Royal Air Maroc recentre son activité sur les lignes rentables jusqu’en 2024
Après la récente réouverture des frontières, Médias24 a interrogé une source fiable sur les priorités de Royal Air Maroc pour surmonter la crise. Selon notre interlocuteur, les lignes matures seront toutes opérationnelles en été. Quant aux routes d’investissement, elles ne seront pas relancées avant au moins deux ans.
Tout en se disant ravie de la reprise du trafic aérien qui ne cesse de croître depuis lundi 7 février, date de réouverture des aéroports internationaux du Maroc, une source autorisée de la RAM tient à souligner que le chemin pour renouer avec les bénéfices nécessitera un changement de programmation des lignes aériennes durant les deux prochaines années.
« Dans l’idéal, la RAM retrouvera 100% de sa capacité aérienne l’été prochain »
"L’ouverture des frontières nous a permis de reprendre notre activité et de répondre à la demande du mieux possible, avec certaines lignes qui affichent complet et d’autres qui demanderont plus de temps.
"Ainsi sur les marchés traditionnels (France, Espagne, Angleterre…), les vols touristiques vers la ville de Marrakech sont tous bien remplis, et sur celles du continent africain, cela reprend progressivement.
"Le trafic aérien de la RAM monte en effet en puissance avec environ 70% de notre flotte qui est utilisée. Un taux très prometteur, sachant qu’à la réouverture, la RAM utilisait à peine 50% de ses avions », précise notre interlocuteur qui refuse toutefois d’avancer une date de retour à une activité normale.
"Étant donné qu’il n’est pas exclu qu’un nouveau variant surgisse et remette en question toute la dynamique actuelle de reprise, il est difficile de se projeter, mais si tout se passe vraiment bien, il faudra attendre l’été pour rebondir et retrouver un niveau d’activité de notre flotte (52 avions) qui soit proche de 100%."
"Les routes d’investissement ne seront pas prioritaires en 2022"
"Avec le niveau actuel d’endettement de la RAM, il va falloir une certaine durée - encore inconnue - avant d’être en mesure de le résorber, mais la compagnie met en œuvre tous les moyens possibles pour se reconnecter avec ses anciennes destinations opérationnelles, notamment les plus rentables avant mars 2020."
A la question de savoir quand la RAM pourra à nouveau desservir les 99 destinations de son réseau aérien d’avant la crise, notre interlocuteur nous explique que la priorité du programme actuel de vols est d’abord, et surtout, de s’adapter à la situation qui prévaut aujourd’hui, avant d'envisager un retour à la normale.
"En fait, quand l’activité et la rentabilité de la compagnie étaient bonnes, elle pouvait se permettre d’investir pour desservir de nouvelles destinations comme Athènes, Vienne ou Boston. Ce sont des routes d’investissement qui prennent du temps avant de se développer et de dégager une rentabilité.
"Mais aujourd’hui, il n’est plus possible de prendre des risques financiers en se permettant de relancer de telles liaisons aériennes, qui ne sont pas profitables et ne génèrent pas rapidement un cash-flow positif."
« Exit Boston, avec un cap sur les lignes matures ou prometteuses comme Miami »
"En fait, si nous relançons des liaisons vers New York, Paris ou Dakar, c’est parce qu’elles vont marcher ; mais ce ne sera pas le cas pour Boston qu’il va falloir suspendre pendant au moins deux ans. A contrario, la ligne Casablanca-Miami, qui s’annonce très prometteuse, sera relancée à partir du mois d’avril prochain.
"Par conséquent, la compagnie va relancer les lignes les plus matures comme Paris, Londres, Madrid, New York, Montréal, Dakar, Abidjan et enfin Nouakchott, de manière à pouvoir générer des résultats positifs pour l’entreprise, mais aussi pour le tourisme national via des routes à grand flux de passagers.
"Quant aux routes en développement avant l’arrivée du Covid, elles seront relancées plus tard", dévoile notre source, qui juge nécessaire ce virage afin de permettre au bras aérien de l’État de faire son retour.
"Quelle que soit la reprise, pas d’équilibre budgétaire à la fin de l’exercice comptable 2021-2022"
Sur l’agenda qui permettra de renouer avec les bénéfices, ou du moins d'atteindre l'équilibre budgétaire, notre source préfère là encore temporiser. Au regard des pertes abyssales générées par la pandémie, qui dure depuis près de deux ans, notre interlocuteur estime qu'il est beaucoup trop tôt pour espérer un tel scénario.
"Comment atteindre un équilibre financier rapidement, alors que l’impact de la crise a été dévastateur, avec non seulement d’énormes pertes dues au manque d’activité, mais aussi une accumulation considérable de dettes ayant dû être engagées par la compagnie pour y faire face et survivre ?", conclut notre expert en réponse à la question de savoir si le prochain exercice comptable approchera l’équilibre.
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