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Imane Belmaati : "Il faut faire de la TPME un acteur économique fort"

Imane Belmaati, conseillère auprès du ministre de l’Inclusion économique, de la petite entreprise, de l’emploi et des compétences, expose à Médias24 les grandes orientations de son ministère en matière de soutien à l’entrepreneuriat et à la TPE.

Imane Belmaati : "Il faut faire de la TPME un acteur économique fort"

Le 6 juin 2022 à 20h23

Modifié 6 juin 2022 à 20h24

Imane Belmaati, conseillère auprès du ministre de l’Inclusion économique, de la petite entreprise, de l’emploi et des compétences, expose à Médias24 les grandes orientations de son ministère en matière de soutien à l’entrepreneuriat et à la TPE.

Le ministère de l’Inclusion économique, de la petite entreprise, de l’emploi et des compétences et la Banque africaine de développement (BAD) organisent une conférence régionale sur le thème « Le futur de l’emploi et le rôle de l’entrepreneuriat et des TPME en Afrique du Nord », ces 7 et 8 juin à Rabat.

La conférence est organisée à travers la nouvelle plateforme régionale « eina4jobs » (Entrepreneurship, Innovations and Advice for Jobs), financée par la coopération danoise. Selon cette plateforme, l’Egypte, le Maroc et la Tunisie ont le potentiel de créer au total  plus de huit millions d’emplois d’ici 2030, afin d’absorber la jeunesse qui arrive sur le marché du travail et de réduire le taux de chômage.

A l’occasion de cette conférence, à laquelle participeront plusieurs experts et ministres du Maroc, d’Egypte et de Tunisie, nous avons interrogé Imane Belmaati, conseillère auprès de Younes Sekkouri, ministre de l’Inclusion économique, de la petite entreprise, de l’emploi et des compétences sur la TPME au Maroc et son potentiel de développement

Médias24 : Sait-on avec précision que ce représente la TPE au Maroc  ?

Imane Belmaati : En se référant aux dernières données disponibles de l’Observatoire marocain de la TPME, les très petites et moyennes entreprises représentent 99,4% de notre tissu économique en nombre. Ces unités regroupent plus de 85,8% de micro-entreprises. Il s’agit d’unités économiques dont le chiffre d’affaires n’excède pas trois millions de dirhams. Leur contribution en revenu total est de 36,7%.

Par ailleurs, elles emploient près de 73% de la main-d’œuvre déclarée. Elles sont donc les principaux pourvoyeurs d’emplois au Maroc. Bien entendu, ces chiffres n’intègrent pas les indicateurs des unités qui opèrent dans le secteur informel, et qui sont également à considérer dans ce paysage.

– Votre département ministériel est celui de la petite entreprise. Avez-vous défini une vision ou des chantiers prioritaires pour la TPE ?

– Depuis la nomination de Younes Sekkouri et la mise en place de cette nouvelle architecture ministérielle, qui inclut les périmètres de l’inclusion économique et de la petite entreprise, en plus de l’emploi et des compétences, nous avons d’abord veillé à aller dans les régions pour les écouter et apprécier leurs besoins et spécificités, tout en étant en phase avec le programme gouvernemental.

Nous avons également établi un état des lieux de ce périmètre pour évaluer le bilan existant et ne pas entamer une page blanche sans capitaliser sur les acquis. Pour cela, nous avons reçu et écouté plusieurs acteurs de l’écosystème entrepreneurial : des acteurs du secteur privé, des structures d’accompagnement et des entrepreneurs. Nous avons la conviction que la TPE est une affaire de proximité et de territoires.

Nous avons travaillé sur les propositions d’un cadre qui permettra de définir la petite entreprise, d’adapter et de faire converger les offres d’appui et d’accompagnement existantes.

Nous pensons qu’il est très important de faire converger les visions avec nos partenaires régionaux et internationaux. C’est pour cette raison que nous organisons, en partenariat avec la Banque africaine de développement, cette conférence régionale sur le futur de l’emploi et le rôle de l’entrepreneuriat et des TPME.

Il s’agit d’une opportunité pour mener un dialogue de haut niveau avec les décideurs politiques, les représentants du secteur privé et les partenaires techniques et financiers sur les innovations opérationnelles qui permettent de promouvoir et de renforcer le rôle de l’entrepreneuriat et des TPME dans la création d’emplois.

Cette conférence se clôturera par la signature d’un « manifeste politique » qui résumera les engagements et priorités sur le sujet. Il s’agit d’une étape importante pour entamer la concrétisation de notre vision, qui consiste à contribuer à faire de l’entrepreneuriat un choix sociétal, et de la TPME un acteur économique fort offrant des voies d’employabilité stables et durables.

– Au-delà du financement, comment comptez-vous aider la TPE à monter en compétences pour se développer, au moment où elle est entrée dans les prérogatives du ministère de l’Emploi et des compétences ?

– Nous sommes alignés sur l’importance d’accompagner la TPE au-delà de ses besoins de financement par des mesures d’accompagnement et d’assistance technique. Cet axe cible à la fois les compétences des dirigeants, le renforcement des capacités de leurs employés, la pérennisation et le développement de leur activité, et enfin l’appui à l’accès aux marchés.

Ces besoins ne sont pas exhaustifs mais représentent l’essentiel avec les besoins en financement. Il est important de s’inscrire dans une amélioration des offres actuelles et dans une convergence avec des dispositifs déjà existants, comme les programmes Tahil ou Tahfiz.

L’objectif est de réussir à proposer une offre d’accompagnement intégrée qui cible trois priorités : d’abord, l’accompagnement de l’acte d’entreprendre avec une vision large d’acculturation pour en faire un réel choix sociétal d’employabilité ; ensuite, le soutien de la TPE à potentiel pour aller vers de nouveaux stades de développement et pouvoir être un vecteur d’emplois stables et durables ; enfin, la reconversion vers le secteur formel des unités opérant actuellement dans l’informel.

Nous pensons que cela impliquera un travail de fond sur trois principaux axes : faire converger les différentes offres de politiques publiques existantes ; régionaliser et territorialiser les offres et la prise de décision ; investir dans la digitalisation des processus et le capital humain qui mettra en place cette vision.

Ceci impliquera d’abord une prise de conscience collective entre différents acteurs. C’est ce que nous espérons concrétiser à travers cette conférence régionale, qui représente une occasion d’écouter et de créer des liens communautaires avec plusieurs partenaires : les représentants du secteur privé, les acteurs régionaux, les centres régionaux d’investissement, les Chambres de commerce, les incubateurs et accélérateurs, les acteurs universitaires et les entrepreneurs, premiers concernés par nos ambitions. En somme, un ensemble d’acteurs de l’écosystème entrepreneurial national, mais aussi les partenaires internationaux qui nous accompagnent à travers le partage de leurs expériences.

– Il y avait des intentions de faire évoluer le statut d’auto-entrepreneur pour permettre plus de flexibilité. Où en est-on ?

– Le projet est d’actualité. Le statut d’auto-entrepreneur est un cadre important que le ministère souhaite promouvoir, justement en renforçant la capacité de son titulaire sur plusieurs volets : les ressources humaines et la capacité à se faire aider dans le cadre de l’exercice de son activité, les plafonds d’exercice actuels et la nature des activités éligibles. Un projet complet regroupant l’ensemble des mesures proposées est en cours d’étude avec les parties prenantes.

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