Rendez-vous culturel : le SIEL 2022 de Driss El Yazami
A l’occasion de la 27e édition du Salon international de l’édition et du livre, Médias24 a interrogé plusieurs intellectuels, comme Driss El Yazami, sur leur perception de ce rendez-vous culturel. Ce grand amateur de lecture, qui se veut optimiste sur l'apport pédagogique du SIEL, loue les maisons d’édition qui participent à l’éveil de toutes les classes d’âge.
Ami des livres et de l’édition, le président du Conseil de la communauté marocaine à l’étranger (CCME) l’est assurément au regard, d’une part, de sa besace emplie d’ouvrages et, d’autre part, des nombreux éditeurs qui ont tenu à le saluer, quitte à interrompre notre discussion à bâtons rompus sur son rapport au SIEL.
« Le goût de la lecture vient des belles illustrations qui ont titillé mon imaginaire d'enfant »
Assumant sa passion dévorante, El Yazami nous explique que le goût de la lecture lui a été inculqué par ses parents qui ne savaient pourtant ni lire ni écrire ; ce qui, avec le recul, l’a littéralement hissé au fil des années d’études et d’apprentissage à son statut d’intellectuel.
Interrogé sur le manque d’intérêt de la jeunesse marocaine à l’égard des livres, notre interlocuteur n’a pas eu de réponse tranchée. Il a préféré naviguer entre optimisme et pessimisme en citant le roman de l’auteur palestinien Emile Habibi, qui s’intitulait Les aventures extraordinaires de Saïd l'optissimiste.
Se voulant constructif, et partant du postulat que le premier contact d’un enfant des classes populaires avec un livre est fondamental pour le pousser à lire et à aimer la lecture, El Yazami avance que ce type d’ouvrage doit être beau avec des illustrations à même de capter l’attention d’un enfant.
« En effet, c'est grâce aux belles illustrations qui ont titillé mon imaginaire et m’ont donné envie de découvrir des histoires que j’ai pu, en tant qu’enfant, prendre goût à la lecture. » Il espère ainsi que certains stands du SIEL arriveront à ancrer un vrai désir pour la lecture chez les enfants défavorisés.
Si offrir un livre est une autre manière de susciter le goût de lire, El Yazami estime que " la vocation du SIEL est de toucher des livres et d’être touché par le livre", par leur contenu mis en valeur par certaines maisons d’édition.
L’occasion de revenir sur les éditeurs qu’il juge essentiels dans la promotion du livre, aussi bien envers les enfants que les adultes, à l’image des maisons Yomad, Yanbow Al Kitab, Le Fennec et, enfin, La Croisée des chemins qui a été et reste l’éditeur de prédilection des institutions publiques dirigées par El Yazami.
« La Croisée des chemins, un vieux compagnon de route »
"Créée par l’éditeur Abdelkader Retnani, La Croisée des chemins est chère à mon cœur, d’autant plus qu’elle a coédité avec le CCME que je préside au moins une cinquantaine d’ouvrages consacrés à l’émigration, et bien évidemment aux droits de l’Homme quand je dirigeais encore le CNDH", confie El Yazami.
"C’est un des éditeurs les plus dynamiques du pays, un fonceur qui propose d’excellents livres de sciences humaines, mais aussi de beaux ouvrages sur le patrimoine national », estime le président du CCME. « Mon compagnon de route a participé à plusieurs aventures avec le CNDH et le CCME en coéditant avec nous de nombreux ouvrages à la thématique en rapport avec leur mission. »
« Le CCME, partenaire de la mondialisation de la littérature marocaine »
Après avoir quitté son stand très fréquenté, nos pas nous mènent à celui du CCME qui présente justement plusieurs ouvrages de membres de la communauté marocaine expatriée.
Interrogé sur la raison de leur édition en langue française, néerlandaise, espagnole ou allemande, El Yazami nous explique que la langue utilisée reflète l’histoire de chaque type d’immigration, mais aussi la mondialisation de la littérature marocaine qui jusqu’aux années 1980 se limitait au monde francophone.
Souhaitant accompagner cette mondialisation, le président du CCME nous annonce vouloir lancer un grand programme de traduction en langue arabe de tous les ouvrages en question, y compris du catalan.
« Yomad, une maison d’édition militante pour les enfants »
Au stand de la maison de livres Yomad, El Yazami ne tarit pas d’éloges sur les efforts quasi militants de sa fondatrice pour développer la lecture auprès d'enfants issus des classes défavorisées notamment.
Nadia Essalmi évoque un nécessaire engagement pour développer un secteur de l’édition jeunesse qui n’a connu son véritable essor qu’à partir de 1998.
« Cela passe par des séances de lecture organisées par moi ou par des bénévoles, tous les dimanches dans les coins reculés du Maroc profond, en présence des enfants et aussi de leurs parents », nous confie la présidente de l’association Littératures itinérantes, partenaire du CCME.
« Le Fennec, un traducteur qui remet les succès d’hier au goût du jour »
En dernier lieu, notre accompagnateur a tenu à rendre hommage à la maison d’édition Le Fennec. Elle a accompli un travail inédit de traduction d’ouvrages de grands auteurs marocains comme Les boucs de Driss Chraïbi, qui a attendu soixante ans avant d’être enfin traduit en arabe.
« Si ce sont tous des amis et partenaires, il y a d’autres maisons d’édition privées ou universitaires qui font un travail exceptionnel qu'il convient de saluer comme Yanbou Al Kitab, dirigée par Amina Alaoui qui a réalisé une merveilleuse bibliothèque miniature », conclut El Yazami. Le président du CCME espère que la mutualisation des efforts parviendra à susciter des vocations pour la lecture, et pourquoi pas pour l’écriture.
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