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Carburants : “La concurrence par les prix est quasi-inexistante, voire neutralisée” (C. Concurrence)

Le Conseil de la concurrence a livré le premier rapport sur la série d’enquêtes menées pour analyser la flambée des prix des intrants et matières premières au niveau mondial et ses conséquences sur le fonctionnement concurrentiel des marchés nationaux. Il est consacré aux carburants. Voici ses conclusions.

Carburants : “La concurrence par les prix est quasi-inexistante, voire neutralisée” (C. Concurrence)

Le 26 septembre 2022 à 20h16

Modifié 27 septembre 2022 à 12h52

Le Conseil de la concurrence a livré le premier rapport sur la série d’enquêtes menées pour analyser la flambée des prix des intrants et matières premières au niveau mondial et ses conséquences sur le fonctionnement concurrentiel des marchés nationaux. Il est consacré aux carburants. Voici ses conclusions.

104 pages d'analyse sur les prix pratiqués sur le marché des carburants pendant cette période d'inflation, marquée par une hausse des prix de vente aux consommateurs quasi-généralisée et qui est susceptible de perturber le fonctionnement concurrentiel des marchés nationaux concernés.

Ce rapport n'est pas en lien avec le dossier des ententes sur le marché des hydrocarbures, pour lequel la décision du Conseil de la concurrence est toujours attendue.

Que dit donc le Conseil de la concurrence ? “La concurrence par les prix sur ces marchés est quasi-inexistante, voire neutralisée.” L'instance dirigée par Ahmed Rahhou conclut que “les marchés du gasoil et de l’essence sont des marchés fortement concentrés aussi bien en amont qu’en aval et ce, malgré l’arrivée de nouveaux opérateurs dont la taille, les moyens et l’origine n’ont pas permis d’insuffler une nouvelle dynamique concurrentielle au sein de ces marchés”.

Le régulateur avance aussi que “la structure et le fonctionnement concurrentiel de ces marchés sont restés pratiquement identiques à ceux hérités de l’époque où les prix étaient fixés par les pouvoirs publics”.

Le Conseil de la concurrence constate “qu’à l’exception de la libéralisation des prix de vente, ces marchés continuent de fonctionner selon le même schéma administratif de régulation, avec le même cadre légal et réglementaire, les mêmes intervenants, presque le même mode de détermination des prix de vente et les mêmes procédures”.

Un statu quo qui pourrait s’expliquer par “le niveau de rentabilité financière très élevé que cette activité permet de générer et qui n’incite pas les opérateurs à une rivalité concurrentielle par les prix sur ces marchés, du moment qu’ils sont assurés, ou presque, de la réalisation de résultats positifs quelle que soit la conjoncture ou le nombre d’opérateurs”.

Pour le Conseil, les constats cités sont confirmés par deux aspects :

- la stagnation des parts de marché avec de légères variations durant les périodes observées ;

- les comportements passifs des opérateurs qui ont neutralisé toute concurrence par les prix de vente.

“Au moment de la baisse des cours internationaux en 2020 et au premier semestre de 2021, il a été constaté que ces opérateurs ont préféré augmenter leurs marges au lieu de chercher à augmenter leurs parts de marché en opérant des baisses significatives de leurs prix de vente.”

Marge brute de distribution : forte hausse en 2020 et 2021

Au cours des années 2020 et 2021, les marges des sociétés de distribution ont connu une forte hausse, dépassant en 2020 la barre des 1 DH/litre chez l’ensemble des opérateurs.

Ces marges ont dépassé les 1,25 DH/litre chez les trois premiers opérateurs du marché (Afriquia SMDC, TotalEnergies Marketing Maroc et Vivo Energy Maroc) et ont même atteint 1,40 DH/litre chez Vivo Energy Maroc, soit environ 15% du prix de vente d’un litre de gasoil, contre seulement une moyenne de 9% pour la période 2018-2021.

Aussi, les marges de 2021, même après avoir diminué par rapport à 2020, restent supérieures de près de 25 centimes/litre à celles constatées en 2018 et 2019.

Il en résulte, selon le Conseil, que les sociétés de distribution ont tiré profit de la forte chute du cours sur le marché international pour augmenter leurs marges. Un constat corroboré par les conclusions de l’analyse sur le niveau de corrélation. En effet, les cotations à l’international en 2020 ont baissé de 1,73 DH/litre, alors que les prix de vente sur le marché national n’ont baissé que de 1,18 DH/litre.

Marge nette sur le gasoil et l'essence

Pour sa part, le niveau de marge nette (gasoil et essence) a oscillé entre un minimum de 0,07 DH/litre et un maximum de 0,68 DH/litre durant la période 2018-2021.

Le résultat net cumulé sur la période 2018-2021, dégagé du segment du gasoil et de l'essence par les sept premiers opérateurs du marché, représente environ 63% de leurs résultats nets toutes activités confondues (soit 10,7 MMDH), alors que le chiffre d’affaires du segment (gasoil et essence) constitue plus de 76% de celui réalisé par ces opérateurs en intégrant toutes leurs activités.

L’analyse par opérateur a conduit à constater l’existence d’écarts significatifs entre leurs marges nettes. En effet, Winxo est la société la plus rentable, enregistrant les meilleures marges nettes, soit 0,37 DH/litre et 0,68 DH/litre, talonné par TotalEnergies Marketing Maroc avec une marge nette entre 0,2 DH/litre à 0,45 DH/litre. A l’inverse, Afriquia SMDC est la société dégageant les marges nettes les plus faibles des sept opérateurs, fluctuant entre un minimum de 0,07 DH/litre en 2021 et un maximum de 0,16 DH/litre en 2019.

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