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Au 1er trimestre, le marché du travail poursuit sa convalescence malgré la conjoncture

La situation reste bien meilleure qu'en 2021, mais sans retrouver les niveaux de 2019 et début 2020. Pour les jeunes et dans les villes, le taux de chômage reste élevé.

Medias24
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Au 1er trimestre, le marché du travail poursuit sa convalescence malgré la conjoncture

Le 5 mai 2022 à 11h27

Modifié 5 mai 2022 à 12h40

La situation reste bien meilleure qu'en 2021, mais sans retrouver les niveaux de 2019 et début 2020. Pour les jeunes et dans les villes, le taux de chômage reste élevé.

Depuis début 2020, le marché du travail a subi de grosses perturbations provoquées par la pandémie. A cette crise économique, s’ajoutent deux épisodes forts de sécheresse (2020 et 2022). Et enfin, les arrivées des jeunes sur le marché du travail se sont poursuivies à leur rythme naturel. C’est à la lumière de ce contexte qu’il faut lire les chiffres relatifs du chômage et de l’emploi au 1er trimestre 2022 que vient de publier le HCP.

En voici les principales données:

-Entre le premier trimestre 2020 et le premier trimestre 2022, la population active dans les villes a augmenté de 280.000 personnes, en flux net. La population active est composée, comme on le sait, des personnes qui entrent sur le marché du Travail et qui sont, soit en recherche d’emploi, soit employées.

-En global, urbain et rural, la population active a entretemps baissé de 76.000 personnes. En réalité, la baisse a affecté seulement le monde rural, avec 366.000 personnes en moins.

-A chaque fois qu’il y a une tension sur le marché du travail, il y a une baisse du taux d’activité. Ceci signifie que la hausse de l’emploi ou de la recherche d’emploi est inférieure à la hausse de la population générale. Généralement, de nombreuses personnes quittent alors le marché du travail et généralement, il s’agit de femmes au premier chef. Le taux d’activité global des femmes est ainsi tombé de 22,6% au T1 de 2020 à 20% au 1er trimestre 2022. Dans les villes, pendant la même période, il est passé de 18,9% à 18,2%.

-Au Maroc, début 2022, deux hommes sur trois sont actifs (62,3%). Et seulement une femme sur 6 (16,6%).

-En deux ans, le nombre de chômeurs a augmenté de 133.000 dans les villes et de 174.000 au total. Le nombre global de personnes au chômage reste élevé: 1.466.000. Il est malgré tout (la crise, la sécheresse, l’inflation) en recul sensiblement : 1.508.000 fin 2021 et un pic de 1.605.000 au 2e trimestre 2021.

-Les jeunes de 15-24 ans: un jeune sur cinq dans cette catégorie d’âge et en ville, est actif sur le marché du travail. Sur ce nombre, 52,3% travaillent. Un jeune actif sur deux (des 15-24 ans) est au chômage. C’est énorme, un taux qui est probablement le plus élevé, depuis que ces enquêtes existent.

-Chez les diplômés actifs, une personne sur cinq est au chômage (20,8% de taux de chômage).

-Le taux de chômage en milieu urbain est ramené à 16,3% début 2022, contre 15,1% début 2020 et un pic de 18,2% au deuxième trimestre 2021.

Voici par ailleurs, des extraits de la note trimestrielle du HCP relative au marché du travail au 1er trimestre 2022:

90.000 emplois nets créés en milieu urbain en une année

Entre le premier trimestre de 2021 et celui de 2022, l’économie nationale a perdu 58.000 postes d’emploi au niveau national, résultat d’une création de 90.000 postes en milieu urbain et d’une perte de 148.000 en milieu rural,  après une perte de 202.000 postes, une année auparavant.

Ces emplois perdus résultent  du solde d’une création de 40.000 emplois rémunérés et d’une perte de 98.000 emplois non rémunérés. Le secteur des « services » a ainsi créé 85.000 emplois, celui des  » BTP » 29.000 et de l’ »industrie » 13.000, alors que l’ »agriculture, forêt et pêche » a perdu 183.000 emplois.

Avec une baisse de 68.000 chômeurs, dont 52.000 en milieu urbain et de 16.000 en milieu rural, le volume du chômage a atteint 1.466.000 personnes au niveau national.

Dans ce contexte, le taux de chômage est  passé de 12,5% à 12,1% au niveau national, de 17,1% à 16,3% en milieu urbain et de 5,3% à 5,1% en milieu rural. Il a enregistré une hausse parmi les jeunes  âgés de 15 à 24 ans de 32,5% à 33,4%, alors qu’il a baissé pour les autres catégories de la population.

La population active occupée en  situation de sous-emploi a atteint 987.000 personnes. Le taux de sous-emploi  a  stagné à 9,2%, au niveau national. Il a baissé de 8,9% à 8,3% en milieu urbain et il a augmenté de 9,6% à 10,6% en milieu rural.

Baisse de l’activité et de l’emploi

Entre le premier trimestre de 2021 et la même période de 2022, le taux d’activité a baissé, au niveau national, d’un point, passant de 45,5% à 44,5%. Cette baisse résulte du recul de la population active de 1 point et de l’accroissement de la population en âge d’activité (15 ans et plus) de 1,4 point.

La baisse du taux d’activité est plus prononcée en milieu rural (-1,8 point), passant de 51,1% à 49,3% qu’en milieu urbain (-0,7 point), de 42,6% à 41,9%. Les taux d’activité des femmes et des hommes ont baissé de 1,2 point et de 1,1 point pour s’établir à 20% et 69,6%, respectivement.

De son côté, le taux d’emploi a baissé de 39,9% à 39,1% au niveau national. Ce taux a connu une légère baisse de 0,2 point en milieu urbain (de 35,3% à 35,1%), alors qu’il a perdu 1,6 point en milieu rural (de 48,4% à 46,8%). Il a reculé de 62,9% à 62,3% parmi les hommes (-0,6 point) et de 17,5% à 16,6% parmi les femmes (-0,9 point).

Création d’emplois rémunérés et perte d’emplois non rémunérés

Le volume de l’emploi a baissé de 58.000 postes, suite à une perte de 148.000 postes en milieu rural et une création de 90.000 en milieu urbain. Par type d’emploi, 98.000 emplois non rémunérés ont été perdus, dont 80.000 en milieu rural et 18.000 en milieu urbain. L’emploi rémunéré a progressé de 40.000 postes, conséquence d’une création de 108.000 emplois en milieu urbain et d’une perte de 68.000 en milieu rural.

Hausse de l’emploi dans tous les secteurs, à l’exception de l’agriculture forêt et pêche

Entre le premier trimestre de 2021 et celui de 2022, le secteur de  l’ »agriculture forêt et pêche » a perdu 183.000 postes d’emploi (-5,4%).

Le secteur de l’ »industrie » a créé de 13.000 postes,  ce qui correspond à une hausse de 1% du volume de l’emploi dans ce secteur. A noter que la part des activités artisanales[1] dans le secteur de l’industrie est de 45,4% contre 43,7% au premier trimestre de 2021.

Le secteur des « services »,  quant à lui, a créé 85.000 postes d’emploi enregistrant une hausse de 1,7% de l’emploi dans ce secteur.

Le secteur des BTP a créé 29.000  postes d’emploi, enregistrant une hausse de 2,5% du volume d’emploi dans ce secteur.

Chômage et sous-emploi

Le nombre de chômeurs a baissé de 68.000 personnes entre le premier trimestre de l’année 2021 et celui de 2022, passant de 1.534.000 à 1.466.000 chômeurs. Cette baisse est de l’ordre de 52.000 en milieu urbain et de 16.000 en milieu rural.

Le taux de chômage a diminué de 0,4 point entre les premiers trimestres de 2021 et de 2022, passant de 12,5% à 12,1%. Il a enregistré une baisse aussi bien en milieu rural qu’en milieu urbain, passant respectivement de 5,3% à 5,1% et de 17,1% à 16,3%.

Le taux de chômage a également enregistré une baisse parmi les femmes (-0,2 point), de 17,5% à 17,3%, par contre  il a augmenté parmi les jeunes âgés de 15 à 24 ans (+0,9 point), de 32,5% à 33,4%, principalement en milieu urbain  passant de 45,6% à 47,7%.

S’agissant des diplômés, le taux de chômage a, de son côté, enregistré une baisse de 0,9 point, passant de 19,8% à 18,9%. Par contre, les diplômés de niveau supérieur[2] ont enregistré une hausse du taux de chômage, passant de 26,2% à 26,7% (0,5 point). La plus forte hausse a été enregistré parmi les techniciens spécialisés et supérieurs (+3,2 points avec un taux de 35%), suivis des titulaires de diplômes supérieurs délivrés par les facultés (+1,2 point avec un taux de 28,6%) et des diplômes supérieurs délivrés par les écoles et les instituts (+0,8 point avec un taux de 9%).

Le taux de chômage des diplômés de niveau moyen[3] a baissé de 16,1% à 14,4%. Cette baisse est plus importante parmi les diplômés en qualification professionnelle (-2,6 points avec un taux de 22,3%).

Par ailleurs, le volume du sous-emploi est passé, durant la même période, de 988.000 personnes à 987.000, de 552.000 à 521.000 dans les villes et de 435.000 à 466.000 à la campagne. Le taux de sous-emploi, au niveau national, est ainsi resté le même qu’au premier trimestre de 2021 (9,2%), avec une baisse de 8,9% à 8,3% en milieu urbain et une augmentation de 9,6% à 10,6% en milieu rural.

Le taux de sous-emploi a augmenté de 10,2% à 10,5% parmi les hommes et a baissé de 5,6% à 4,8% parmi  les femmes.  En milieu urbain, ce taux est de 8,6% contre 6,9% pour les femmes. En milieu rural, il est presque 6 fois plus élevé parmi les hommes (13,3%) que parmi les femmes (2,2%).

Situation régionale du marché du travail

Cinq régions abritent 72,3% de l’ensemble des actifs âgés de 15 ans et plus. La région de Casablanca-Settat vient en première  position avec 22,2% d’actifs,  suivie de Rabat-Salé-Kenitra (13,4%), de Marrakech-Safi (13,0%), de Tanger-Tétouan-Al Hoceima (12,1%) et de Fès-Meknès (11,6%).

Quatre régions affichent des taux d’activité dépassant la moyenne nationale (44,5%), Tanger-Tétouan-Al Hoceima (50,8%), Casablanca-Settat avec 46,8%, Béni Mellal-Khénifra (44,7%) et Marrakech-Safi (44,6%). En revanche, les taux inférieurs à la moyenne nationale sont enregistrés dans les régions de Fès-Meknès (42,4%), de l’Oriental (41,8%) et de Souss-Massa (38,0%).

Presque trois quarts des chômeurs (73,2%) sont concentrés dans cinq régions ; Casablanca-Settat (26,8% de chômeurs), suivie de Fès-Meknès (14%), de Rabat-Salé-Kénitra (11,6%), de l’Oriental (11,0%) et de Tanger-Tétouan-Al Hoceima (9,7%).

Les taux de chômage les plus élevés sont observés dans l’Oriental (20,2%) et les régions du Sud (19,6%). Deux autres régions dépassent la moyenne nationale (12,1%) à savoir Fès-Meknès (14,6%) et  Casablanca-Settat (14,5%). En revanche, les régions de Béni Mellal-Khénifra, de Drâa-Tafilalet, et de Marrakech-Safi enregistrent respectivement les taux de 9,4%, 9,0% et 6,8%.

[1]Estimation basée sur l’auto-définition des déclarants.
[2]Les diplômes de niveau supérieur regroupent le baccalauréat, les diplômes de techniciens ou de techniciens spécialisés et les diplômes d’enseignement supérieur (facultés, grandes écoles et instituts).
[3]Les diplômes de niveau moyen regroupent les certificats de l’enseignement primaire, du secondaire collégial et les diplômes de qualification ou de spécialisation professionnelle.

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