Les prix du gasoil resteront inchangés d’ici fin septembre, l’essence baissera de 70 centimes en moyenne
Malgré la baisse du cours du gasoil raffiné à Amsterdam, les prix à la pompe vont se maintenir à leur niveau actuel, selon un expert sondé par Médias24. En cause : la forte hausse du dollar qui a contrebalancé la baisse du prix du Platts. La tendance au niveau des marchés reste toutefois baissière. Si le dollar se stabilise, une baisse à la pompe du prix du gazoil n’est pas à exclure en octobre.
Les cours du Platts, gasoil raffiné sur le marché d’Amsterdam qui est importé par les distributeurs marocains, est passé de 1.130 à 1.100 dollars entre le 1er et le 15 septembre. Cette baisse ne se répercutera pas pour autant à la pompe, nous indique un expert consulté par Médias24, pour qui le prix du litre du gasoil restera globalement inchangé.
Le Maroc, comme tous les pays importateurs de pétrole ou de produits raffinés, est pénalisé par la politique américaine du dollar fort. Rien que sur cette première quinzaine du mois de septembre, le dollar est passé d’une moyenne de 10,47 dirhams à 10,65 dirhams, du jamais vu depuis au moins vingt ans. Ce qui efface complètement, selon notre expert, la baisse des 30 dollars accusée par le gasoil raffiné à Amsterdam.
Une tendance qui ne sera pas la même pour l’essence. Celle-ci connaîtra, selon les prévisions de notre source, une baisse moyenne de 70 centimes. L’essence raffinée, qui a chuté beaucoup plus que le gasoil, neutralise ainsi l’effet dollar.
Le gasoil sera désormais plus cher que l’essence !
Le gasoil restera à son prix actuel : 14,90 dirhams en moyenne, avec une différence de quelques centimes entre les distributeurs.
L’essence, qui varie aujourd’hui entre 14,60 DH et 14,75 DH le litre, passera sous la barre des 14 DH.
L’essence sera donc moins chère que le gasoil. Une donnée que l’on constate également sur les marchés européens, où l’essence est devenue plus abordable que le gasoil, et ce, en raison du jeu de l’offre et de la demande.
Selon plusieurs experts internationaux, ce phénomène inédit de l’explosion de la demande mondiale pour le gasoil, au moment où ce carburant n’a jamais été aussi décrié, s’explique par les besoins importants des armées russes et ukrainiennes pour alimenter leurs chars et autres engins de guerre.
Cette tendance n’est pas nouvelle : le 1er septembre, alors que le prix du gasoil a été augmenté de 1,02 DH à la pompe, le litre d’essence est resté, lui, inchangé.
Une baisse du prix du gasoil n’est pas à exclure en octobre
Mais, selon notre expert, les prix du gasoil à l’international pourraient connaître, comme le montrent les données actuelles du marché, une baisse dans les prochains jours, ce qui ne va se répercuter dans les stations marocaines qu’à partir du mois d’octobre. A moins que le dollar ne poursuive son envolée… Car toute hausse du billet vert efface les gains réalisés sur le prix de la matière importée.
Cette baisse attendue s’explique par la tendance générale des cours du pétrole depuis la fin du mois d’août, passant de 104 dollars à 92 dollars à l’heure où ces lignes sont écrites. Un cours qui risque encore de baisser, selon l’ensemble des prévisions, en raison des craintes de récession économique qui planent sur le monde après la forte montée des taux d’intérêt aux Etats-Unis et en Europe.
Et qui dit récession dit recul de l’activité économique et, par ricochet, une baisse de la consommation d’hydrocarbures et une chute des cours du baril et des produits raffinés.
Mais rien n’est encore sûr. En raison notamment de l’issue indéterminée du conflit en Ukraine et des décisions qui peuvent être prises par la Russie, mais aussi de la réaction des pays de l’OPEP+, qui pourraient décider de réduire drastiquement leur production pour maintenir les cours du baril à un niveau élevé.
La preuve en a été donnée par la dernière décision prise le 5 septembre. Face aux craintes d’une récession dans les économies occidentales, les membres de l’OPEP+ (dont la Russie fait partie) ont décidé à l’unanimité de réduire leur production quotidienne de 100.000 barils par jour, en octobre. Un geste surprise qui montre que les pays exportateurs de pétrole sont bien décidés à ne pas laisser filer les prix et à profiter au maximum de ce contexte favorable pour leurs finances.
Seule chose qui peut changer la donne, selon les analystes internationaux : un accord avec Téhéran sur le nucléaire dans les prochaines semaines, qui remettrait sur le marché une partie de la production iranienne de pétrole, favorisant une augmentation de l’offre, un rééquilibrage du marché et une détente au niveau des prix.
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