La stratégie de Mehdi Bensaïd pour créer un écosystème du gaming au Maroc
Déterminé à en faire un enjeu stratégique de son mandat, le ministre de la Jeunesse veut positionner le Maroc sur la carte mondiale de la production de jeux vidéo, en créant un écosystème du gaming calqué sur l’expérience réussie de l’automobile et de l’aéronautique.
"Je veux mettre en place un écosystème du gaming au Maroc qui passera par la création de jeux vidéo. Nous avons beaucoup avancé et sommes en contact avec de grands éditeurs, dont l’un est en train de s’installer à Casablanca", nous révèle Mehdi Bensaïd, ministre de la Jeunesse, de la culture et de la communication, pour qui ce projet semble être une des priorités de son mandat.
Interrogé sur l’intérêt des investisseurs étrangers pour le Maroc et la contrepartie de leur installation, le ministre tient à rappeler l’expérience réussie de l’arrivée de Renault, qui a engendré un effet boule de neige.
"Nous allons appliquer la même recette en proposant aux grands éditeurs mondiaux (Konami, Sony…) des locaux, et surtout des cycles de formation en coding concernant tout le volet informatique, plus qu’essentiel dans la fabrication des jeux vidéo", poursuit notre interlocuteur.
Un chiffre d’affaires potentiel de plusieurs milliards de dirhams
Selon le ministre, ces formations de courte durée seront dispensées dans le cadre de conventions avec l’Office de la formation professionnelle et de la promotion du travail (OFPPT), "voire carrément dans nos Maisons de jeunes sur l’ensemble du territoire national", ajoute-t-il.
Pour cela, "nous allons créer des cités de gaming dans des bâtiments mis à la disposition de ces éditeurs. Ils pourront alors dispenser leur savoir-faire dans le cadre de formations complètes à leur personnel".
"Nous sommes d’ailleurs en train d’encourager un grand investisseur dans le secteur de la création de jeux vidéo qui, à terme, nécessitera des milliers d’emplois, notamment les experts codeurs, très demandés dans un marché mondial où le Maroc est toujours totalement absent", indique-t-il.
Ainsi, à l’instar de la vision royale qui a permis de créer un écosystème automobile en attirant les constructeurs Renault et Peugeot, l’idée est de faire naître une industrie du gaming qui pèsera à terme 0,5% à 1% du marché mondial, estimé en 2022 à 223 milliards de dollars.
"Pour cela, nous commencerons par faire venir un champion que nous accompagnerons et qui, à son tour, attirera d’autres concurrents de ce marché", nous explique le ministre avec enthousiasme.
"A terme, délocaliser le savoir-faire asiatique et américain au Maroc"
La priorité du ministre sera de convaincre les majors de l'énorme potentiel du Maroc en ressources humaines pour les attirer dans le pays, qu’ils ne connaissent pas. Il ambitionne de créer des jeux vidéo, puis de les exporter vers les marchés internationaux, en particulier européens, américains et même asiatiques.
A terme, l’objectif est donc de "délocaliser au Maroc le savoir-faire de cette industrie grâce à notre main-d’œuvre beaucoup moins chère qu’à Tokyo, New York ou Séoul, mais très intéressante au niveau local dans la mesure où il s’agit tout de même de salaires démarrant à 7.000-8.000 dirhams, voire 9.000", nous explique-t-on.
"Un pari stratégique qui portera ses premiers fruits en 2024-2025"
Tout l’intérêt de ce projet repose sur le fait que des milliers de jeunes vont pouvoir s’inscrire dans ces formations pointues de courte durée. Ils vont y acquérir une expertise qui leur permettra, à terme, d'embrasser une nouvelle carrière.
En effet, "une fois formés et intégrés dans une société de renommée internationale comme Sony par exemple, ces jeunes pourront faire une longue carrière dans ce secteur pérenne et lucratif, qui ne manquera pas d’être pris d’assaut par d’autres éditeurs de jeux vidéo", conclut le ministre. Il qualifie de "stratégique" ce pari, qui devrait selon lui porter ses premiers fruits en 2024, ou 2025 au plus tard.
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