et les difficultés d'accès à des postes ou à la politique subsistent dans tous les pays dits développés ?

Certains partis politiques en Europe, et tous les pays qui se disent égalitaires entre hommes et femmes payent aujourd’hui des pénalités parce qu'ils n'arrivent pas à atteindre les quotas exigés pour l'accès à la femme.

Au Maroc, l’Islam est une religion d'Etat et nous avons la chance extraordinaire d’avoir l’institution de la Commanderie des croyants qui est habilitée à trancher en termes d’interprétation ; et c'est d’ailleurs ce qui permet à notre pays de pouvoir évoluer avec beaucoup de sagesse sans heurts et sans révolte.

Quand c’est nécessaire, on finit toujours par converger, comme en 2003 avec l'adoption de la nouvelle Moudawana.

L'égalité homme-femme n'est malheureusement une réalité nulle part, mais plutôt un idéal auquel on aspire. Le plus important est que nos concitoyennes prouvent tous les jours qu'elles sont engagées, capables, émancipées, et contribuent à l'économie de leur pays, en tant que fonctionnaires, femmes d’affaires, cadres supérieures, artistes, femmes de religion et j’en passe.

Notre société évolue dans le bon sens, mais il est vrai qu’il y a encore un saut important à faire, sans pour autant être dans la rupture et le rejet.

Etant une femme d'évolution, je pense qu’entre l'ancien Code de la Moudawana en 2003, dont la réforme avait été une vraie révolution, et le nouveau Code de la famille de 2024, ce sera un autre pas en avant pour la famille.

Tout en étant optimiste, je ne fais pas partie de celles qui veulent faire passer les choses en force car, selon moi, il est déjà extraordinaire d’ouvrir le débat entre les différents courants ; et cette liberté est déjà une réussite.

70% des bidonvilles résorbés

- Passons à un autre registre, celui de votre périmètre d'action en tant que ministre.  Où en est le programme d'éradication des bidonvilles qui s'éternise depuis vingt ans ?

- Déclenché en 2004, ce programme, qui a pour vocation d’éradiquer les bidonvilles de toutes les villes, a connu de francs succès, mais le problème concerne le recensement de la prolifération des habitations insalubres.

Pendant longtemps, il y a eu une absence de planification qui permettrait d'anticiper une politique de l'habitat pour éventuellement accueillir ces flux entre le rural et l'urbain, et donc maîtriser plus facilement cette prolifération.

C’est pour cette raison qu’on s'est retrouvés avec une augmentation de 70% des demandes de relogement par rapport au chiffre initial de 2004, qui était de 230.000, contre plus de 400.000 après le début du programme.

Mais, à ce jour, nous avons réussi à résorber 70%. Pour vous donner des chiffres édifiants, nous étions entre 2018 et 2021 à une moyenne annuelle de traitement des bidonvilles de 6.200 ménages et, aujourd'hui, depuis l'arrivée de ce gouvernement, nous sommes arrivés à 18.600 ménages par an.

- En d'autres termes...  

- Que nous avons trouvé des solutions de relogement à 18.600 ménages par an en deux ans et demi.

C'est un chiffre qui en dit long sur la volonté du ministère de l'Intérieur et de notre département qui travaillent de concert avec une approche innovante, qui fait la part belle au partenariat privé, avec une redynamisation des territoires où le relogement dans les appartements est complexe.

Aujourd'hui, nous avons un certain nombre d'outils modernes, comme les drones, pour pouvoir maîtriser nos territoires et trouver des solutions en amont et éviter de nous retrouver avec des territoires entiers de clandestinité.

Nous avons attaqué le dossier le plus compliqué, et je suis heureuse de l'avancée des choses à Casablanca où il subsiste 64.000 ménages clandestins sur un total national de 120.000 ménages qui vivent dans des bidonvilles.

Nous avons lancé un appel à manifestation d'intérêt pour développer un partenariat public-privé, à savoir que l’Etat va contribuer au travers de l'aide au logement, plus les 40.000 DH que nous versons, plus la contribution du bénéficiaire qui nous amène à des logements sociaux tels que nous les connaissons.

Sur les 64.000 demandes à Casablanca, nous avons reçu 64.000 offres de promoteurs immobiliers qui s'intègrent complètement. Aujourd'hui, nous finalisons les signatures avec les différents partenaires, à savoir le ministère des Finances et le ministère de l'Intérieur, pour pouvoir accompagner ce programme qui va se faire sur quatre ans.

- C’est-à-dire ?

- Cela signifie que dans quatre ans, il n'y aura plus de bidonville à Casablanca.

- Mais si la sécheresse devait se poursuivre, avec l’exode rural qui va drainer des milliers de nouveaux arrivants, ce programme sera voué à l’échec...

- C'est une réalité, mais nous allons faire en sorte de planifier, d’anticiper et d’avoir une politique de l'habitat. Pour la première fois, le ministère a lancé six plans régionaux d'habitat pour connaître la réalité de nos territoires.

- Vous avez cartographié les territoires pour recenser les besoins ?

- Exact, pour savoir où nous avons du foncier disponible et où nous n'en avons pas. Cartographier les besoins de chaque région de façon à pouvoir initier des plans d'aménagement et des dynamiques orientées et spécifiques. Parce que les besoins de Drâa-Tafilalet ne sont pas les mêmes que ceux de Casablanca.

Mais il y a aussi une triste réalité, c'est qu'il existe une économie croissante du logement clandestin.

- Vous voulez dire un business illégal ?

- En effet, il y a des gens qui profitent de la détresse des mal-logés pour gagner de l’argent. Mais, pour la première fois, nous avons établi un registre des bénéficiaires qui a montré que certains déposaient plusieurs dossiers de relogement. Nous avons trouvé 14.000 doublons, à savoir des gens qui ont bénéficié de deux logements.

Nous avons multiplié les contrôles pour mieux maîtriser nos territoires pour anticiper les problèmes. Et je pense qu'on y arrivera.

- Est-ce qu'on peut imaginer que d'ici 2030, il n'y ait plus aucun bidonville au Maroc?

- J'espère même avant, parce que la pression est surtout concentrée sur sept territoires : Guercif, Marrakech, Larache, Kénitra, Rabat, Taroudant, et Casablanca où nous avons déclenché une dynamique qui porte ses fruits.

- C'est terrible pour l'image du Maroc, qui se prépare à accueillir le Mondial, de voir subsister des bidonvilles...

- Il est surtout honteux de savoir que, dans un pays qui se développe, il y ait encore des Marocains qui vivent dans ces conditions-là. C'est d'abord cela qui nous touche et puis ensuite, bien sûr, si des visiteurs du Maroc ont aimé montrer la plus belle image que nous ayons de nous-mêmes, ces quartiers dits clandestins n'ont plus de raison d'être aujourd'hui dans un Maroc qui connaît des programmes d'habitat d'envergure.

- Un bilan sur votre politique d’aide au logement ?

- Vendredi dernier (17 mai), nous sommes arrivés à 11.175 bénéficiaires sur les 72.000 inscrits. Pendant le Ramadan, j'ai reçu plusieurs promoteurs immobiliers qui étaient très emballés par ce programme.

- Pourtant, plusieurs dirigeants de la FNPI ont parlé d’un véritable parcours du combattant au niveau des agences urbaines qui font preuve d’une bureaucratie décourageante pour les mises en chantier...

- Les chiffres disent le contraire, avec une hausse des ventes de ciment de 21% par rapport à l'année dernière, des mises en chantier qui ont augmenté de 56 % par rapport 2023, ainsi que l'augmentation de l'octroi des crédits.

Tous ces indicateurs montrent que ce programme marche très fort et les promoteurs sont tous emballés. Si un promoteur a fait un mauvais business plan, et que la conjoncture est ce qu'elle est et qu'il n'a pas pu résorber son stock, ce n'est pas le rôle de l'État qui est de redynamiser un secteur, de créer de l'emploi et de réduire un déficit.

Maintenant, est-ce que l'administration marocaine, de façon générale, est un parcours du combattant ? Oui, mais on est en train de mettre en place une digitalisation pour pouvoir faciliter et raccourcir les procédures.

- Que faites-vous au ministère pour préparer le Mondial 2030?

- Nous travaillons avec les différents départements et la Fédération royale marocaine de football pour les accompagner sur tous les plans d'aménagement comme par exemple les fan zones des supporters qui ne peuvent pas assister aux matchs.

Et puis nous accompagnerons les territoires qui vont accueillir les matchs par de la politique de la ville, de la mise à niveau et de l'embellissement de ces territoires-là.

- Pensez-vous pouvoir remplir le cahier des charges de la FIFA d'ici 2026 ?

- Je ne connais pas très bien les règles de la FIFA, mais quand le dossier sera approuvé en juin prochain, tous les départements concernés vont se mettre au travail pour respecter les échéances imposées.

- Question d'actualité sur le remaniement qu'on dit imminent. Est-ce une rumeur ou une information ?

- Un remaniement, c'est quelque chose de très courant dans la vie d'un gouvernement. Mais, à ce stade, nous n'avons pas encore tenu de réunion pour arrêter les conditions du remaniement.

Il n'y a pas de problème politique entre nos trois partis. Il y a parfois des désaccords mais sans plus... Des désaccords qu'on sait régler avec intelligence et par le dialogue et la bonne volonté des uns et des autres.

S’il y a une volonté politique de remaniement, nous ne sommes pas contre, mais je ne peux pas vous en dire plus.

- Au sein de votre parti, avez-vous des demandes de ministrabilité ?

- Je suppose qu'il y a des ambitions qui sont légitimes car, quand on a de solides compétences et un parcours militant, il est normal de se positionner et de candidater, mais je n'ai à ce jour reçu aucune requête de personne.

- Est-ce que votre prédécesseur à la tête du parti restera ministre de la Justice ?

- On n'a pas encore ouvert ce chantier, mais je considère que Abdellatif Ouabi est un bon ministre de la Justice.

Il a souvent fait polémique, parce que c'est un personnage qui a réussi à créer un vrai débat en portant le Code de procédure pénale qui était en dormance depuis des années, et qui est aujourd'hui au Parlement.

En cas de remaniement, est-ce qu'il restera et est-ce que moi je resterai ? Je suis incapable de vous répondre.

- Êtes-vous devenu un véritable parti de gouvernement après deux ans et demi ?

- Absolument, car le PAM est constitué de gens engagés qui ont une vision et qui ont fait leurs preuves.

Nous avons commis des erreurs, mais nous avons su nous redresser et acquérir une légitimité populaire qui s'est accrue avec le temps, et qui devrait se confirmer dans les urnes grâce à notre bonne gestion des villes, des régions et notre travail au gouvernement.

Partant de ce constat, je pense que nous sommes devenus un parti indispensable à la scène politique.

- Les priorités du PAM pour la deuxième partie du mandat ?

- Le véritable challenge, c'est l'emploi pour notre population qui est jeune.

Certains ont des compétences, mais nous avons aussi beaucoup de jeunes Marocains qui n'ont pas de compétences et qui n'arrivent pas à s'intégrer à un tissu économique pourtant florissant.

C'est par conséquent la priorité des priorités, il n'y en a pas d'autres.

- Avez-vous des chances de gagner les élections en 2026 ?

- Tous les partis veulent arriver premier ; mais l’idée n’est pas d’arriver premier pour la gloire, mais plutôt de défendre une manière de voir, une manière de faire et une société à laquelle on aspire.

Est-ce que mon parti arrivera premier ? Il n'y a pas de raison que ce ne soit pas le cas.

- Vous y croyez vraiment ?

- Je ne me prononcerai pas, mais nous avons acquis une véritable légitimité populaire qui s’appuie sur notre sincérité dans l'engagement et notre proximité en termes d'écoute des attentes et doléances de nos électeurs.

- Trois mois après le Congrès, comment évaluez-vous ce système de direction collégiale ?

- Ayant fait partie des gens qui ont proposé ce système collégial, je considère que ce mode de fonctionnement nous permet d’être plus efficients, car notre complémentarité collégiale permet de sortir du système classique du "zaïm" en faisant de la politique autrement, en s’ouvrant aux autres et en libérant les potentialités.

Ce système nous a permis de renforcer nos institutions pour que chacun puisse être autonome et en cohérence.

- Cette direction tripartite est donc appelée à durer ad vitam æternam ?

- Je ne sais pas, la décision restera entre les mains du bureau politique et des militants ; mais il n'y a pas de raison qu'elle soit remise en question pour l'instant, car elle a créé une bonne dynamique partisane.

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