Stress hydrique : les bons réflexes personnels pour préserver l'eau
En passe de devenir une urgence mondiale, la pénurie d'eau se fait de plus en plus sentir dans différentes régions du Maroc. Comment agir, à notre échelle, pour préserver cette ressource vitale ? Voici quelques éléments de réponse.
Beaucoup pensent à tort que l'eau douce (eau dont la faible salinité permet sa consommation) est abondante, puisque l'eau couvre 70% de la planète. En réalité, l'eau douce n'en représente que 2,5%, et seulement 0,7% est accessible.
Cette ressource a même tendance à diminuer, en raison de l'augmentation de la population mondiale, de l'urbanisation et de l'imperméabilisation des sols, ainsi que de l'amélioration du niveau de vie conduisant à la surconsommation d'eau. Le réchauffement climatique et la déforestation sont d'autres facteurs à prendre en compte.
Le Maroc atteindra un niveau de stress hydrique extrêmement élevé d’ici 2040
Le stress hydrique surgit quand la demande en eau douce dépasse les ressources disponibles, ou quand la qualité de l'eau en limite l'usage. Selon l'Organisation mondiale de la santé (OMS), est considérée en stress hydrique toute région où la disponibilité en eau est inférieure à 1.700 m3 par an et par habitant.
Avec seulement 600 m3 d’eau par habitant et par an, le Maroc est déjà en stress hydrique alors que la disponibilité en eau était quatre fois supérieure (2.600 m3) dans les années 1960. Le Royaume a connu, en 2021-2022, une sécheresse d'une gravité similaire à celle qui a sévi dans les années 1980.
La sécheresse actuelle est pourtant inédite puisque qu'elle pèse sur "l’approvisionnement en eau potable en zone urbaine", selon le ministre de l’Équipement et de l’eau, Nizar Baraka. Les sécheresses précédentes n'affectaient généralement que les zones rurales.
Une situation qui risque d'empirer dans les années à venir. Le Maroc devrait atteindre un niveau de stress hydrique extrêmement élevé d’ici 2040, d'après les estimations du World Resources Institute (WRI).
L'Etat déploie un programme d'une dizaine de milliards de DH pour faire face à cette crise de l'eau. Les Marocains peuvent également contribuer, chacun à son échelle, à préserver cette ressource qui devient de plus en plus rare.
Quelques gestes pour préserver la ressource en eau
"Un robinet qui coule 3 minutes, c'est 36 litres d'eau potable perdus", "200 litres d'eau potable gaspillés au lavage de voiture contre 25 litres avec un seau d'eau"... ces chiffres fournis par l'Agence du bassin hydraulique du Tensift nous rappellent que les petits gestes comptent en matière de préservation de la ressource en eau.
Très souvent, l'eau à usage domestique est gaspillée, d'où l'importance de son économie, nous explique Samia Ait Omar, responsable au sein de l'Agence du bassin hydraulique d'Oum Er-Rbia.
Pour limiter ces pertes, il faut entre autres penser à chasser les fuites d'eau. On ferme le robinet lorsqu'on se brosse les dents, se rase ou se nettoie les mains ou le visage. Si un robinet ou une chasse d'eau goutte, il faut procéder à sa réparation sans tarder. Sans oublier de fermer le robinet ou le compteur d’eau lorsque vous partez en vacances ou que votre logement n’est pas occupé.
En ce qui concerne l'usage professionnel, Samia Ait Omar met l'accent sur l'utilisation du goutte-à-goutte au lieu de l'irrigation par arrosage, le respect des profondeurs autorisées des puits et des forages...
Quant au recours aux pompes solaires, les quantités autorisées doivent être prises en compte.
S'agissant des professionnels dont l'activité est liée à l'eau (hammams, stations de lavage, clubs sportifs...), l'utilisation de cette ressource doit être rationnalisée autant que possible, conclut Samia Ait Omar.
Le programme mis en place par l'Etat
Plusieurs programmes sont prévus au Maroc comme la construction de nouveaux barrages hydrauliques, au nombre de 149 actuellement.
L'année 2020 a été marquée par la mise en place du Programme prioritaire d'alimentation en eau potable et d'irrigation 2020-2027 pour sécuriser l'alimentation en eau potable et d'irrigation, pour un montant estimé à 115 MMDH.
En cours de finalisation par le ministère de l'Equipement et de l'eau, il vise à développer les cinq piliers suivants :
- le développement de l'offre en eau, à hauteur de 60 MMDH pour la mobilisation des ressources par les barrages, mais aussi pour le dessalement d'eau de mer ;
- le renforcement de l'efficience des réseaux d'eau potable et la conversion des systèmes d'irrigation (25 MMDH) ;
- la réutilisation des eaux usées (2,34 MMDH) ;
- le renforcement de l'approvisionnement du monde rural en eau potable (27 MMDH) ;
- le renforcement des aspects de communication et sensibilisation (58 MDH).
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