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ONEE. Deux appels d’offres pour recouvrer une dette de 1,1 milliard de DH

Deux appels d’offres ont été lancés par l’ONEE ce mercredi 25 mai pour évaluer et statuer sur les montants des dettes des ex-régies (RAD et RDE) à recouvrer auprès des délégataires, à savoir les communes de Casablanca et de Tétouan. Le montant de la dette globale dépasse 1 MMDH.

ONEE. Deux appels d’offres pour recouvrer une dette de 1,1 milliard de DH

Le 25 mai 2022 à 18h35

Modifié 25 mai 2022 à 19h32

Deux appels d’offres ont été lancés par l’ONEE ce mercredi 25 mai pour évaluer et statuer sur les montants des dettes des ex-régies (RAD et RDE) à recouvrer auprès des délégataires, à savoir les communes de Casablanca et de Tétouan. Le montant de la dette globale dépasse 1 MMDH.

L’Office national de l’électricité et de l’eau potable (ONEE) publie, ce mercredi 25 mai, deux appels d’offres pour réaliser des expertises sur « le déficit d’exploitation des gérances eau potable et assainissement et recouvrement des créances des ex-régies RAD et RDE ».

L’un des appels d’offres concerne les déficits d’exploitation des conventions de gérance des services d’eau potable et des conventions de gestion des services d’assainissement liquide gérés par l’ONEE, dont une expertise permettra de statuer sur les montants.

Le second a, quant à lui, pour objectif de réaliser une expertise indépendante, conformément à la recommandation émise par le conseil d’administration de l’ONEE en décembre 2020, qui permettra, in fine, de recouvrer les créances auprès des ex-régies RAD et RDE, dont le montant s’élève à plus de 1,1 MMDH.

« Statuer sur les montants des déficits des conventions de gérance »

Le premier document publié par l’ONEE contient les termes de référence relatifs aux déficits des conventions de gérance des services d’eau potable et des services d’assainissement liquide gérés par l’Office et inscrits comme créances vis-à-vis des communes.

Une expertise sera alors réalisée par un consultant pour « statuer sur les montants des déficits des conventions de gérance des services d’eau potable et des conventions de gestion des services d’assainissement liquide gérés par l’ONEE, inscrits par celui-ci comme créances vis-à-vis des communes ». Le consultant aura pour missions de « statuer sur l’aspect réglementaire des créances réclamées par l’ONEE » et leur « conformité », ainsi que sur « les montants des déficits d’exploitation des activités de distribution d’eau potable et des services d’assainissement ressortis par l’ONEE ».

Il devra également élaborer une note de synthèse et un projet de protocole d’accord transactionnel à conclure avec les parties concernées. Sachant que pour réaliser ses missions, le consultant sera accompagné par un comité de suivi présidé par un représentant du ministère des Finances, à travers la direction des entreprises publiques et de la privatisation, et formé de représentants du ministère de l’Intérieur, du ministère de l’Energie, du ministère chargé de l’Eau ainsi que de l’Office.

Ce dernier explique que « les services publics communaux de distribution d’eau potable et des services d’assainissement liquide relèvent des compétences propres et de la responsabilité des communes, sur le fondement de la loi organique n° 113-14 promulguée par le dahir n°1-15-85 du 7 juillet 2015 relative aux communes, notamment son articles 83 qui édicte que « la commune crée et gère les services et équipements publics nécessaires à l’offre des services de proximité dans les domaines suivants : la distribution de l’eau et de l’électricité (…), l’assainissement liquide ». C’est dans ce contexte légal que les interventions de l’ONEE se déploient dans le domaine de la distribution de l’eau potable et des services de l’assainissement liquide depuis la fin des années soixante à nos jours ».

1,1 MMDH de dette

Dans le second document publié par l’ONEE, les missions du consultant recherché sont également détaillées, tout comme l’historique complexe de la dette dont les origines remontent à quelques décennies en arrière, lorsque « l’Office assurait la fourniture de l’eau potable et de l’électricité aux ex-régies RAD et RDE, avant leur dissolution intervenue suite à la dévolution des services publics de distribution de l’électricité, de l’eau potable et de l’assainissement liquide, à des concessionnaires privés ».

Cette dévolution a été actée en vertu de « contrats et conventions de gestion » à Casablanca et à Tanger-Tétouan, respectivement conclus « le 28 avril 1997 » et « le 12 décembre 2001 ». Selon l’ONEE, ces actes « prévoient un mécanisme de subrogation pour la couverture des dettes financières de l’ex-RAD et l’ex-RDE ».

« Suite à ces opérations de transfert des activités aux opérateurs privés, les régies dissoutes précitées sont restées redevables envers l’Office des créances dues aux impayés au titre de la fourniture auxdites régies de l’électricité et de l’eau potable, en plus des travaux et prestations diverses, dont le montant s’élève à 1.117 millions de dirhams répartis comme suit :

  • électricité : 839 219 844,90 DH pour la RAD et 72 400 818,77 DH pour la RDE ;
  • eau potable : 107 078 291,70 DH pour la RAD et 98 471 327,82 DH pour la RDE ».

« En vertu des contrats et conventions de gestion déléguée, les conseils communaux de Casablanca et de Tétouan, ont été engagés à se substituer aux deux ex-régies concernées pour la liquidation des créances non encore réglées au profit de l’ONEE », indique l’Office dans l’un de ses documents.

Cela dit, « la situation des créances en question n’a pas évolué malgré les lettres de relance envoyées chaque année aux autorités délégantes et aux départements ministériels concernés ». Compte tenu de l’impact de ces créances sur la trésorerie de l’Office, son conseil d’administration a recommandé, en décembre 2020, le recours à une expertise indépendante dans le but d’évaluer cet impact, mais aussi de « proposer les modalités de recouvrement avec des échéanciers précis des montants des créances de l’ONEE ».

Un objectif à atteindre par l’expert recherché qui devra mener ses missions en comptant sur un comité de suivi, présidé par un représentant du ministère des Finances, le tout sous le pilotage d’un comité présidé par la ministre des Finances et composé du ministre de l’Intérieur, du ministre de l’Energie, de celui chargé de l’Eau et du directeur général de l’Office.

Ce dernier détaille, dans une annexe jointe aux termes de référence, tout le passif des tentatives de compromis entamées, les quelques sommes remboursées et les relances pour sensibiliser les administrations concernées, notamment via l’intervention du ministère de l’Intérieur ou encore du ministère des Finances, qui a remis à l’ONEE, en 2008, suite à un protocole d’accord conclu entre les parties, la somme de 120 MDH. Celle-ci a été augmentée d’une compensation de 31,8 MDH représentant la créance de l’ex-RAD à Casablanca pour la branche électricité.

Malgré ces tentatives et les réunions tenues avec les responsables du conseil de la commune urbaine de Casablanca pour apurer les créances, le montant de la dette s’élève à 839,2 MDH hors intérêts de retard (pour la branche électricité de l’ex-RAD Casablanca seulement).

Quant à la dette de l’ex-RDE à l’égard de l’ONEE (branche électricité), son montant est de 72,4 MDH hors intérêts de retard, comme l’indique l’Office dans son document. Il y explique qu’en vertu de la convention de gestion déléguée de la distribution de l’électricité, de l’eau et de l’assainissement liquide au niveau de la ville de Tétouan au profit de la société Amendis en janvier 2002, le conseil communal de la ville s’est engagé à se substituer à l’ex-RDE pour le règlement de sa créance.

Celle-ci s’élevait, avant la signature de ladite convention, à 110,4 MDH. Elle n’est plus que de 72,4 MDH, suite au recouvrement d’une partie de la dette en 2002. La créance totale (des deux ex-régies) au niveau de la branche eau est, quant à elle, de 206 MDH.

Source : ONEE 

A travers cet appel d’offres, l’ONEE compte confier à un consultant la mission d’élaborer un protocole d’accord de recouvrement des créances à conclure avec les parties prenantes, précisant les échéanciers de recouvrement.

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