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Convoqués sur l’envolée de l’essence, les raffineurs américains sans solution miracle

Convoqués sur l’envolée de l’essence, les raffineurs américains sans solution miracle

Le 24 juin 2022 à 12h29

Modifié le 24 juin 2022 à 16h23

Après avoir accusé les raffineurs d'engranger de juteux profits sur le dos des automobilistes, l'administration Biden a adopté jeudi 23 juin un ton plus conciliant, demandant aux dirigeants du secteur de gonfler leur production pour faire baisser l'essence, sans toutefois dégainer pour l'instant de solutions concrètes.

Après avoir accusé les raffineurs d'engranger de juteux profits sur le dos des automobilistes, l'administration Biden a adopté jeudi 23 juin un ton plus conciliant, demandant aux dirigeants du secteur de gonfler leur production pour faire baisser l'essence, sans toutefois dégainer pour l'instant de solutions concrètes.

La flambée des prix à la pompe, un symbole de la montée générale des prix, plombe la popularité du président démocrate, qui a régulièrement reproché aux géants pétroliers de s’enrichir sans faire d’efforts pour résoudre le problème.

La ministre de l’Énergie, Jennifer Granholm, « a clairement indiqué (aux représentants de sept grands raffineurs aux États-Unis) que l’administration estime qu’il est impératif que les entreprises augmentent leur production », selon un compte-rendu de la réunion, diffusé par ses services.

Ils ont discuté de différentes solutions, dont une meilleure préparation des raffineries de la côte est, face à la saison des ouragans.

Aucune mesure concrète n’a toutefois été annoncée.

C’était « une première étape », a commenté la porte-parole de la Maison-Blanche, Karine Jean-Pierre, lors d’un briefing. « Nous voulons évidement parvenir à des solutions, et il va y avoir de multiples étapes pour y arriver. »

Interrogée sur l’idée d’un éventuel moratoire sur l’exportation des produits raffinés produits aux États-Unis, qui circulait à l’approche de la réunion, « la décision n’a pas été prise », a indiqué la porte-parole.

Mais la discussion dans son ensemble était « constructive », ont estimé dans un communiqué les deux grandes organisations représentant le secteur, API et AFPM.

La ministre a adopté un « ton collaboratif dès le début, en reconnaissant que le marché du pétrole est par nature mondial et que certaines entreprises, dont Shell, ont réduit leur capacité de raffinage » pour pouvoir produire plus de biocarburant, a abondé la patronne de Shell USA, Gretchen Watkins.

Le PDG de Philipps66, Greg Garland, a salué « un bon début », tandis que son homologue chez Chevron, Mike Wirth, a évoqué une « conversation constructive ».

Ce dernier avait reproché mardi au président de « vilipender » le secteur. Une critique balayée ensuite par Joe Biden, qui l’a trouvé « légèrement susceptible ».

Le président américain, qui a participé jeudi à une réunion sur l’énergie éolienne, mais pas à celle avec les pétroliers, avait écrit la semaine dernière à ExxonMobil, Chevron, Philips66, BP, Marathon, Valero et Shell pour les appeler à prendre des mesures « immédiates ».

Réaliser des marges « historiquement élevées » en faisant payer les Américains n’est « pas acceptable », avait-il alors accusé.

Le secteur pétrolier avait contre-attaqué, rétorquant notamment que les raffineries américaines fonctionnaient déjà à 94% de leurs capacités.

Avant la réunion jeudi, près d’une trentaine d’organisations du secteur ont aussi invité Joe Biden à venir visiter des puits, des raffineries et des oléoducs aux États-Unis avant de se rendre en juillet au Moyen-Orient, où il devrait tenter de convaincre les Saoudiens de pomper plus.

Des solutions « sont sous nos pieds, et nous vous exhortons à reconsidérer l’immense potentiel des ressources pétrolières et gazières américaines », écrivent-elles dans une lettre.

Les experts du secteur ne s’attendaient pas vraiment à de grandes avancées.

« Si les raffineurs pouvaient produire plus actuellement, ils le feraient vu les marges incroyables qu’ils peuvent faire », a souligné Andrew Lebow du cabinet Commodity Research Group.

Peut-être la production va-t-elle un peu augmenter dans les prochaines semaines, une fois résolus quelques problèmes opérationnels, a-t-il avancé. Les prix redescendront un peu, mais resteront à un niveau élevé, prédit-il.

Les cours du pétrole ont été gonflés par un fort rebond de la demande après la pandémie de Covid-19, puis par les sanctions imposées contre la Russie, gros producteur de brut, après l’invasion de l’Ukraine.

Le gallon d’essence aux États-Unis s’est hissé pour la première fois, début juin, au-dessus du seuil symbolique des 5 dollars le gallon. Il est un peu redescendu depuis, mais reste bien loin des 3 dollars d’il y a un an.

Biden demande une pause sur la taxe fédérale sur l’essence

Pour faire baisser les prix à la pompe, le président américain a exhorté mercredi 22 juin le Congrès à adopter une loi portant sur la suspension d’une taxe fédérale sur l’essence et le diesel pendant trois mois, afin de faire baisser les prix à la pompe.

Cette pause permettrait de réduire de 18 cents le gallon (3,78 litres) d’essence et de 24 cents le gallon de diesel, alors que des millions d’Américains s’apprêtent à prendre la route pour les vacances d’été.

Le coût de la législation est estimé à 10 milliards de dollars, a déclaré un haut fonctionnaire de l’administration américaine lors d’une conférence téléphonique.

Outre les exonérations fiscales, Joe Biden a appelé l’industrie pétrolière à accroître sa capacité de raffinage. Il a demandé aux entreprises qui gèrent les stations-service et fixent les prix de « faire baisser le prix que vous facturez à la pompe pour refléter le coût que vous payez pour le produit ».

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