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Les unités de multiplication de semences, rempart aux conditions climatiques extrêmes

Élément stratégique des systèmes de production agricole, les semences n’échappent pas à l'intensification des stress climatiques subis par les plantes. Les spécialistes craignent que la production de semences ne réponde pas aux besoins de la prochaine campagne agricole. Pour éviter ce scénario catastrophe, les unités de multiplication et de conditionnement de semences ont un rôle fondamental à jouer.

Les unités de multiplication de semences, rempart aux conditions climatiques extrêmes

Le 18 juin 2022 à 11h26

Modifié 20 juin 2022 à 8h51

Élément stratégique des systèmes de production agricole, les semences n’échappent pas à l'intensification des stress climatiques subis par les plantes. Les spécialistes craignent que la production de semences ne réponde pas aux besoins de la prochaine campagne agricole. Pour éviter ce scénario catastrophe, les unités de multiplication et de conditionnement de semences ont un rôle fondamental à jouer.

A la fin de chaque campagne agricole, les paysans marocains sélectionnent dans leurs champs les plus beaux épis. Il fut un temps où cette sélection leur permettait d’assurer un approvisionnement à partir de leur propre production de semences.

Et si nécessaire, ils pouvaient également échanger les semences, les offrir ou les vendre à d’autres paysans. Mais depuis des décennies, la donne a changé. Désormais, la majorité des agriculteurs marocains s’approvisionnent auprès de la Sonacos.

La société étatique placée sous l’égide du ministère de l’Agriculture et de la pêche maritime, livre aux agriculteurs une semence de base sélectionnée et certifiée, après avoir signé un contrat, qui impose aux paysans de participer à l’approvisionnement de la Sonacos en semences.

Bien que cet approvisionnement se fasse également par importation, la production locale est privilégiée. Mais à cause des conditions climatiques extrêmes subies par le Maroc ces dernières années, un risque de pénurie plane sur l’approvisionnement en semences céréalières en particulier, notamment lors de la prochaine campagne agricole.

« La sécheresse et les épisodes caniculaires successifs ont eu un effet néfaste sur les rendements des cultures céréalières en termes de tonnage/ha et de qualité. Raison pour laquelle nous craignons une pénurie de semences » nous explique un ingénieur agronome de la région de Fès-Saïss, ajoutant que les importations risquent d’augmenter en conséquence. 

Par ailleurs, la sécheresse a également eu pour effet d’augmenter les charges des agriculteurs. Une désaffection de ces derniers pour la multiplication des graines n’est pas à exclure, surtout en cas d’envolée du prix des semences.

Selon les données de la Sonacos, le prix des semences de céréales en 2020-2021 était de l’ordre de :

-400DH/quintal pour la semence de reproduction (R1).

-385DH/quintal, pour la semence de reproduction de niveau inférieur (R2).

-370 DH/quintal, pour la génération ultérieure à R2 (GUR2).

« Si la hausse des prix est supérieure à 10%, la prochaine saison agricole sera en danger. Les agriculteurs se tourneront vers des semences à bas prix dont le rendement sera faible » prévient un acteur de la filière semencière.

Des semences faibles qui génèreront des rendements encore plus faibles. Un cercle vicieux qui pourrait être enrayé par les unités de production de semences.

Produire des variétés adaptées aux changements climatiques

Au-delà de la pénurie, il faut noter que sans semences de qualité et adaptées aux évolutions des contextes climatiques, la survie des sociétés rurales est en danger, tout comme la souveraineté alimentaire nationale.  De fait, les opérations de sélection permettant de produire des variétés adaptées aux besoins des sociétés, sont fondamentales. De même que la multiplication des semences et plants présentant les caractéristiques favorables lors de leur semis.

En visitant une unité de multiplication et de conditionnement des semences de céréales, ce vendredi 17 juin, Mohammed Sadiki, ministre de l’Agriculture, de la pêche maritime, du développement rural et des eaux et forêts, a confirmé le rôle crucial joué par ces unités dans la réduction des conséquences des conditions climatiques extrêmes sur les cultures céréalières.

Située à moins de vingt kilomètre de Berrechid, l’unité visitée vise au développement de variétés avec des qualifications adaptées aux conditions de production spécifiques à la région de Casablanca-Settat. Favorisant ainsi la sécurisation des besoins nationaux en semences de céréales et variétés produites localement.

L’unité s’appuie sur l’agrégation de multiplicateurs de semences autour d’une plateforme expérimentale de production et de multiplication des semences, ainsi qu’une unité de conditionnement des semences sélectionnées de céréales.

Un investissement de 62,5 MDH a été nécessaire pour la réalisation de ce projet qui agrège 96 agriculteurs opérant sur une superficie de 2.647 ha. L’objectif est d’atteindre les 4.000 ha. L’unité assure une production moyenne annuelle de 12.000 tonnes.

Cette production rentre dans un cadre contractuel conclu avec des sociétés de commercialisation des semences certifiées, principalement la SONACOS. L’ambition est de produire 14.000 tonnes par an. Pour l’heure, ce projet d’agrégation a permis d’augmenter le rendement de 23,5 à 43,5 quintaux/ha et d’améliorer le revenu des agriculteurs, passant de 3500 à 9000 DH/hectare.

Il est l’un des sept projets d’agrégation de céréales que compte la région Casablanca-Settat, d’une superficie de 22.835 ha au profit de 1.219 agrégés.

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