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Recul du déficit budgétaire à 6% à fin 2021

L'année 2021 est bouclée avec un déficit de 6%, contre 7,6% en 2020. Une performance rendue possible grâce à la conjugaison de deux facteurs : une augmentation des recettes plus importante que celle des dépenses, et un effet de base du PIB.

Recul du déficit budgétaire à 6% à fin 2021

Le 25 janvier 2022 à 18h52

Modifié 25 janvier 2022 à 19h26

L'année 2021 est bouclée avec un déficit de 6%, contre 7,6% en 2020. Une performance rendue possible grâce à la conjugaison de deux facteurs : une augmentation des recettes plus importante que celle des dépenses, et un effet de base du PIB.

Le déficit budgétaire s’établit à 6% à fin 2021. C’est ce qu’il ressort de la situation des charges et ressources du Trésor à fin décembre 2021, publiée par le ministère des Finances ce 25 janvier.

En valeur, le déficit budgétaire en 2021 a été de 70,9 MMDH, contre 82,3 MMDH un an auparavant. « Rapporté au PIB, le déficit budgétaire s’est établi à 6%, contre 7,6% en 2020, soit une amélioration de 1,6 point de PIB, et ce en ligne avec les prévisions de la loi de Finances », est-il précisé dans le document.

Le déficit budgétaire se calcule en effet sur le PIB en prix courants. Celui-ci est estimé à 1.183 MMDH en se basant sur les derniers chiffres publiés par le HCP. Le déficit se rétracte grâce à cette forte hausse du PIB, et donc par effet de base ; mais également grâce l’amélioration notable des recettes ordinaires, plus importante que celle des dépenses.

Très bonne performance des recettes fiscales

Les recettes fiscales ont enregistré une bonne performance, en dépit de l’effort prononcé de remboursement des crédits de TVA, dont le montant total a atteint 13 MMDH, soit une hausse de 2,3 MMDH par rapport à 2020, et près de 5 MMDH par rapport à la prévision de la LF.

Ces recettes fiscales ont atteint 214,3 MMDH en 2021, soit une hausse de près de 15,6 MMDH ou 7,8%, comparativement à fin décembre 2020, et un taux de réalisation de 109,6% par rapport aux prévisions de la loi de Finances (LF).  Voici le détail :

Recul des recettes de l’IS de 4,3 MMDH (-8,8%) à 44,5 MMDH, à la suite principalement du repli des versements au titre des acomptes (-3,6 MM.DH ou -11,3%), ainsi que du complément de régularisation (-411 M.DH ou -6,8%).

Progression de l’IR de 10% à 44,2 MMDH, à la suite notamment de l’augmentation des recettes générées par l’IR sur salaires (+1,6 MM.DH) et sur les profits fonciers (+1 MM.DH), conjuguée à l’effet du contrôle fiscal (+1,5 MM.DH) et des deux opérations de régularisation spontanée de la situation fiscale du contribuable (+836 M.DH).

– Hausse des recettes de la TVA à l’intérieur de 834 MDH (+3,8%) à 22,5 MMDH, sous l’effet du redressement de la consommation des ménages, et d’une accélération des remboursements des crédits de TVA à la charge du Budget général.

– Augmentation notable de la TVA à l’importation de 8,4 MMDH (+24,6%) à 42,7 MMDH, des taxes intérieures de consommation de 3,6 MMDH (+13%) et des droits de douane de 2,4 MMDH (+25,3%), en liaison respectivement avec la progression des importations (+24% à fin novembre) et des mises à la consommation.

– Amélioration des recettes au titre des droits d’enregistrement et de timbre de près de 2,6 MMDH (+19,3%) à 15,8 MMDH, dans le sillage notamment de la reprise de la demande adressée au secteur de l’immobilier, et de l’augmentation des crédits à l’habitat.

Hausse des recettes non fiscales

S’agissant des recettes non fiscales, elles se sont établies à 37,7 MMDH contre 27,2 MM.DH à fin décembre 2020, soit une hausse de 10,5 MMDH. Ces recettes proviennent à hauteur de :

10,7 MMDH des produits versés par les établissements et entreprises publics, notamment l’OCP (4,1 MM.DH) et l’Agence nationale de la conservation foncière, du cadastre et de la cartographie (3,8 MM.DH).

– Les recettes de cessions de participations de l’État ont contribué, quant à elles, pour un montant de 5,4 MMDH, à la suite de la cession de 35% du capital de Marsa Maroc (5,3 MMDH), et de la totalité de la participation dans le capital de la société Foncière Université internationale de Rabat (110 MDH).

– Les « autres recettes » se sont situées à 21,5 MMDH, recouvrant 11,9 MMDH au titre des « financements innovants », 6,7 MMDH au titre des produits des ministères et 1,5 MMDH au titre des fonds de concours.

Des dépenses également en hausse

En parallèle, les dépenses se sont inscrites en hausse sous l’effet principalement des dépenses de personnel, en lien avec les mesures de dialogue social et des rappels, de la compensation après le renchérissement des cours internationaux du gaz butane, et du maintien de l’effort soutenu de l’investissement. Voici le détail :

– Hausse des dépenses de biens et services de près de 12,2 MMDH à 203,3 MMDH. Cette hausse est attribuable à hauteur de 6,9 MMDH aux dépenses de personnel (140,5 MMDH), notamment sous l’effet des rappels et des mesures de la 3e tranche de l’augmentation des salaires décidée en 2019 dans le cadre du dialogue social, et à hauteur de près de 5,2 MMDH aux « autres biens et services ».

La charge de la compensation a augmenté, de 61,4%, à 21,8 MMDH, en liaison notamment avec la hausse du cours du gaz butane qui a atteint une moyenne de 616 $/T contre près de 380 $/T un an auparavant.

– Les intérêts de la dette ont connu une légère baisse de 143 MDH par rapport à 2020 pour se situer à 27,1 MMDH, recouvrant un recul de ceux afférents à la dette intérieure (-728 MDH) et une augmentation de ceux de la dette extérieure (+585 MDH).

En ce qui concerne les dépenses d’investissement, les émissions ont atteint 77,7 MMDH, contre 85,9 MMDH en 2020. « Si l’on exclut l’opération exceptionnelle portant sur la dotation de 15 MMDH au Fonds Mohammed VI pour l’investissement, réalisée en 2020, les dépenses d’investissement enregistreront une progression de près de 10%. Comparativement aux prévisions de la LF 2021, le taux de réalisation de ces dépenses s’est ainsi chiffré à 114,1% », commente le ministère des Finances.

Un besoin de financement couvert principalement par le marché domestique

Le besoin de financement pour l’année 2021 était de l’ordre de 75,6 MMDH. Il a été couvert principalement par le recours au marché de la dette intérieure, à hauteur de de 46,5 MMDH, et la mobilisation de financements extérieurs pour un montant de 8,1 MMDH, ainsi que par la hausse des dépôts au Trésor de 14,5 MMDH et d’un encaissement net au titre des placements sur le marché monétaire de 3,3 MMDH.

Le flux de l’endettement intérieur recouvre des souscriptions pour un montant de 149,3 MMDH, contre 164,1 MMDH un an auparavant, et des remboursements en principal pour 102,8 MMDH, contre 120,2 MMDH.

Celui de l’endettement extérieur recouvre des tirages de l’ordre de 18,4 MMDH, contre près de 63 MMDH à fin décembre 2020, et des amortissements de 10,2 MMDH, contre 19,9 MMDH un an auparavant.

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