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Coronavirus

Covid-19. Résurgence de cas, vigilance mais pas d'inquiétude selon les experts

La tendance haussière de plusieurs indicateurs épidémiologiques se confirme de jour en jour. Si la résurgence des cas est confirmée, il faut rester vigilant sans s’inquiéter, assurent le Dr Saïd Afif et le Pr Saïd Moutaouakil. Voici pourquoi.

Covid-19. Résurgence de cas, vigilance mais pas d'inquiétude selon les experts
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Le 16 mai 2022 à 19h00 | Modifié 17 mai 2022 à 17h15

Le Covid-19 est-il derrière nous ? La question mérite d’être soulevée car, depuis quelques jours, les courbes de certains indicateurs se sont inversées, repartant à la hausse.

En effet, le suivi quotidien des indicateurs épidémiologiques montre qu’après plusieurs semaines d’accalmie, depuis la vague Omicron de janvier dernier, certains indicateurs ont repris une tendance ascendante.

La moyenne mobile, le taux de positivité et les cas actifs en hausse

Il y a tout d’abord le nombre de nouveaux cas quotidiens qui a frôlé la centaine la semaine dernière. Mais le plus important, c’est le taux de positivité qui a légèrement progressé. Resté en dessous de 1% depuis quasiment quatre semaines, il repart à la hausse alors que le nombre de tests est resté en moyenne stable.

La moyenne mobile quotidienne sur sept jours, qui est un indicateur important pour les experts, a quant à elle bondi. Elle est passée de 29 cas le 4 mai à 81 cas ce lundi 16 mai.

Ci-dessous, l’évolution de la moyenne mobile quotidienne sur sept jours, depuis le début de la deuxième vague (survoler avec la souris pour afficher les chiffres):

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Le taux d’occupation des lits de réanimation est également passé de 0,2% à 0,4% entre le 4 mai et ce jour.

Les hausses dont nous parlons ici restent certes limitées. En revanche, ce qui interpelle à ce stade, c’est l’inversion de la tendance devenue haussière ces derniers jours, alors qu'elle était baissière ou stable jusque-là. Ce qui pousse certains, qui pensaient que le Covid-19 appartenait au passé, à se demander si le Maroc n’est pas à l’aube d’une nouvelle vague, et s’il faut s’en inquiéter le cas échéant.

Pour les experts, pas d’inquiétude mais de la vigilance

Depuis la fin de la vague Omicron, nous sommes dans un entre-deux. D’un côté, l’état d’urgence sanitaire est maintenu, et la surveillance épidémiologique se poursuit par le ministère de la Santé de façon permanente.

De l’autre, la vie normale a repris son cours, laissant derrière elle quasiment l’ensemble des mesures de restriction. Les masques sont tombés. Le pass vaccinal n’est plus exigé nulle part. Les évènements ont repris. Les citoyens sont clairement dans un monde post-Covid-19.

Dans ce contexte, comment interpréter ces données ? Un épidémiologiste sollicité par Médias24 répond qu’il "est difficile de se prononcer pour le moment". "Nous aurons sûrement une augmentation des cas. C’est une résurgence de cas qui commence, mais s’agit-il pour autant d’une véritable vague ? La semaine prochaine apportera plus de visibilité."

Le Dr Saïd Afif, membre du Comité scientifique et technique de la vaccination, estime de son côté "qu’il n’y a pas lieu de s’inquiéter". Une position qu’il justifie en rappelant que, sur le plan scientifique, "la résurgence des cas est normale après un mois de ramadan sans restriction, où les citoyens ont pu observer les prières des Tarawih, puis l’Aïd avec son lot de déplacements".

"Il y a également eu d’importants évènements, notamment des matchs de foot. Avec tout cela, s’il y avait une forte circulation du Covid-19, nous aurions eu une flambée importante des cas", poursuit le Dr Afif.

Protégés par un mur immunitaire ?

En d’autres termes, le contexte actuel est marqué par une faible circulation du virus qui produit tout de même une résurgence des cas. Celle-ci reste toutefois limitée malgré l’absence totale de mesures de restriction.

Le Pr Saïd Moutaouakil est également assez serein, même s’il se garde de banaliser la hausse des cas. "Nous sommes toujours entre deux vagues. Il faut rester vigilant, mais sans angoisse."

"Omicron reste le variant dominant dans ses versions BA.1 et BA.2 ; il est donc possible d’avoir davantage de contaminations", poursuit-il. "Raisonnablement, mes projections ne vont pas jusqu’à prédire une nouvelle vague, mais la vigilance reste de mise."

Pour le Pr Moutaouakil, le taux de couverture vaccinale aux alentours de 65% de l'ensemble de la population, conjugué à une immunité naturelle à la suite de la vague Omicron, "pourrait constituer un mur immunitaire" qui protège la communauté, ou au moins retarde la propagation du virus.

"La question qui se pose, c’est la durée de cette immunité et jusqu’à quand les Marocains resteront protégés", s'interroge le Pr Moutaouakil, qui relève la faible adhésion de la population à la troisième dose. Il est certain que ce mur immunitaire pourrait se renforcer avec une plus grande adhésion à la troisième dose booster contre le Covid-19, dont le taux de couverture est de 22% à peine.

La situation actuelle inspire une autre interrogation au Dr Afif. "Ne doit-on pas considérer le Covid-19 comme une maladie saisonnière à laquelle nous devrons nous préparer ?", s'interroge-t-il.

La réponse à ces questions est tributaire de l’évolution des indicateurs pendant les prochains jours et de la réaction des autorités sanitaires.

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Le 16 mai 2022 à 19h00

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