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La nomination d’un Algérien comme émissaire de l’ONU pour la Libye bloquée par les Emirats

La nomination d’un Algérien comme émissaire de l’ONU pour la Libye bloquée par les Emirats

Le 28 juin 2022 à 12h06

Modifié le 28 juin 2022 à 15h51

Le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, a proposé au Conseil de sécurité que l'ex-ministre algérien des Affaires étrangères, Sabri Boukadoum, devienne le nouvel émissaire de l'Organisation pour la Libye, mais les Emirats arabes unis ont bloqué sa nomination, selon des diplomates.

Le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, a proposé au Conseil de sécurité que l'ex-ministre algérien des Affaires étrangères, Sabri Boukadoum, devienne le nouvel émissaire de l'Organisation pour la Libye, mais les Emirats arabes unis ont bloqué sa nomination, selon des diplomates.

Lors d’une réunion du Conseil de sécurité de l’ONU, tenue le lundi 27 juin et consacrée à la situation libyenne, certains pays comme le Ghana, l’Irlande ou la France ont une nouvelle fois réclamé que le poste d’émissaire de l’Organisation pour la Libye, vacant depuis novembre, soit pourvu « dès que possible ».

Depuis l’automne, le renouvellement de la mission politique de l’ONU (Manul) n’a pu s’effectuer que pour des périodes courtes de quelques mois, notamment en raison de l’impossibilité du Conseil à se mettre d’accord sur un nouvel émissaire. Le mandat de la Manul expire le 31 juillet.

La semaine dernière, le chef de l’ONU, après plusieurs tentatives vaines, a proposé aux 15 membres du Conseil le nom de Sabri Boukadoum. « Seuls les Emirats arabes unis ont refusé », a indiqué à l’AFP un diplomate ayant requis l’anonymat. Au Conseil de sécurité, les Emirats, un membre non permanent, représentent le monde arabe.

Selon plusieurs autres diplomates, les Emirats ont expliqué que « des pays arabes et des parties libyennes avaient fait part de leur opposition » à la nomination de l’ex-responsable algérien. Ces sources n’ont pas identifié les pays et parties en question.

Il y a une « préoccupation régionale » à l’égard de la nomination de Sabri Boukadoum, a indiqué l’un de ces diplomates, en soulignant que le choix d’un ressortissant d’un pays frontalier de la Libye pose problème. Son travail serait « impossible », a ajouté cette source pour justifier la position émiratie.

Sans évoquer directement la candidature de l’ex-ministre algérien des Affaires étrangères, l’ambassadeur russe adjoint à l’ONU, Dmitry Polyanskyi, a critiqué l’Occident qui voudrait, selon lui, garder la haute main sur le dossier libyen. Il a appelé Antonio Guterres « à avoir une approche réfléchie et équilibrée » dans sa recherche d’un nouvel émissaire.

« Il faut garantir un consensus sur une candidature d’un représentant spécial, en prenant en compte l’opinion des parties libyennes et des acteurs régionaux », a-t-il souligné, appelant à rejeter un « diktat du camp occidental qui considère la Libye comme son pré carré ».

En fin de séance, le Royaume-Uni et les Etats-Unis ont vivement rejeté les assertions russes à l’encontre de l’Occident.

La Libye, théâtre de multiples ingérences et rivalités internationales, est depuis longtemps un casse-tête pour le chef de l’ONU dans son choix d’un nouvel émissaire. Le prochain titulaire sera le neuvième en onze ans, relevait récemment une source diplomatique libyenne.

Après plus d’une décennie de chaos consécutif à la chute en 2011 de Mouammar Kadhafi, la Libye, minée par les divisions entre institutions concurrentes dans l’Est et l’Ouest, compte depuis début mars deux gouvernements rivaux, comme entre 2014 et 2021 en pleine guerre civile. Aucune solution à cette crise politique n’est en vue jusqu’à présent.

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