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Le CESE plaide pour une économie circulaire dans la gestion des déchets ménagers et des eaux usées

Le Conseil économique, social et environnemental a présenté, le mercredi 25 mai, son avis sur l’économie circulaire. Il recommande des mesures pour gérer les déchets ménagers et les eaux usées.

Le CESE plaide pour une économie circulaire dans la gestion des déchets ménagers et des eaux usées

Le 26 mai 2022 à 13h56

Modifié 26 mai 2022 à 19h30

Le Conseil économique, social et environnemental a présenté, le mercredi 25 mai, son avis sur l’économie circulaire. Il recommande des mesures pour gérer les déchets ménagers et les eaux usées.

Ahmed Réda Chami, président du Conseil économique, social et environnemental (CESE), a mis en exergue le fait que le modèle actuel de production et de consommation engendre de graves conséquences sur l’environnement et la qualité de vie. Il a notamment insisté sur les déchets ménagers et les eaux usées, qui provoquent l’épuisement des ressources naturelles, la pollution et l’accumulation des déchets, ce qui impacte négativement la durabilité de la croissance économique du Maroc.

Dans ce sens, et au vu des opportunités économiques, sociales et environnementales offertes par ce nouveau mode économique dans lequel les déchets des uns deviennent les ressources des autres, il importe d’adopter une stratégie nationale visant à transiter vers une économie circulaire.

Ainsi, dans son avis intitulé « Intégration des principes de l’économie circulaire aux traitements des déchets ménagers et des eaux usées », le CESE propose les mesures suivantes :

– élaborer une loi-cadre relative à l’économie circulaire et une loi anti-gaspillage, et veiller à réorienter et à réviser les lois déjà existantes afin d’évoluer d’une économie de fonctionnement linéaire à une économie circulaire ;

– créer une instance, au sein du ministère chargé de l’Investissement, de la convergence et de l’évaluation des politiques publiques, chargée de la coordination entre toutes les parties prenantes afin d’assurer une déclinaison optimale de cette stratégie, selon une approche sectorielle et un déploiement territorialisé ;

– accélérer la mise en place de la « responsabilité élargie du producteur » (REP) et veiller à son application sur le terrain, en vue de permettre :

– la mise en œuvre du principe pollueur-payeur ;

– le transfert, aux producteurs, de la responsabilité de l’organisation et du financement de la collecte et du traitement des déchets générés par leurs activités ;

– l’interdiction de certains polluants graves et la taxation d’autres polluants non recyclables pour les rendre économiquement moins compétitifs pour les producteurs ;

– conditionner, dans une certaine mesure, les appuis de l’Etat accordés aux territoires et aux secteurs, aux efforts déployés en matière de circularité.

S’agissant des déchets ménagers, le Conseil suggère les mesures suivantes :

– réviser les contrats de gestion actuels conclus entre les collectivités et les sociétés privées, en y intégrant la valorisation des déchets (au lieu de leur mise en dépôt, leur enfouissement ou leur incinération) ;

– fixer, pour les territoires, des objectifs engageants de réduction de la mise en décharge des déchets.

Concernant les eaux usées, le Conseil recommande de :

– revoir les choix stratégiques qui ont privilégié l’investissement dans la mobilisation de la ressource hydrique (barrages et dessalement) en y intégrant la réutilisation des eaux usées et le stockage des eaux pluviales ;

– fixer des objectifs nationaux et territoriaux en termes de réutilisation des eaux usées. Ceux-ci engageraient toutes les parties prenantes, pollueurs et utilisateurs, en veillant à mettre en place le cadre réglementaire idoine ;

– rendre l’utilisation des eaux usées épurées compétitive, en définissant le coût réel de l’eau selon ses différentes sources ;

– inscrire la réutilisation des eaux usées parmi les missions des futures « sociétés régionales multiservices » (SRM), avec l’obligation de prévoir, dès leur création, cet objectif dans leur business plan.

Ahmed Réda Chami a précisé que les recommandations émises dans cet avis prenaient en considération les conclusions de la consultation citoyenne lancée par le CESE sur sa plateforme digitale « Ouchariko.ma ». Des citoyens y avaient exprimé leur disposition à s’engager pour modifier leurs habitudes de consommation actuelles.

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