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Réforme de la santé : Ait Taleb se réunit avec les représentants du secteur privé

Les réunions s'inscrivent dans le cadre d'un nouveau round du dialogue social pour une mise en œuvre optimale du chantier royal de réforme du système de santé.

Réforme de la santé : Ait Taleb se réunit avec les représentants du secteur privé

Le 3 août 2022 à 12h21

Modifié 3 août 2022 à 12h22

Les réunions s'inscrivent dans le cadre d'un nouveau round du dialogue social pour une mise en œuvre optimale du chantier royal de réforme du système de santé.

Après avoir rencontré lundi 1er août, l‘Association nationale des cliniques privées (ANCP) et le Syndicat national des médecins du secteur libéral (SNMSL), le ministre de la Santé Khalid Ait Taleb, s’est entretenu mardi avec le Collège syndical national des médecins spécialistes privés (CSNMSP) et le Syndicat national de médecine générale (SNMG).

L’objectif de cette rencontre est de communiquer aux praticiens le contenu du projet de loi-cadre relatif au système national récemment adapté en conseil des ministres du 13 juillet et qui va entamer son parcours législatif. Et c’est également de susciter leurs réactions concernant ce projet de loi.

L’objectif est d’unifier les visions dans le cadre d’une complémentarité entre les secteurs public et privé, a indiqué le ministre, notant que le secteur privé, en tant que partie intégrante du système national de santé, est tenu de soumettre des propositions pour une déclinaison optimale du projet.

« Les demandes légitimes du secteur privé nécessitent une étude approfondie afin d’être en phase avec le chantier de protection sociale », a-t-il dit, ajoutant que le secteur privé doit adhérer à ce chantier et rompre avec les mauvaises pratiques.

« Le secteur privé fait face à des contraintes »

De son côté, le président de l’ANCP, Redouane Semlali, a fait observer dans une déclaration similaire que l’association partage la vision du ministère pour l’implémentation du projet, notamment en termes de gouvernance et de gestion à l’échelle régionale, de création d’une haute autorité de santé et de ressources humaines, ainsi que d’amélioration quantitative et qualitative de la couverture sanitaire.

Il a, par ailleurs, relevé que l’ANCP a présenté au ministre les contraintes auxquelles elle fait face afin de garantir une offre de santé de qualité aux Marocains.

Le ministère est conscient des contraintes et des défis auxquels le secteur est confronté, a avancé plus tard le ministre de la Santé, ajoutant que « toutes les composantes du système de santé convergent vers une seule vision initiée avec une cohérence et une synergie d’actions sur le terrain ».

Le président du SNMSL, Ahmed Ben Boujida, a noté pour sa part que le syndicat à travers ses médecins, s’engagera positivement pour la réussite de ce projet, en garantissant notamment une répartition territoriale équitable des médecins, des investissements et des infrastructures.

Said Afif: le partenariat public-privé est la voie de l’avenir

De son côté, le président du CSNMSP, Said Afif, a indiqué que ce projet sera de nature à restructurer le secteur de la santé, notamment en comblant le manque en termes de ressources humaines.

Le Collège syndical s’engagera sérieusement dans la réussite de ce projet qui concerne la santé des Marocains, a-t-il assuré, notant que le syndicat est prêt, dans le cadre du partenariat public-privé, à coopérer pour garantir des services de santé égaux et de qualité à tous les Marocains.

Joint par Médias24, le Dr Saïd Afif nous a indiqué que le projet de loi répond à une partie des demandes des praticiens formulées depuis une dizaine d’années. Le Conseil national de la santé ainsi que la Haute autorité de la santé, permettront une politique à moyen-long termes au-dessus des calculs politiciens.

Dr Afif insiste sur la place du secteur privé et sur les synergies avec le secteur public comme on l’a vu lors des deux années Covid où plus de un million de personnes ont été prises en charge par l’encadrement marocain, avec à chaque fois que nécessaire, une mutualisation des ressources humaines et des moyens.

Il estime également que la loi-cadre va faire disparaitre le chèque de garantie puisque le patient devra payer seulement le reste à charge. Les caisses devront réduire leurs délais de paiement à deux mois au lieu de trois mois au minimum actuellement, espère-t-il, tout en insistant sur la nécessaire sauvegarde des équilibres des caisses.

Parmi les évolutions qu’il salue, la création des nouveaux organismes, tels que l’Agence du sang et des dérivés du sang; et l’Agence du médicament. Il voit l’avènement d’une carte sanitaire territoriale, tenant compte des spécificités et contraintes des différentes régions.

Dans ses propositions, il cite la revalorisation de la tarification nationale pour réduire le reste à charge payé par les malades. Les plateaux techniques sophistiqués, l’investissement, les pôles d’excellence doivent être selon lui encouragés, notamment en étant rétribués au juste prix.

Tayeb Hamdi: place du médecin de famille, gouvernance, prévention

Le président du SNMG,  Tayeb Hamdi Tayeb, a, quant à lui, affirmé le plein engagement des médecins généralistes du secteur privé pour la réussite de ce projet de refonte du système de santé national.

Les médecins, a-t-il souligné, ont formulé des propositions basées sur la politique de proximité dans le secteur de la santé et l’attention portée à la médecine familiale, à la prévention des maladies et à la gouvernance, tout en tenant compte de l’intérêt croissant pour le secteur privé, soulignant que ce projet place la santé du citoyen marocain au cœur de ses préoccupations.

A signaler que le SNMG participe déjà dans des commissions qui travaillent sur le conventionnement, la TNR et les protocoles thérapeutiques, et des propositions écrites seront transmises à M. le Ministre avant fin septembre.

Joint par Médias24, le Dr Tayeb Hamdi, nous a indiqué que les médecins libéraux sont triplement gagnants de la réussite du chantier de réforme de la santé:

-en tant que citoyens, car cette réforme garantit le développement et la dignité de nos concitoyens.

– en tant que médecins: car elle améliore l’accessibilité et la qualité de soins.

– en tant qu’investisseurs: un système de santé performant, une assurance maladie généralisée équilibrée évolutive et pérenne sont le meilleur levier du succès du privé.

Les médecins libéraux – y compris les médecins généralistes libéraux- représentés par le SNMG Syndicat National de Médecine Générale sont déjà à l’œuvre pour réussir ce chantier royal de la généralisation de la protection sociale et de l’assurance maladie, ainsi que la refonte du système de santé pour accompagner ces chantiers, a-t-il indiqué.

« Au SNMG, nous avons considéré que nous nous retrouvons complètement dans cette vision Royale :

« 1- nous avions toujours appelé à bâtir notre système de santé en mettant en son cœur la prévention, les soins primaires, la médecine de proximité, la médecine générale puisque c’est la seule option pour rationaliser le système pour plus d’efficience surtout que nous nous dirigeons vers une population en vieillissement et de plus en plus de maladies chroniques ;

« 2- nous avions toujours milité pour mettre à l’entrée de notre système de santé un médecin de famille, un médecin traitant qui accueille, accompagne le citoyen en quête d’un service de santé et coordonne son parcours dans un système balisé par le parcours coordonné des soins. C’est le cas dans la loi cadre 06-22.

« Nous avons soulevé la nécessité de revoir, de renforcer le PPP dans le domaine de la santé pour que secteurs public et privé répondent aux objectifs des politiques de santé avec l’accompagnement nécessaire.

« Nous avons également soulevé la nécessité de revaloriser le secteur médical privé pour le rendre attractif. Contrairement aux apparences, la médecine privée n’est pas ou n’est plus attractive. Preuve en est l’émigration des médecins marocains ; si le privé était attractif, les médecins non attirés par le public devraient s’installer dans le privé, or les deux catégories partent à l’étranger. Dans ce cadre, les points suivants ont été discutés:

  • La révision du conventionnement entre le secteur et les caisses de maladie pour en faire un moyen d’encouragement de la bonne pratique et de la maîtrise médicalisée des dépenses surtout qu’on va passer de 14 millions de Marocains assurés à la généralisation de cette assurance.
  • La mise en place du système des incitations pour les conventionnés en parallèle des objectifs arrêtés et atteints.
  • La révision de la tarification nationale de référence pour réduire le reste à charge qui pèse sur les assurés et les ménages.
  • L’intégration dans la TNR des actes pratiqués dans les cabinets de médecine générale non remboursables à ce jour pour le bien de l’assuré.
  • La révision du cadre fiscal qui régit la profession.
  • La révision de la nomenclature générale des actes.
  • La participation du secteur dans l’établissement des protocoles thérapeutiques.
  • La régionalisation.

Et nous avons insisté sur la nécessité d’impliquer le secteur médical libéral et privé dans la réflexion et le débat national sur les politiques et les problématiques de santé en institutionalisant ces concertations.

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