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Startups : un Fonds Innov Invest 2.0 en gestation après l’achèvement du premier fonds

Porté par Tamwilcom, le Fonds Innov Invest lancé en 2017 arrive à échéance en 2022. Après cinq ans d’existence, un bilan d’étape a été réalisé et les discussions sont en cours pour en proposer une version améliorée.

Startups : un Fonds Innov Invest 2.0 en gestation après l’achèvement du premier fonds

Le 25 juillet 2022 à 19h19

Modifié 26 juillet 2022 à 13h45

Porté par Tamwilcom, le Fonds Innov Invest lancé en 2017 arrive à échéance en 2022. Après cinq ans d’existence, un bilan d’étape a été réalisé et les discussions sont en cours pour en proposer une version améliorée.

Est-ce la fin pour le Fonds Innov Invest (FII), véhicule financier porté par Tamwilcom qui s’adresse aux startups ? C’est en tout cas la question que se pose la communauté des startups car c’est l’un des programmes phares qui a dynamisé le secteur et permis à plus de 400 startups de bénéficier de financement.

Ce fonds, doté d’une enveloppe de 500 MDH, agissait à travers plusieurs véhicules dans l’objectif d’accroître l’offre de financement de l’innovation et de l’amorçage en faveur des porteurs de projets et des startups innovants durant leurs phases initiales de développement. Ceux qui agissent directement dans l’octroi des financements pour accompagner la création et le développement des startups sont les produits « Innov Idea », sous forme d’aide, et « Innov Start », sous forme de prêts d’honneur.

Ils sont mis en place via des acteurs de l’écosystème (incubateurs, accélérateurs, clusters…) qui interviennent dans les phases initiales du cycle de l’innovation, et ce grâce à des partenariats avec 16 structures d’accompagnement dont les contrats de labellisation arrivent également à échéance.

Qu’en est-il aujourd’hui de ce fonds et de tout l’écosystème qui a pu se développer autour de lui ces derrières années ?

« Cette initiative a atténué le gap de financement constaté au niveau de l’écosystème, par la mise en place d’une offre structurée de financement pour accompagner la création et le développement de startups innovantes. A cet effet, outre les trois fonds d’amorçage, des partenariats ont été conclus avec des acteurs de l’écosystème par voie d’appels à manifestation d’intérêt pour le financement du pré-amorçage. Initialement arrêtés pour une durée de trois ans, ces contrats ont été prorogés exceptionnellement d’une année à cause de la crise sanitaire du Covid-19, et ils sont déjà arrivés à terme aujourd’hui », nous explique une source autorisée à Tamwilcom.

Une première expérience réussie…

Une revue à mi-parcours du FII a été menée. Elle a été réalisée par un cabinet indépendant dans le cadre des mécanismes de suivi-évaluation de ce dispositif, nous apprend-on de même source.

Il en ressort que « les réalisations enregistrées dans le cadre du FII démontrent le potentiel et l’engouement pour l’entrepreneuriat innovant », nous explique-t-on. « Les premiers retours d’expérience sont positifs », assure notre source.

« Les entretiens menés dans le cadre de la mission de revue à mi-parcours avec les partenaires et parties prenantes du FII, mais également l’enquête de satisfaction réalisée par Tamwilcom auprès des startups bénéficiaires, ont en effet confirmé le rôle fondamental joué par ce dispositif dans l’éclosion et l’institutionnalisation d’un écosystème de startups au Maroc. Une réelle dynamique a été amorcée et s’est traduite à la fois par un engouement pour la création de startups, avec un deal-flow de projets croissant d’année en année, et par l’émergence de diverses initiatives publiques et privées », poursuit notre source.

Cette évaluation est corroborée par des chiffres éloquents. A fin avril 2022, le programme présente le bilan suivant :

– 419 startups ont bénéficié des financements dans le cadre de ce dispositif, contre un objectif initial de 300 projets sur toute la durée du dispositif ;

– plus de 470 millions de DH (MDH) de capitaux privés mobilisés auprès des investisseurs locaux et étrangers (dont plus de 300 MDH en devises) ;

– plus de 1.320 emplois créés hors fondateurs de startups, dont 50% sont âgés de moins de 30 ans ;

– 38 brevets déposés, soit 16% des brevets d’origine marocaine délivrés entre 2017 et 2019 ;

– 303 MDH de chiffres d’affaires réalisés par les startups bénéficiaires des interventions du FII, dont 24 MDH réalisés à l’export.

…mais avec des ajustements à faire pour la suite

Cela dit, comme toute première expérience, « le retour a également montré certaines faiblesses, notamment la fragilité des structures d’accompagnement et la nécessité de développer une offre d’accélération », ajoute notre source à Tamwilcom.

« Tamwilcom se penche actuellement sur l’évaluation de ses partenariats. Les résultats de cette étape ainsi que ceux de l’étude à mi-parcours vont nous permettre de tirer plusieurs enseignements qui serviront de base pour repenser un schéma d’intervention qui soit plus adapté, afin de renforcer l’impact de l’offre de financement existante et d’accompagner la dynamique enregistrée au niveau de l’écosystème », conclut notre source.

Selon nos informations, l’une des problématiques essentielles, qui est actuellement en cours de discussion, concerne le business model des incubateurs et structures d’accompagnement. Il s’agit de la principale contrainte à laquelle il faut trouver une réponse structurelle. « L’accompagnement est aussi important que le financement. Et il est même préliminaire à la phase de financement. Mais cet accompagnement a un coût ; il faut savoir qui va le prendre en charge », nous dit-on.

C’est une problématique épineuse plus globale qui, au-delà du programme Innov Invest, concerne l’ambition affichée du Maroc de faire évoluer son écosystème startups.

Médias24 a déjà consacré un article au financement des incubateurs, dont certains se retrouvent dans l’obligation de se financer en ponctionnant une partie des subventions ou des financements accordés aux startups par les différents véhicules mis en place. Certains témoignages collectés par Médias24 faisaient état de cette pratique par certaines structures labellisées par Tamwilcom.

Sollicité à l’époque, la réponse de Tamwilcom était on ne peut plus claire. « Le Fonds Innov Invest n’a pas pour vocation de financer les programmes d’accompagnement de ces structures labellisées. Ce qui explique que celles-ci doivent s’adapter pour financer les coûts y afférents. »

Il s’avère que c’est cette même problématique qui doit aujourd’hui trouver une solution pour le déploiement de la nouvelle version du Fonds Innov Invest. « Une version 2.0 discutée avec l’ensemble des parties prenantes », nous assure-t-on.

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