Mondial 2022. Walid Regragui : “Pas de complexe, pas de regret”
Tout en respectant ses futurs adversaires espagnols, le sélectionneur national assure que son groupe n'a aucun complexe d’infériorité. Un état d’esprit déterminant dans la quête d’une qualification en quart de finale de la Coupe du monde 2022.
Tel un équilibriste, Walid Regragui a passé l’exercice médiatique de ce lundi 5 décembre sur le fil, entre la volonté de respecter son futur adversaire espagnol et celle de ne pas le mettre sur un piédestal.
Un exercice ardu qui s'inscrit dans la continuité de son travail “avec le staff qui est d'équilibrer les émotions, que les joueurs sentent que c'est un match pour l'histoire mais qu'ils n'aient pas trop de pression. Voilà la formule : pas de complexe, pas de regret. Et jouer au football", a-t-il lancé.
La conférence de presse qui précède le huitième de l’équipe nationale face à l’Espagne, programmé ce mardi 6 décembre à 16 h, a également été l’occasion pour le technicien de rappeler que le football n’est pas une science exacte, au même titre que la possession du ballon n’est pas un gage de victoire.
“L'Espagne est favorite”
Face à la Roja, qui confisque le ballon plus que toute autre équipe dans la compétition, Walid Regragui espère que les hommes de Luis Enrique ne sauront “pas quoi faire du ballon”. Le sélectionneur s’attend à un match très difficile, “contre l'une des meilleures équipes du monde sur le plan footballistique, un des favoris pour la victoire finale”.
Possession haute, tiki-taka, des joueurs de talent au milieu de terrain… Résigné à courir derrière le ballon, le technicien marocain n’a pas tari d’éloge sur les qualités de l’Espagne : “La possession, ils vont l'avoir, il faut qu'on l'accepte.” C'est à se demander s’il ne souhaite pas que les Espagnols se voient trop beau, trop tôt. Une stratégie de communication répandue dans le football moderne.
“Mais on a des choses à faire valoir”, a-t-il prévenu, comme pour souligner la capacité des Marocains à respecter l’adversaire sans pour autant l’idolâtrer. “On s'est bien préparé et on a un jour de récupération en plus.” Bien que cette donnée ne pèsera pas lourd dans la balance, puisque les deux équipes ont eu le même temps de repos.
En tout cas, le sélectionneur n'a pas caché son envie de “créer la surprise car, en étant honnête, si on élimine l'Espagne ce sera une belle surprise”, a-t-il reconnu. “Ils ont l'ADN des grandes compétitions que nous n'avons pas. Cela fait trente-six ans qu'on n'a pas joué un huitième de finale.”
S’il concède que l’élimination de l’Espagne serait une surprise, Walid Regragui n’a pas voulu entendre parler de revanche par rapport au match nul (2-2) entre le Maroc et l’Espagne lors du mondial Russe en 2018. “On ne regarde pas ce qui s'est passé avant, c'est négatif, c'est l'ancien Maroc. Quand on rentre dans ce mode revanche, ça ne fonctionne pas très bien.”
A l’évidence, le sélectionneur national n’a qu’une idée en tête, préparer de la meilleure des manières le huitième face à l’Espagne. Un rendez-vous certes important, mais “j’espère que dans le futur, il y en aura un plus important, ça voudra dire qu'on est en quart de finale”, a-t-il déclaré.
“Je l'ai dit aux joueurs. Les internationaux marocains de 1986 ne peuvent plus rejouer le match. Ils ne peuvent plus aller en quarts. Nous, il nous reste vingt-quatre heures, on peut le faire”, a-t-il conclu.
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