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Aziz Akhannouch défend le bilan de sa première année en tant que chef du gouvernement

Aziz Akhannouch est revenu sur les principales mesures qui ont caractérisé sa première année en tant que chef du gouvernement, celles qui sont inscrites dans le PLF 2023. Il a également évoqué l’inflation dans une interview accordée à Hespress.

Aziz Akhannouch défend le bilan de sa première année en tant que chef du gouvernement

Le 4 novembre 2022 à 19h16

Modifié 4 novembre 2022 à 20h10

Aziz Akhannouch est revenu sur les principales mesures qui ont caractérisé sa première année en tant que chef du gouvernement, celles qui sont inscrites dans le PLF 2023. Il a également évoqué l’inflation dans une interview accordée à Hespress.

Dans un entretien accordé à nos confrères de Hespress, le chef du gouvernement, Aziz Akhannouch, a défendu le bilan de sa première année au pouvoir et répondu aux critiques concernant l’inflation. C’est seulement sa deuxième sortie médiatique après celle des 100 premiers jours du gouvernement, qui avait été diffusée sur les deux chaînes nationales généralistes.

Cette interview survient dans un contexte où le projet de loi de finances (PLF) 2023 suscite des résistances, entre autres pour ses dispositions fiscales.

Sur le fond, Aziz Akhannouch n’a rien annoncé de nouveau en ce qui concerne les programmes gouvernementaux. C’était plutôt un rappel des principales mesures prises en cette première année et celles prévues dans le PLF 2023. En gros, le gouvernement a subi énormément de contraintes, comme l’inflation importée, la sortie de crise, la guerre russo-ukrainienne et la sécheresse. Mais il a maintenu le cap social qu’il avait annoncé. Le premier grand projet qui va aboutir sera celui de la généralisation de la protection sociale.

"La question sociale en tête des priorités"

Le chef du gouvernement a rappelé que la santé, l’éducation et l’emploi étaient les trois priorités du programme gouvernemental. D’après lui, il n’y avait pas que de la planification et de la stratégie lors de cette première année, mais aussi de l’exécution.

Parmi tous les secteurs sociaux, il s’est beaucoup attardé sur celui de la santé, citant la réforme du système de santé à travers l’adoption de la loi-cadre, l’investissement dans trois nouveaux CHU, dans l’optique de les généraliser à toutes les régions, le projet de construction de 1.400 centres de santé et la formation des médecins en doublant le nombre de diplômés à l’horizon de la fin de son mandat (2026).

Le secteur de la santé a déjà bénéficié d’une augmentation de son budget de 4,6 milliards de dirhams en 2022. En 2023, les secteurs de la santé et de l’éducation à eux seuls bénéficieront d’un budget total de près de 100 milliards de dirhams.

Aziz Akhannouch a également mentionné que cette réforme du système de santé, intimement liée à celle de la généralisation de la protection sociale, était un chantier complexe qui nécessite beaucoup de dialogue et de concertation.

Concernant la réforme de l’éducation, il a déclaré qu’il ne ferait pas marche arrière sur la limite d’âge pour l’accès aux écoles de formation des enseignants, soulignant que ce métier devait dorénavant être considéré comme un choix de carrière à faire dès le début du cursus universitaire.

"Nous comprenons les attentes des syndicats, mais il y a des contraintes qui font que l’Etat ne donne que ce qu’il est capable donner"

Le chef du gouvernement a également rappelé les résultats du dialogue social, comme l’augmentation du SMIG de 10%, la hausse du salaire minimum dans la fonction publique à 3.500 dirhams, l’alignement du SMAG sur le SMIG dans un horizon de quatre ans, l’augmentation des retraites de 5%, etc.

Il a également annoncé que le gouvernement avait fait un effort de 2,4 milliards de dirhams pour accroître les revenus de la classe moyenne grâce à la baisse de l’impôt sur le revenu, estimée entre 900 dirhams et 2.300 dirhams sur une année pleine. Le nombre minimum de jours de travail pour bénéficier de la retraite, quant à lui, a été ramené à 1.320 jours au lieu de 3.240 jours.

"Les premières aides directes aux ménages seront octroyées dès la fin 2023"

Sur la question du registre social unifié (RSU), il a rappelé que les citoyens pourraient commencer à s’y inscrire dès la fin de 2022, tandis que les premières aides directes devraient être octroyées à partir de la fin 2023.

Ces aides concerneront les personnes avec enfants scolarisés, ensuite les personnes sans enfant éligibles aux critères d’âge et de scolarité. Les montants pour les uns et les autres ne sont pas encore déterminés. "Nous avons toute l’année pour en décider", a déclaré Aziz Akhannouch.

"L’inflation est importée"

Interrogé sur la grogne des citoyens concernant le renchérissement des produits à la consommation, le chef du gouvernement a déclaré qu’il s’agissait d’une inflation importée, rappelant que l’Etat prévoyait d’injecter 28 milliards de dirhams au titre de la caisse de la compensation en 2023 pour subventionner les prix du gaz butane, de la farine de blé et du sucre.

Pour le gaz butane, il a affirmé que le prix de la bonbonne de gaz serait de 140 dirhams, au lieu de 40 dirhams, si elle n’était pas subventionnée. Il a également nié toute intention du gouvernement de supprimer cette subvention pendant l’année 2023.

Il a également mentionné l’aide aux professionnels du transport qui allait se poursuivre pendant ce mois. Un budget de 5 milliards de dirhams a été alloué pour cette opération qui vise à éviter la hausse des prix du transport.

"La facture d’électricité a doublé pour l’Etat"

Concernant le prix de l’électricité, Aziz Akhannouch a salué la stabilité des prix au Maroc, en comparaison avec d’autres pays où la hausse est vertigineuse. D’après lui, c’est l’Etat qui a supporté le différentiel de prix.

"L’Etat avait besoin de 20 milliards de dirhams pour produire l’électricité pour une année ; aujourd’hui il a besoin de 40 milliards de dirhams", a-t-il déclaré, rappelant qu’en contrepartie, le prix à la consommation n’avait pas bougé.

"Le prix du kWh au Maroc est de 0,98 dirham hors taxes, alors qu’en Espagne, il est trois fois plus cher, et dans d’autres pays d’Europe, sept fois plus cher."

Il a annoncé que le gouvernement avait prévu dans le projet de loi de finances 2023 de soutenir l’ONEE à hauteur de 5 milliards de dirhams. Pour le montant qui reste, il comptait sur l’entreprise publique pour trouver des "aménagements" en guise de solutions.

"L’eau, une problématique qui dépasse tout calcul politique"

Concernant la crise de l’eau, Aziz Akhannouch a déclaré que "s’il n’y avait pas eu de station de dessalement à Chtouka Ait Baha, la région d’Agadir n’aurait pas eu d’eau à boire". Il a indiqué que d’autres régions étaient dans la même situation et que cela nécessitait d’accélérer la mise en place des stations de dessalement d’eau de mer.

D’autre part, il a déclaré que les barrages du pays aujourd’hui ne servaient plus l’agriculture et qu’ils étaient exclusivement destinés à l’eau potable et aux villes.

Par ailleurs, le chef du gouvernement a loué le programme de réduction des disparités territoriales, précisant qu’il bénéficiait de 6 milliards de dirhams au titre de l’année 2023 et qu’il allait boucler sa dernière année, espérant qu’il y aura un autre programme prochainement destiné aux zones rurales et aux disparités territoriales.

"Des discussions sont en cours pour faire passer les CRI sous le giron du ministère de l’Investissement"

Aziz Akhannouch a confirmé que des discussions étaient en cours pour affilier les Centres régionaux de l’investissement (CRI) au ministère délégué au chef du gouvernement et chargé de l’Investissement et de la convergence des politiques publiques.

Il porte également ses espoirs sur la Stratégie nationale de la transition digitale, préparée par le département de Ghita Mezzour, afin d’apporter plus de facilité et de transparence dans le processus d’investissement. "C’est important pour lutter contre la corruption", a-t-il déclaré.

Il a également annoncé que les MRE auront droit, grâce à cette digitalisation, à une sorte de "fast-track" pour accélérer et faciliter leurs investissements dans le Royaume.

Plus de 750.000 créations d’emploi visées durant ce mandat

Il espère voir l’investissement privé s’accélérer après l’entrée en vigueur de la nouvelle Charte de l’investissement, précisant que le premier décret d’application était déjà prêt et qu’il n’attendait que l’adoption du projet de loi au niveau de la Chambre des conseillers.

Interrogé sur ses promesses électorales de création d’un million d’emplois durant son mandat, le président du RNI a déclaré qu’il avait convenu avec la CGEM de créer près de 500.000 emplois par le secteur privé au cours des cinq ans de son mandat, en plus de 250.000 emplois prévus dans la fonction publique. Le reste serait à aller chercher dans les domaines de l’agriculture, de l’artisanat et du tourisme, a-t-il signalé.

En 2023, le gouvernement a prévu la création de 50.000 emplois dans la fonction publique, dont 20.000 dans l’éducation et 5.000 dans la santé.

"L’officialisation de l’amazigh aura un budget de 300 MDH en 2023"

Sur la question de l’officialisation de la langue amazighe, il a affirmé qu’après les 200 millions de dirhams alloués à ce chantier en 2022, 300 millions de dirhams sont prévus pour 2023 et 500 millions de dirhams pour 2024. Ainsi, le 1 milliard de dirhams promis à ce chantier sera atteint dès la troisième année de son mandat.

Selon lui, priorité sera donnée aux services d’accueil dans les administrations, afin d’assurer la traduction et la facilitation d’accès des personnes parlant l’amazigh à tous les services publics dans cette langue.

"Je ne voulais pas accepter la démission de Jamaa El Moatassim"

Commentant la polémique qui a entouré le travail de Jamaa El Moatassim, le numéro deux du PJD, en tant que chargé de mission auprès du chef du gouvernement, Aziz Akhannouch a affirmé que c’était lui-même qui avait demandé à El Moatassim de rester auprès de lui pour assurer la continuité sur quelques dossiers.

Akhannouch a loué les compétences d’El Moatassim, déclarant qu’il y avait des profils du PJD dans plusieurs postes dans l’administration et que cela ne devait choquer personne. Enfin, il a avoué avoir hésité à accepter la démission d’El Moatassim, avant de s’y résigner.

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